Phénomène Kamwina Nsapu: Adama Dieng pour des poursuites contre les hommes politiques incitant à la haine

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En Rdc depuis le 19 juin dernier, M.  Adama Dieng, Conseiller Spécial du Secrétaire général des Nations a terminé sa mission par un face-à-face avec la presse. Dans son mot introductif, il a expliqué qu’il s’est rendu à Tshikapa, à Kananga où il a rencontré les autorités provinciales, les représentants de la société civile et de nombreuses victimes des violences. « Ce que je puis dire, c’est que ma visite dans la région du Kasaï a malheureusement confirmé mes préoccupations. L’étendue des atrocités, des destructions et des souffrances infligées aux populations civiles, par les miliciens de la mouvance Kamuina Nsapu, les forces nationales de sécurité, et des groupes dits d’auto-défense, mobilisés sur base ethnique ou pour des règlements de compte, est tout simplement révoltante », dit-il.

Et de renchérir qu’il a été particulièrement touché par les témoignages des victimes et de leurs familles, qui ont décrit ce qu’elles ont subi, les décapitations de leurs proches, les décapitations de représentants de l’Etat, des exécutions sommaires en grand nombre, y compris de femmes et d’enfants, mais aussi le pillage de leurs biens. « Il m’a été rapporté que des villages entiers et édifices publics avaient été brûlés par les miliciens de la mouvance Kamuina Nsapu, mais que malheureusement, dans certains territoires, deux fois plus de destructions peuvent être imputées aux forces de sécurité et autres milices ». Les enfants hélas, semblent être les victimes les plus affectées par ces violences. Ils sont recrutés par les uns pour servir de boucliers humains, ils sont également recrutés pour servir comme combattants, et deviennent ensuite la cible principale des opérations militaires.

La crise au Kasaï est aussi humanitaire

A l’en croire, le Grand Kasaï compte aujourd’hui plus d’1,2 millions de déplacés, et 30 000 réfugiés sont entrés en Angola. La destruction des écoles remet en cause l’avenir de toute une génération. Il est urgent de faire cesser la violence. Il n’y a pas de solution militaire à ce conflit. Autant la violence déchaînée par la mouvance Kamuina Nsapu est intolérable et ses crimes doivent faire l’objet de poursuites judiciaires crédibles et systématiques, autant la politique de la terre brûlée menée par certaines unités des forces armées dans plusieurs territoires de la région, et l’usage disproportionné et indiscriminé de la force contre les populations civiles, ainsi que la mobilisation et l’armement de milices supplétives, notamment sur base ethnique, sont également inacceptables. Leurs responsables doivent être également poursuivis avec la plus grande sévérité. La lutte contre l’impunité est essentielle pour prévenir efficacement de nouvelles atrocités.

Le gouvernement a la responsabilité première de protéger sa population. « J’ai présenté mes conclusions au Premier ministre Bruno Tshibala, et je suis encouragé qu’il les partage. Il est urgent de réduire aujourd’hui la militarisation de la réponse gouvernementale, et de privilégier la voix du dialogue avec toutes les parties au conflit, pour ouvrir l’accès humanitaire, obtenir la libération des enfants mobilisés par les milices, faciliter un programme de désarmement civil et progresser vers le règlement non-violent du conflit », révèle-t-il. Comme au Tanganyika, il encourage le gouvernement à renforcer les moyens de la police nationale pour restaurer l’autorité civile de l’Etat et prévenir l’usage excessif de la force.

Il a appelé l’Auditorat militaire, qui a déjà ouvert une procédure judiciaire contre des forces de sécurité, à accroître significativement ses efforts, et à faire appel d’urgence, si nécessaire, au soutien régional et international, afin de poursuivre avec la plus grande fermeté les crimes commis par les miliciens et par les forces de défense et de sécurité. Son action doit être au centre des efforts de prévention de nouvelles violences, de règlement de la crise, et d’apaisement, afin de restaurer la confiance des populations civiles dans son gouvernement et ses institutions. Je me tiens à sa disposition pour aider à mobiliser les moyens destinés à soutenir de tels efforts. « A la veille d’un processus électoral qui s’annonce difficile, poursuivre les hommes politiques mobilisant des groupes armés ou incitant leur communauté à la haine, fait partie d’une politique de prévention des violences essentielle à la stabilité du pays », prévient-il.

Ces pratiques dangereuses, qui affectent dramatiquement le Nord-Kivu et d’autres provinces du pays doivent être stoppées urgemment. Le gouvernement, les autorités provinciales et l’ensemble de la classe politique du Nord-Kivu ont la responsabilité de prévenir urgemment une nouvelle flambée de violence intercommunautaire dans leur province, la circulation des discours de haine dans les médias et les réseaux sociaux, de même que les déplacements forcés de populations. Alors que l’enregistrement des électeurs a commencé, la République démocratique du Congo se trouve à nouveau à un moment historique et critique de son histoire. Il appartient à l’ensemble des responsables politiques, le gouvernement, l’opposition, de s’assurer que les mois qui viennent ne mèneront pas à une nouvelle crise, dit-il.(

JMNK)

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