Plan Kagame: Une épée de Damoclès sur Kinshasa

Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Le tout nouveau président de l’Union africaine (UA), le Rwandais Paul Kagame, a tout récemment défrayé la chronique sur son souhait de s’impliquer dans la résolution de la « crise » politique qui sévit en République Démocratique du Congo. Cette déclaration a été faite dimanche 1er avril, lors de sa visite en Ouganda. Kagame appelle à une réponse urgente à la crise en RDC. Mais qu’appelle-t-on crise dans une Nation qui est en plein processus électoral et ne crie pas au secours pour obtenir une quelconque aide ? Là, Paul Kagame n’a dit mot. Quant à la stabilisation de la situation tant politique que sécuritaire en RDC, Kagame n’a qu’à consulter les annales de l’UA où Kinshasa déplore l’éternité de la mission de l’Onu en RDC, avec un bilan peu satisfaisant, alors la plus grande mission de l’Onu dans le monde. En somme, les bonnes consciences estiment que le leader rwandais devrait plutôt dire ce qu’il pense de la situation en tant que nouvel homme fort de l’UA, au lieu de plonger dans des spéculations.

La République Démocratique, pays de Joseph Kabila Kabange, traverse une étape très importante de son histoire : celle de l’alternance politique pacifique au moyen des élections voulues crédibles, transparentes et apaisées.

Ce processus qui a pourtant connu plusieurs contraintes qui ont favorisé son léger retardement par rapport au délai connu de tous, évolue actuellement dans un bel élan. Après la clôture de l’opération d’enrôlement et d’identification des électeurs, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) poursuit sans désemparer son chemin.

Sur le plan sécuritaire, le président de l’UA responsabilise la Monusco, entendez Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo, voulant procéder à une étape d’évaluation de cette mission durant toutes les années passées en RDC.

Kagame intervient-il en retard ? Son prédécesseur Alpha Condé, lors de son dernier sommet qu’il a présidé, a abondé dans ce sens pour dire que  20.000 casques bleus en RDC depuis des années, cela ne donne plus de résultats. Si le Rwandais veut aborder dans ce sens pour soutenir la démarche de la RDC et solliciter la réduction de l’effectif de la Monusco, il aurait rencontré la satisfaction de tous les Congolais.

Déjà, il pense qu’il faut d’abord analyser le travail accompli par la mission de l’ONU sur place en RDC : « nous devons travailler avec les Nations unies qui sont déjà présentes pour nous dire ce qu’elles font déjà et ce qu’elles font depuis tant d’années. Cela n’a pas donné de bons résultats, que comptent-ils faire d’autre ou que pouvons-nous faire ensemble pour stabiliser la situation en RD Congo”.

Stabiliser la RDC veut dire quoi pour Kagame, si le Chef de l’Etat Joseph Kabila lui-même, lors de son dernier point de presse, a fait savoir que le calme règne actuellement en RDC, hormis quelques poches de résistance dans sa partie Est ? Retraçant ainsi la stabilisation au Kasaï avec la neutralisation de tous les miliciens Kamuina Nsapu, et l’organisation d’une conférence sur la paix dans l’espace Kasaïen. Dernièrement, la fin des tueries à Djugu, un conflit inventé de toute pièce entre les Hema et les Lendu, et qui attend le chef de l’Etat pour l’organisation de la même conférence sur la paix dans cette partie. Il importe aussi de signaler que tous ces efforts de paix sont entrepris par les Forces armées de la RDC.

Faire plus vite comme le veut Kagame lorsqu’il dit : « nous, Union africaine, essayons de voir et nous devrions peut-être aller plus vite ou en faire plus. Plus vite en tant que région – pouvons-nous trouver un moyen de faire quelque chose qui serait pertinent pour s’attaquer aux problèmes de la RDC tels que nous les connaissons. Nous avons l’intention de le faire », plonge le Rwandais dans une situation confusionniste, car la RDC n’a plus besoin de ça, puisque concentrée sur le processus électoral.

Les élections ne posent plus problème en RDC

La volonté politique qui anime le pouvoir de Kinshasa sur l’organisation des élections en RDC n’est plus à démontrer et commence à rencontrer la satisfaction de tous. Si hier même l’opposition politique la plus radicale parlait d’une « transition sans Kabila », puisqu’elle ne voyait pas la volonté du pouvoir d’organiser des élections, aujourd’hui, c’est elle qui surprend tout le monde. Déjà dans cette opposition, l’on compte quelques candidats présidents déjà annoncés, à l’exemple de M. Katumbi et Félix Tshilombo Tshisekedi, sans oublier Martin Fayulu et l’ex-ministre des Finances, Matungulu, tous faisant partie du Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement, alors que la Majorité présidentielle n’a pas encore dévoilé son candidat à la présidentielle. Donc, le 23 décembre 2018, les élections auront bel et bien lieu en RD Congo. La CENI, après l’enrôlement des électeurs, dispose déjà des listes de différents partis politiques et regroupements politiques lui remise par le Vice-Premier ministre et ministre en charge de l’Intérieur dans son délai exigé. Actuellement, Corneille Nangaa et son équipe procèdent à la fiabilisation du fichier électoral, avant de publier la liste de tous les  enrôlés, à l’instar des Congolais vivant à l’étranger dont leur enrôlement sera lancé bientôt. Il ne restera que l’examen de la loi sur la répartition des sièges et d’autres étapes qui s’en suivront.

Cela étant, Paul Kagame ne doit pas chercher à intervenir dans ce processus, puisque l’engagement de Kinshasa est prometteur. Même la Monusco qui a un nouveau mandat centré sur la question électorale, ne va se comporter qu’en observateur ou médiateur.

Ne parlons même pas du financement de ce processus électoral puisque le gouvernement de la RDC a pris l’engagement de le faire lui-même.  Le porte-parole du gouvernement et ministre de la communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, l’a fait savoir en disant que le pays a ses propres moyens pour financer ces élections, et deux propositions de financement ont déjà été rejetées par le gouvernement.

« Nous ne voulons plus revivre les expériences du passé où ceux qui apportent de l’aide ont tendance à vouloir orienter l’issue des élections », éclaire-t-il.

Cette décision a été prise à l’issue d’une rencontre interinstitutionnelle présidée par le président Joseph Kabila et à laquelle ont pris part les membres du gouvernement, les présidents de deux chambres du parlement, les hauts responsables de services de sécurité et le président de la commission électorale nationale indépendante.

Tous ont décidé de manière souveraine que la RDC va financer sur fonds propres les élections du 23 décembre 2018.

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Henri Mova a recadré tous ceux qui promettent et ne réalisent pas en leur demandant d’orienter leur soutien dans d’autres secteurs, pas les élections.

« Des montages financiers pour le financement des élections existent. Nous invitons les partenaires à les orienter vers d’autres secteurs », a ajouté Mova.

Ce papier doit parvenir à Paul Kagame d’orienter sa pensée sur la République Démocratique du Congo, au risque de plonger dans des spéculations et de rater son mandat à la tête de l’Union africaine. Le droit international est contre la politique d’ingérence dans les affaires internes d’un Etat membre. Suggestion oui, mais pas injonction, surtout qu’il existe un principe de souveraineté d’Etat.

(Bernetel Makambo)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse