Polémique autour de la démission de l’Abbé Malumalu, du G7 et du dialogue

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Justin Bitakwira appelle toute la classe politique à la prise de conscience

Surpris dans son bureau, Justin Bitakwira, chef de file de l’opposition citoyenne a livré son point de vue sur la démission de M. l’Abbé Malumalu, sur la viabilité de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et aussi bien de la tenue du dialogue inter-congolais. Dubitatif quant à la présence du Groupe dit G7 au sein de l’opposition, Justin Bitakwira hésitant, s’interroge sur la précipitation de ce groupe à rejoindre l’opposition. Il ne pense pas que ce groupe puisse supporter la croix d’œuvrer dans l’opposition fut-elle constructive, radicale ou citoyenne. 

Quant à la démission, je peux vous dire que M. l’Abbé Malumalu d’abord est un ami personnel. Je suis vraiment malheureux qu’il soit atteint par une maladie qui semble ne pas guérir au moment opportun. C’est un frère et un ami avec qui j’ai entretenu de très bonnes relations. Mon sentiment  est que depuis qu’il est à la tête de la Ceni, cette dernière est devenue fragile, impuissante face aux enjeux politiques actuels ; elle est sincèrement boiteuse, sans aucune boussole à l’aube de la campagne électorale. « De toutes les façons, j’ai été parmi les négociateurs de la restructuration de la CENI. J’étais alors président du Groupe parlementaire UNC et Alliés, je crois que la Ceni a perdu toute la saveur en même temps politique, en même temps technique ; elle est devenue impuissante face aux enjeux. D’ailleurs, on devrait la traduire en justice. Elle a pondu un calendrier qu’elle n’a pas respecté ; elle a fait enrôler des candidats alors que nous serions en pleine campagne électorale, elle n’a dit mot, elle a encaissé ; des fonds de gens 250 mille dollars fois 20 à 30 mille candidats. Il est temps de refondre ou même de nettoyer la CENI. Je crois que le moment est arrivé. J’ai un combat, et je suis en train de plaider s’il y aura dialogue, dans mon combat personnel de ne pas avoir une CENI charpente. Il faut avoir une CENI fondation parce que nous avons une CENI politique qui consiste à avoir  six membres de la Majorité, 4 membres de l’Opposition  et trois membres de la Société civile uniquement à Kinshasa », a-t-il dit. Pour lui, nous devons avoir une CENI identique, pas une CENI nationale qui ressemble à une brebis, dans les provinces, c’est une colombe et dans les circonscriptions électorales, c’est une chèvre.

Justin Bitakwira pense que les acteurs politiques s’étaient limités en cours de chemin. Actuellement composée des membres de la Majorité politique, de l’Opposition et de la Société civile, la Ceni a perdu toute sa saveur et que ces membres échappent au contrôle de leurs partis politiques respectifs, qu’ils soient de la Majorité, de l’Opposition ou de la Société civile. « Ils ont coupé le cordon ombilical avec les partis qui les ont délégués là-bas ! Mais aussi beaucoup d’acteurs politiques sont contre le dialogue », dit-t-il, tout en plaidant que si dialogue il y a, il va introduire sa requête pour inscrire à l’ordre du jour que la CENI soit uniforme du sommet à la base. «  Nous devons avoir un sommet où il y a la Majorité, l’Opposition et la Société civile à Kinshasa, comme à Lubumbashi, à Uvira, à Kindu et partout ailleurs, même dans les circonscriptions électorales », a-t-il soutenu, en disant qu’on ne peut pas avoir de l’eau par-ci et du pétrole par-là, puis on continue d’appeler CENI.

Sachant que la CENI est une cellule technique et qu’on ne peut pas avoir des politiciens partout même en province, Justin Bitakwira n’admet pas cette donne. Pour lui, si les ministres nationaux et provinciaux ont des cabinets, même tous les membres de la CENI ont les leurs qui sont techniques. La CENI, soutient-il, est éminemment politique. Si elle n’était pas politique, il faille passer au concours et les heureux gagnants devraient diriger cet organe d’appui à la démocratie. Du moment où elle a en son sein la Majorité, l’Opposition et la Société civile, la CENI est politique, lâche-il en précisant de quelle couleur elle est, de quelle toge porte-elle ? N’est-ce pas politique ?  De dire que la Ceni est indépendante, il n’en croit pas, parce que c’est lui qui avait signé la note d’envoi de l’UNC Gustave Omba à la CENI. De quelle indépendance , précise-t-il.

A la question de savoir pourquoi le ministère de l’Intérieur ne peut pas avoir la compétence d’organiser les élections, Justin Bitakwira estime que malheureusement, c’est depuis 2006 que la Constitution de la République et la loi électorale ont décidé de marcher sur ces lois pour la bonne marche de la démocratie. Ainsi, le ministère de l’Intérieur joue un rôle régulateur. C’est le ministère de l’Intérieur qui gère tout ce qui est institution ; les gouverneurs, les Assemblées provinciales ont un cordon ombilical avec le ministère de l’Intérieur. Ce dernier, affirme-t-il, n’est pas absence par rapport à la gestion des institutions qui sortent des élections.

