Politique gouvernementale: Antoine Boyamba déterminé à redorer l’image des Congolais de l’étranger

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Le gouvernement de la République est résolument engagé à redonner du sourire aux Congolais de l’étranger, longtemps stigmatisés. Lors de l’émission « Grand jury » de ce jeudi 18 juin 2015, Antoine Boyamba a passé en revue toutes les questions y relatives, tant il gère avec dextérité depuis 6 mois, ce volet au ministère des Affaires étrangères, en qualité de Vice-ministre. C’était au micro de Patrick Mpezo Zaneti, Laurent Fidèle Amacho et Emmanuel Badibanga, respectivement Rédacteur en Chef à la Rtga World, Rédacteur en chef adjoint à la Rtga FM et Rédacteur en chef au Journal l’Avenir.

De prime abord, appelé à se prononcer s’il est sûr de bien s’acquitter de sa tâche, étant à la tête d’un domaine pas facile à gérer, conformément au programme gouvernemental pour les Congolais de l’étranger, Antoine Boyamba reconnait appliquer scrupuleusement le programme du Chef de l’Etat : « Je suis là pour appliquer le programme défini par le Chef de l’Etat, qui est élu au suffrage universel, ainsi que relayé par le chef du Gouvernement. C’est donc au Chef de l’Etat de juger ; de même à la population congolaise dans son ensemble, pas seulement ceux vivant à l’extérieur ».

Le congolais et la migration

L’homme d’Etat n’est pas allé par le dos de la cuillère pour retracer une brève historique en ce qui concerne les mouvements migratoires : « Autrefois, le Congo n’était pas un pays à tradition de migration. Les Congolais sortaient du pays pour les études, les missions, les vacances,… pas à la recherche du bonheur. Ce phénomène est récent, environ 25 ans, avant la fin des années Mobutu, et s’est accentué avec des problèmes de guerres d’agression,… ». Ce n’est qu’alors que M. Boyamba lancera : « la plupart, à tort ou à raison, ont eu l’impression que le gouvernement ne s’occupe pas suffisamment d’eux. Nous sommes venus pour remédier à tout cela ». Pour étayer son propos, le vice-ministre a relevé  plusieurs cas, avant de conclure : « vous constaterez que dans toutes mes actions, je mets l’intérêt des Congolais à la une. De ceux qui doivent être expulsés, à tort ou à raison, de ceux qui se sentent mal accueillis dans nos ambassades et consulats ».

 

Phénomène « Combattants »

Parlant du ‘’phénomène Combattants’’ ou ‘’Bana Congo’’ qui s’illustrent par des actes de violence sur leurs compatriotes, M. Boyamba recadre le débat : « le ministère des Affaires étrangères, volet Congolais de l’étranger, n’a pas été créé pour résoudre le problème des combattants seulement, mais de tous les Congolais vivant en dehors de la Rdc. Le problème des combattants est un épiphénomène, à l’intérieur du système ». Et d’ajouter : « le problème le plus important, c’est sécuriser nos compatriotes, tous nos compatriotes. Défendre leurs intérêts, ramener leurs cœurs vers le pays. Il y a des Congolais qui investissent à l’étranger, ils ont des capitaux,… comment faire pour que cela devienne productif au pays ? Bref, l’axe principal pour nous, c’est de donner le bonheur au peuple ».

Un comportement qui laisse à désirer

Mais le vice-ministre a stigmatisé un comportement, appelant les uns et les autres à la raison : « certains de nos compatriotes se sont cristallisés et ont cru trouver des solutions en s’en prenant physiquement aux hommes politiques, aux musiciens, aux journalistes,… est-ce normal ? Comment peut-on prétendre défendre son pays en saccageant son ambassade ? Je ne suis pas d’accord avec cette façon. Quand les gens se rendent saccager l’ambassade à Paris, des passeports disparaissent,… mettez-vous à la place d’un compatriote qui attendait le sien pour se faire régulariser à la préfecture, trouver du travail,… mérite-t-il cela ? Est-ce que vous vous rendez compte de l’image que vous donnez de votre pays ? Et même un Français qui passe par-là s’en fou si vous être pour ou contre Kabila. Pour lui, les Congolais sont des sauvageons qui cassent leur propre ambassade, et donc leur propre pays ! S’il y a des problèmes, c’est entre nous. Même dans un foyer les problèmes ne manquent pas. Mais c’est la façon de se comporter en vue de trouver des solutions à ces problèmes qui compte ».

Des solutions amorcées

Se voulant convainquant face à cette situation qui doit faire l’objet d’une attention particulière, le vice-ministre rassure : « nous nous occupons de ça. Et ce n’est que par le moyen de la politique mise en place par le gouvernement ici à Kinshasa que nous allons parvenir à des solutions. On n’est pas encore dans les meilleurs du monde possible, certes, mais reconnaissons-le, la situation, ces 15 dernières années, s’est largement améliorée. Nos diplomates reçoivent régulièrement leur paie ; les frais de fonctionnement des ambassades depuis 3 à 4 ans sont régulièrement versés, à temps. Les fonctionnaires ici au pays sont régulièrement payés ;… ce n’est pas encore suffisant, certes. Mais d’où vient le pays ? Les diplomates congolais n’ont pas été payés pendant 7 ans (de 90 à 97) ; ils étaient devenus des clochards. Il y a eu une sorte de démotivation. Et quand les gens se rendaient dans des ambassades, ils étaient mal reçus. Il fallait trouver des solutions. Mais depuis que nous sommes là, et grâce au dialogue que nous avons d’une façon constante, nous sommes en contact permanent avec plusieurs d’entre les Congolais de l’étranger. Les derniers en date sont venus de France, de Belgique, d’Afrique du Sud, de Finlande,… nous essayons de discuter pour trouver des solutions possibles afin d’améliorer leurs conditions de vie et surtout en vue du rapprochement avec la mère-patrie ».

Vote pour tous

Qu’en est-il du vote des Congolais de l’étranger ? Les excluez-vous parce qu’ils seraient non favorables au régime ?, demande-t-on. Antoine Boyamba rétorque énergiquement : « qui vous dit que les Congolais de l’étranger ne sont pas favorables au régime actuel ? Sur base de quel sondage scientifique peut-on le dire ? En toute vérité, il y a un tout petit groupe des radicaux qui existent. Ce sont nos compatriotes d’entre les 8 à 9 millions originaires de la Rdc éparpillés de par la planète. Y a-t-il 8 millions de combattants ? Mais nous devons les écouter. Ils font beaucoup de bruit peut-être, mais il y a une majorité silencieuse, attachée à la mère-patrie ».

L’opposition contre le vote des congolais de l’étranger

Revenant à la question du vote, le vice-ministre Antoine Boyamba pointe du doigt l’opposition congolaise. « Le gouvernement a adopté la loi électorale actuelle, moins d’un mois après son avènement, soit le lundi 5 janvier 2015, au conseil des ministres. L’une de ses dispositions stipule que les Congolais de l’étranger sont aussi bien électeurs qu’éligibles. Cependant, le processus actuel concerne les locales. Cela n’a rien à voir avec les Congolais de l’étranger. Evitons l’intox inutile. Mais la Présidentielle, oui.

Suivre les dispositions de la CENI, la loi sur l’enrôlement, être inscrit, détenir sa carte d’identité ou son passeport, la carte consulaire,… sont les quelques conditions. Alors qu’une autre disposition parlait du recensement avant les élections, l’opposition nous a obligés à la retirer, sous prétexte qu’elle contribuerait au fameux glissement. Pourtant, cette disposition vient les répertorier. On est député, sur base d’une circonscription de X nombre d’habitants. A cette condition, ils pourraient voter par exemple pour les députés congolais du Maghreb, de l’Union européenne, de l’Europe de l’Est,… Vous comprendrez clairement que ce sont plutôt tous les problèmes soulevés par l’opposition à cet effet qui empêchent aux Congolais de l’étranger d’avoir leurs propres députés. La majorité et le gouvernement, avions mis cette disposition sur pied en leur faveur, hélas ». Cependant, suivant la constitution, l’on peut toujours y revenir, au moyen d’une pétition, a-t-il proposé.

