Pluies et dégâts à Kinshasa: L’écroulement d’un mur fait des morts au quartier Funa

par -
0 625
Les immondices obstruent la voie sous le pont Bongolo à Kalamu Ph. (Grâce Kimbi).
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Cinq personnes, habitants d’une même parcelle ont été tirées des décombres, à suite à la pluie de l’avant-midi d’hier matin sur Kinshasa, deux ont perdu la vie sur-le-champ et les trois autres dans une situation (médicalement) préoccupante. L’affreux incident est survenu au quartier Funa à Limete, dans les périmètres du site aéroportuaire de N’Dolo. ‘’La forte pluie a entrainé l’écroulement d’un mur, sur les trois corps tirés dès la première main, deux ont été inertes, et les deux autres ont suivi. En cet endroit, les maisons avoisinent la rivière Kalamu. Une question se pose, face à la situation, de savoir si la solidité des murs répond effectivement aux normes’’, a relevé une voisine visiblement traumatisée. Pour l’heure, ceci ressort d’un bilan provisoire tant et si bien que plus d’une source n’ont pas été contactées.

1re   rue Limete : La rivière Yolo sort de son lit

La pluie d’hier, toujours elle, a dérangé la quiétude en plusieurs endroits de la capitale. A l’entrée de la première rue dans la commune de Limete, la rivière Yolo qui traverse le boulevard Lumumba est sortie de son lit, semant la désolation sur toute la ligne. Cette situation qui n’est pas à sa première, n’épargne guère le quartier Mososo (à proximité de l’université catholique sur l’avenue de l’université). Les maisons avoisinent la rivière à un jet de pierre, et  chaque inondation expose les habitants aux risques d’infections. Car des occupants de parcelles laissent couler leurs fosses septiques.

Limete : Ndanu dans les eaux, appel au secours

La localité de Ndanu, dans la commune de Limété n’a pas été ménagée.  Les habitants lancent un cri de détresse à l’endroit des gouvernants, les priant de construire une digue  le long de la rivière N’Djili et tout autour de la cité, pour faciliter l’évacuation des eaux.  Cela est un projet vieux d’une décennie, inspiré par le rapprochement sino-congolais, à travers l’Hôtel de Ville de Kinshasa.   En effet la construction d’une digue en cet endroit avait été évoquée treize (13) ans plus tôt,  dans le cadre de la coopération sino-congolaise. En ce temps-là, le gouverneur de la ville de Kinshasa et une délégation de la coopération chinoise avaient approché les sinistrés concernés, en palpant du doigt les  réalités du terrain.

Le croisement des avenues du Commerce et Kasa Vubu dans les eaux  

Il ne fait pas bon de rouler sur l’avenue du Commerce d’un bout à l’autre. De même que l’avenue Kasa Vubu n’est pas accessible aux véhicules, partant de sa jonction avec le boulevard du 30 juin jusqu’au croisement de l’avenue du Commerce. C’est dire que la circulation est partielle sur l’avenue Kasa Vubu. ’’L’administration de la ville-province de Kinshasa devrait mobiliser des véhicules- citernes, pour aspirer les eaux qui stagnent depuis plusieurs mois, jusqu’à faire déserter de la chaussée une certaine catégorie de véhicules. Ce que l’on craignait c’est  ce qui arrive, la pluie d’hier entre 4 et 11 heures du matin en a rajouté à une situation déjà alarmante.

Au niveau du pont Kiyimbi (ex ya Mungul) : la rivière Matete sort de son lit

La rivière Matete qui passe sous le pont Kiyimbi (aux frontières de la commune de Lemba) a perdu l’étendue de son lit, et cette situation devrait utilement attirer l’attention des autorités. Il nous revient que cette démarche est l’œuvre de ‘’chasseurs ‘’ de terrains à lotir. Une  situation observable aux abords et le long de la rivière, dans les quartiers qui la bordent en amont  (Salongo sud/Lemba) et en aval, les quartiers de Matete dont notamment Bateke II,  Kunda II, Ngilima II. Du côté du site du camp Kabila, c’est le même empressement, des particuliers s’empressant, cherchant à étendre leur espace où lotir.

«Depuis quelque temps, l’envie de lotir fait courir aussi des particuliers aux abords et le long de rivière N’Djili. Si les autorités ne se hâtent pour arrêter l’anarchie, cet affolement massif ne ferait qu’accroître l’ampleur des catastrophes saisonnières consécutives à ce glissement », a déploré un observateur.