Seul le dialogue peut nous faire sortir de nos querelles

S’agissant du mécanisme de remplacement de l’Abbé démissionnaire, Justin Bitakwira revient à un précédent lorsque l’ancien président de l’Assemblée nationale avait démissionné, tout le bureau l’avait fait également. Et lorsque la tête est coupée, tout le corps doit partir, justifie-t-il sa réponse puisque parmi les membres, beaucoup ont perdu de contacts avec leurs partis respectifs, sans cordon ombilical avec les membres de leur parti qui les ont mandaté à la CENI. « D’ailleurs, c’est une chance pour le chef de l’Etat parce que certains disaient qu’au lieu du dialogue, il faut une tripartie entre Majorité, Opposition et CENI. Quelle CENI ? Elle est en tripartie matin, midi et soir parce que l’UDPS, l’UNC, le PPRD, le MLC sont présents à la CENI. De quelle tripartite voulez-vous ? », lâche le chef de file de l’Opposition.

De savoir s’il est d’avis avec certains de ses collègues de l’Opposition qui veulent que le bureau de la CENI soit balayé, il estime que son Opposition citoyenne a une  boussole, un guide, une conscience qui doit l’aider  à différencier le bien au mal. « Je donne souvent conseil aux amis de l’Opposition classique ou Opposition traditionnelle que sincèrement, il faut qu’on change de méthodes de travail, il faut qu’on ait un esprit de discernement pour savoir qu’est-ce que nous cherchons et je lance un appel à la Majorité tout comme à l’Opposition qu’il n’a que des querelles politiques qui partent de Kinshasa qui allument le pays, depuis 1960. Depuis le 05 juillet 1960, Kasa-Vubu et Patrice Emery-Lumumba ne se sont pas entendus. Il a fallu pour les uns 5 ans de guerre, d’autres 8 ans de guerre et pour certains jusqu’aujourd’hui. Cette guerre persiste et ceux qui ne sont pas en train de croire que le pays est à nous tous qu’on se mettent sur une table pour discuter de ce qui nous ait arrivé parce qu’il y a blocage, il y a paralysie et même un embargo, si on ne se met pas autour d’une table, en tout cas comme des animaux de la peste, je veux regretter », martèle-t-il.

Méfiance

S’agissant du G7, Justin Bitakwira estime que ce groupe n’a pas de leçons à donner à l’Opposition. Pour lui, si la situation est à ce niveau, c’est-à-dire bloquée, paralysée et mise en embargo, qui de G7 n’est pas responsable de là où le pays est arrivé. Qui de lui, était pétrole chez le président Kabila et le chef de l’Etat était de l’eau ? « Lui était l’or et Kabila diamant ? Les membres du G7 ont une grande responsabilité et ils devraient encore prendre du recul avant de venir encore enflammer le feu. Je me rappelle que lorsque Kamerhe a quitté la Majorité présidentielle, il a mis au moins un an et trois mois sans parler. Eux, n’ont pas encore une semaine, ils viennent nous donner des leçons. Même si on ne peut pas refuser à quelqu’un le droit de réfléchir, je dis encore que c’est trop prématuré pour le G7 qui vient fraîchement de la Majorité de donner de leçon à l’Opposition et à l’opinion. Ils disent, ils sont contre le dialogue, alors que le dialogue vient d’eux, ils étaient dans le laboratoire pour initier le dialogue. C’est eux qui ont placé des gens à la tête de la CENI. Tout ce qui nous arrive, c’est eux ! Ils ne sont pas de saints qui viennent de rejoindre le paradis. Si eux aussi viennent prendre part pour enflammer la République, ils subiront le même châtiment », affirme Justin Bitakwira. Pour le chef de file de l’Opposition citoyenne, les acteurs politiques sont en face d’un problème très sérieux : l’avenir du pays, le sort de la République Démocratique du Congo aujourd’hui. Il a besoin des gens qui doivent éteindre le feu, et non ceux qui vont l’allumer. D’où, l’impératif du dialogue, seul cadre pour sauver le Congo.

Il donne conseil au G7 qui devrait d’abord réfléchir deux fois de ce qu’il devrait faire, pas dans la précipitation, ni à la hâte. Ils n’ont même pas identifié, on doit savoir combien des députés sont avec eux, et combien ne les ont pas suivis. « Opposition aussi naïve qu’elle est, elle n’a pas encore identifié combien de bétails on leur amène dans les gibecières, qu’elle commence à jubiler, elle commence à fêter, qu’elle a eu des députés et le rapport de forces va changer. Identifier tel est venu avec combien des députés, tel en a perdu combien ?  Nous risquons de croire qu’on nous amène 80 députés en réalité ils sont peut-être que 25. Avec le temps, deux mois, six mois on peut comprendre que la tempête est passée assumons nous. Moi je crois que lorsqu’on n’a pas encore pris toutes les stratégies nouvelles pour s’attaquer au camp d’où vous venez, je pense qu’ils doivent se reposer un peu, ils doivent nous convaincre. Et s’ils sont venus  nous infiltrer. Il n’y a pas une autorisation d’entrée à l’Opposition, ce sont les actes qui vont prouver, il y aura vote des membres du bureau, nous allons voir l’opposant qui aura combien de voix ? Et ces voix viendront d’où, heureusement il y a un consensus que tel poste est pour la Majorité et tel autre pour l’Opposition », a-t-il dit.

(Pius Romain Rolland)

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