Place victoire: Qui tracasse les kinois ?

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L’on pensait que les tracasseries policières étaient une pratique rare à Kinshasa, mais l’on se rend vite compte que celle-ci a la peau dure et progresse à la vitesse V dans la capitale. Profitant de l’affluence de la place victoire surtout les après-midi ou les soirs, un groupe d’hommes (4 à 5) généralement habillés en civil se présente auprès d’un citoyen et lui demande des pièces d’identité (carte d’électeur ou carte de service) et c’est là que tout commence. Apres avoir exhibé les pièces, l’intéressé s’entend répliquer toutes sortes d’explications. On lui dit que sa carte est fausse et qu’il doit pour cela répondre auprès des services spéciaux de la police.

Ne voulant pas discuter ou engager un bras de fer, l’interpellé se rend au container situé dans la commune de kalamu, pas loin du centre-victoire. Tous ses sacs et phones sont bloqués et fouillés systématiquement. On semble oublier la problématique de la carte d’électeur incorrecte pour se focaliser sur le contenu du téléphone. Les enquêteurs posent dix mille questions à propos de différentes photos et images logées dans les téléphones surtout si elles ont un rapport avec l’actualité politique du moment. Jusqu’ici, tout va bien pour ce kinois qui pense à un contrôle de routine. Puis survint, l’étape à problème : l’interrogateur passe à une autre vitesse. Il intimide l’interrogé en expliquant qu’il est en état d’arrestation à cause des images subversives contre le pouvoir en place. Peu importe la manière d’expliquer les réseaux sociaux et ses ramifications, la façon  dont on acquiert les images de l’internet, l’officier durcit le ton et menace le citoyen en face de lui. Il lui dit que dans ce cas, seul l’état-major (on ne sait trop bien lequel) va trancher sur son sort. Comme ce discours intimidateur ne semble pas porter, il passe au raccourci : appel ta femme ou tes enfants afin qu’ils te ramènent ici et maintenant 400 dollars américains si tu ne veux pas être amené plus loin…

Dans l’entretemps, toutes les poches ont été vidées de leurs contenus (tous les francs congolais et dollars) ont déjà été mis à part. A défaut d’un paiement cash, ces hommes qui se présentent comme des officiers de renseignement exigent des décharges de paiement de ces sommes avant de libérer leurs proies qu’ils ont gardées pendant 2 ou 3 heures dans une chaleur tropicale. Sans vergogne, ils continuent à appeler leurs débiteurs, promettant des représailles au cas où ils ne s’exécutaient pas, sans oublier l’argent confisqué sur place. Plusieurs kinois évitent systématiquement ces escrocs qui non seulement extorquent leurs victimes mais leur fait perdre tout le temps dans des interrogatoires bidons qui n’ont pour but que de fatiguer les interrogés et réussir à leur arracher le butin.

Un des ceux qui sont tombés dans ce piège a tremblé au point d’appeler sa femme en urgence, ramenant une rançon de 500 dollars pour l’extirper de cet enfer qui opère au grand jour. Il est temps que le général Kanyama et ses services aident la population à circuler sans se soucier de ce genre de tracasseries.

(Kosenga Pasi )

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