Des quartiers en pleurs, santé publique en péril

Les ménages kinois se sont en quelque sorte familiarisés avec les catastrophes saisonnières liées aux pluies. Celles-ci arrosant la capitale durant de longues heures, et entraînant des dommages  sur l’aménagement urbain et mettant en péril la santé publique.  A cet effet, il nous revient que des eaux provenant de la pente de la commune voisine de Makala, aux confins des frontières avec Bumbu ont submergé le quartier Yolo sud. Pour l’heure, les habitants de cette localité de Kalamu ont des pieds dans l’eau, une situation qui aggrave une précédente persistante, où la détérioration de la tuyauterie de la Régie de distribution d’eau potable dans la même partie de Makala, entraîne déjà l’inondation de Yolo sud. Dès lors, il s’observe qu’à chaque pluie, la canalisation précaire n’empêche pas le débordement, partant du rond-point Ezo jusqu’en certains endroits du quartier Mombele, dans la commune de Limete. Des témoignages indiquent qu’en son temps, l’urbaniste de l’administration coloniale était si avisé qu’il avait prévu de grands collecteurs.  Depuis que les constructions anarchiques sont à l’ordre du jour notamment dans le périmètre de l’Institut agronomique de Mombele, des retombées fâcheuses dérangent la vie des habitants de Yolo sud (quartier voisin, séparés par l’avenue de l’université). Cette situation qui remonte à un quinquennat, devrait s’inscrire dans l’ordre des priorités du pouvoir urbain, du Conservateur des titres fonciers chargé notamment de proscrire des constructions anarchiques, l’autorité communale ainsi que le comité des sinistrés de Yolo sud (au cas où il en existerait un).

Dans les marchés de Kinshasa : La pluie renforce l’insalubrité et l’insécurité alimentaire

Quand il pleut à Kinshasa, l’insalubrité s’amplifie dans les marchés. Cette situation qui perdure, occasionne couramment l’insécurité alimentaire. Le même tableau s’affiche au marché central, au marché Gambela et à Type K (ex Somba Zikida) à proximité de l’aérodrome de N’Dolo dans la commune de Kinshasa. Les marchés rond-point Ngaba, Matete et Tomba dans la commune de Matete, Ngaba sur l’avenue Kianza à Ngaba, le marché du quartier VI à N’Djili, le marché  Kingasani II à la Place-Pascal à Kimbanseke, Bayaka à Ngiri Ngiri, la liste n’est pas exhaustive. Ci et là, des tas d’immondices abandonnés dans les allées du marché se mêlent à l’eau stagnante et à de la boue, formant ainsi des amas fragiles qui ne supportent pas le poids des passants, des pousse-pousse et d’autres engins courants au marché. Des vendeurs et vendeuses qui manquent de tablettes exposent leurs articles à même le sol. Et fort curieusement, des produits consommables sont, à cet effet, quantitativement importants. Il s’observe donc un nombre débordant de vendeurs et vendeuses dans chaque marché, mettant le bureau gestionnaire dans l’incapacité de s’assurer de l’état sanitaire des uns et des autres.  L’évacuation de déchets n’est pas toujours proportionnelle au volume de production journalière. Dans la mesure où, de nombreux marchés de la capitale ne font pas preuve de performance, en termes d’organisation d’un service éboueur.

Quid de la tripartite Hôtel de Ville, OVD, B.E.A.U

Les rivières, les rigoles et les collecteurs des quartiers de Kinshasa sont « tenus à la gorge » par des déchets, faute de mise en application planifiée d’un programme de drainage. Les rivières Kalamu, Makelele, Matete, N’Djili, N’Sanga, Yolo… pour citer ces quelques-unes qui se déversent au fleuve Congo.  Maints observateurs estiment qu’il est temps que les décideurs réhabilitent l’OVD dans ses prérogatives statutaires. Ceci revient à dire que  la gouvernance devrait préserver les services techniques mis en œuvre. Et au besoin, les doter des moyens de leur politique. Dans la mesure où, l’absence de moyens empêche la poursuite des objectifs qui ont prévalu à la création dudit service. Il est un manque de logique que de créer un service et d’en définir la mission, et de le rendre coquille vide au gré des circonstances. Aussi sous des pesanteurs diverses, l’OVD se mue-t-il en entreprise de construction, pour ne pas disparaître carrément. Face aux inondations et au débordement d’emballages en plastique, Kinshasa court le risque de compromettre la valeur du sol, et particulièrement dans sa vocation agricole. En son temps, M. Jean-Paul Ngoumpandé, ancien Premier ministre centrafricain faisait la recommandation suivante : « L’Etat doit être là… Il doit se manifester là où il est question des intérêts vitaux de la nation. (…) », a-t-il insisté. Ainsi, au plan institutionnel, l’impératif d’une gestion rationnelle des déchets dont les emballages en plastique implique un engagement déterminant de l’Hôtel de Ville, qui doit donner le déclic par un booster politique dont il a les moyens en tant que « gouvernement provincial ». Car au niveau de l’Hôtel de Ville, de l’OVD et du B.E.A.U, expertise et données coexistent, n’appellent qu’une impulsion politique.

Gouverner c’est prévoir

Kinshasa la capitale enregistre depuis quelque temps, un boom démographique, dû notamment à l’exode rural. A cela s’ajoute la vague de déplacements intérieurs occasionnée par des conflits armé et ce que des observateurs se sont accordés à appeler « l’après-diamant ». La question de l’habitat devenue cruciale, cela coexiste avec l’envie de terrain car le maraîchage étant une activité familiale, l’accroissement de l’étendue à exploiter devient une préoccupation. Il importe d’activer  par une gouvernance d’anticipation, des mécanismes de gestion des populations, d’intégration des masses, de création d’emploi, de prévention sécuritaire.  Toutes ces priorités se résument dans la planification de la vie nationale.

(Payne)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse