Point de vue. Dialogue national : nécessité et opportunité pour la Rdc

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Il y a un peu plus de trois mois, préconisant que dialoguer ou pas, le glissement du calendrier électoral pourrait bien l’emporter sur toute autre action ou argument politique par le temps qui court en Rd Congo. Le ciel a failli nous tomber dessus. Et comme depuis une semaine, le chef de l’Etat, Joseph Kabila confirmait la nécessité de cette dernière, devant les membres du Bureau politique de la Majorité présidentielle, lors d’une rencontre dans sa ferme de Kingakati, les choses deviennent de plus en plus claires.

Dans son initiative d’organiser ce « Dialogue national », seulement une année et demie après les Concertations nationales, avec les représentants des forces politiques et sociales du pays, sans mettre de côté la Communauté internationale, les langues ne devaient que se déchaîner, avec raison certes. Et si d’aucuns donnent déjà la main, d’autres par contre, sceptiques ou circonspects, c’est selon, ont appris à dire non à tout dessein présidentiel du genre.

Après l’UDPS, le MLC, l’UNC,… l’assiette s’élargit aux autres partis politiques, grands et petits, – la Rdc en compte plus de 400 -, mais sans perdre le temps aux portillons de ceux dits ‘’sans pignon sur rue’’. Plus loin, la société civile dans l’œil du cyclone, est en train d’être consultée à cette fin par ‘’l’informateur Kalev’’.   Pourvu que les objectifs que Joseph Kabila veut atteindre à travers ce forum, à savoir la paix et la sécurité, la stabilité économique, la bonne organisation des élections et la cohésion nationale, soient aussi une préoccupation de toute la classe politique congolaise. Après tout, les élections tant revendiquées ne peuvent être couronnées de succès autrement.

Quant à se demander ‘’le Dialogue national, se veut-elle une nécessité ou une opportunité ? », à l’heure où environ 700 résolutions issues des Concertations nationales ont du plomb dans l’aile et ressemblent majoritairement à un tas d’immondices que nul ne peut plus contempler à la poubelle, il n’est pas exclus que la réponse soit les deux à la fois : dialoguer s’avère aujourd’hui plus qu’une opportunité, une nécessité. Il y a une innovation : chacun y trouve son compte ; et de fil en aiguille la République toute entière. « Mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès », après les « Concertations nationales » que d’aucuns qualifient de fiasco, tenues de septembre à octobre 2013, ayant débouché sur un gouvernement dit de « cohésion nationale » en décembre 2014.

Mais, contrairement à ses habitudes, la vraie UDPS du lider maximo est de la partie. C’est aussi là que change la donne. D’autres qui veulent voler la vedette à Etienne Tshisekedi, aux mamelles d’une communauté internationale, elle aussi divisée la nuit et apparemment unie le jour quant à ce, seront sur le point de rater le train. Et c’est petit Congolais qui en pâtirait, d’une manière ou d’une autre !

Le but poursuivi par le Président de la République dans cette démarche pilotée des mains d’un illustre inattendu auprès des partenaires et opérateurs sociopolitiques est de prendre connaissance du cahier des charges de chacun. C’est là que tous devraient bien comprendre ce que Kabila leur demande, à savoir les termes de référence : format du dialogue, quotas de participation, durée, lieu, identité de la modération, thèmes et sous-thèmes,… pas mal comme démarche ! Mais à entendre Vital Kamerhe et consort vouloir qu’au lieu de s’engager sur la voie du dialogue l’argent devra être employé en vue de la paix dans l’Ituri, c’est ignorer que beaucoup d’efforts déployés dans ce sens, dans cette partie du pays, et tout piétine. Alors, seul un dialogue sincère, altruiste et bien mené, peut mieux qu’une autre formule magique apporter la paix dans ce coin de la République dont le Président de l’UNC connait certainement la complexité de la question.

Si certains états-majors politiques de l’Opposition suggèrent que les participants proviennent des forces politiques et sociales qui sont capables de se faire entendre des masses, c’est pour éviter que ce rendez-vous ne prenne les allures d’un « Congrès » de la Majorité présidentielle. Ce que Kabila ne veut pas non plus. Sinon, pourquoi faire ?

D’où, certains partis politiques qui estiment disposer d’une réelle base sociologique souhaitent que soient posés les problèmes de fond qui entravent la cohésion nationale, à savoir l’insécurité, la gouvernance de l’Etat, le calendrier électoral, le fichier électoral, la cartographie des circonscriptions électorales, la neutralité controversée du Bureau de la Ceni, le découpage électoral, la libération des prisonniers et détenus politiques, les médias fermés, le respect de la Constitution avec une option claire sur le 3ème mandat ou non de Joseph Kabila. Mais il est nécessaire que ce dialogue se tienne ; le climat préélectoral est toujours tendu, ici comme ailleurs. Et tous les Congolais peuvent trouver leur compte, au-delà de ce que les prophètes de malheur préconisent.

(Emmanuel Badibanga)

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