Des expulsions indignes

Mais une autre question épineuse posée lors de cette émission sur la Radio télé du Groupe l’Avenir Rtg@ World est celle relative aux expulsions brutales dont les Congolais font l’objet de par le monde. Faisant allusion au refoulement des Congolais de la Rdc du Congo Brazzaville, de l’Angola, et récemment de la République Sud-africaine, Antoine Boyamba reconnait la complexité de la question. «  La plupart d’entre les refoulés dont vous parlez n’ont jamais vécu à Kinshasa. Ils sont partis directement de leurs provinces vers ces pays étrangers. D’autres ont été incités à le faire pour des raisons politiques et ont été victimes, mal payés en retour. Mais une fois de retour au pays, des dispositions ont été prises. Les gouverneurs du Bas-Congo, celui du Bandundu, de l’Equateur, voire celui de Kinshasa ont volé au chevet chacun des siens. Des efforts ont été fournis, même si certains pensent que cette assistance n’a pas été suffisante. En outre, êtes-vous sûrs que tous ceux qui sont encore à côté de la maison communale de Kinshasa étaient tous à Brazza ? Selon certaines informations, d’autres attendent un pactole. Le gouvernement, dans son volet humanitaire, poursuit cette action. Déjà, presque 98% de ces refoulés ne sont plus dehors. Toutefois, un seul refoulé dehors, c’est un refoulé de trop ; même si c’est un phénomène inhérent à toutes les grandes villes du monde ».

Investir, un casse-tête pour les Congolais de l’étranger ?

Une certaine opinion extérieure se décourage face aux tracasseries infligées aux Congolais qui veulent investir au pays. Ce n’est pas vrai, rétorque le Vice-ministre. « Il n’existe pas une facture pour les Congolais de l’étranger et une autre pour les Congolais qui sont au pays. Cependant, c’est souvent dans des familles que nos compatriotes Congolais de l’étranger subissent des tracasseries. Ils envoient annuellement 8 à 9 millions de dollars aux parents, et cela rentre quasiment dans la consommation. Ce qui contribue à la paix sociale, mais pas au développement, comme c’est le cas au Nigéria, au Sénégal,… ».

Pour un Fonds de promotion des investissements et d’aide aux Congolais de l’étranger

Avez-vous un projet de bonheur vis-à-vis de ces compatriotes vivant à l’étranger qui, sans capitaux, voudraient investir au pays? Le Vice-ministre dévoile : « D’abord, nous sommes en train de voir, avec le ministre du Budget et celui de l’Economie, comment les agences de transfert d’argent devraient verser un pourcentage de tous ces frais transférés à l’Etat. Des accords s’imposent. Ensuite, ces fonds serviront à la création d’un Fonds de promotion des investissements et d’aide aux Congolais de l’étranger. Son capital sera géré par un Conseil d’administration composé uniquement des Congolais de l’étranger eux-mêmes, sous la tutelle du Gouvernement. Le but de ce Fonds et de les aider à venir investir au pays, du moins ceux qui n’ont pas des capitaux, mais ont des projets bancables ».

Principe de réciprocité

Selon des témoignages, l’obtention de visas devient un casse-tête, our un Congolais. Que fait le gouvernement à propos ? En réponse, Antoine Boyamba rappelle le principe de réciprocité en diplomatie, soulignant en même temps qu’il y a aussi des files devant les ambassades de la Rdc à travers le monde. Et comme les étrangers en Rdc sont plus nombreux que les Congolais qui vivent ailleurs, « nous expulsons les non en règles », dit le vice-ministre. Et d’ajouter : « Je reçois tous les jours plein de demandes de visas pour la Rdc ; on n’entre plus au pays comme avant ».

D’autre part, chaque fois qu’il y a un problème, ajoute-il, « je convoque l’ambassadeur de ce pays, Congo Brazza, canada, Inde, … sont les derniers en date. En plus, j’ai donné des instructions claires à nos ambassades pour que l’on n’octroie plus de visas aux policiers qui raccompagnent les Congolais menottés, dans des mauvaises conditions ».

Pour terminer cet entretien, le patron des Congolais de l’étranger promet la signature, par le ministre de tutelle, d’un arrêté pour que la Maison des Congolais de l’étranger, autrefois sans fondement juridique, devienne effective.

(Emmanuel Badibanga)

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