Peter Komondua: « on a beau pointé du doigt l’indifférence de l’extérieur, il y a trop de termites qui nous rongent de l’intérieur (…) »

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L’album « Etiké » a été présenté dans la soirée du 21 mars dernier devant un public select du centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa. Peter Komondua, son auteur, dans ses déclamations où musicalité et poésie font corps, a lâché des mots et phrases contenus dans cet album (six titres et un bonus) qui ont fait l’objet de notre échange, juste après son show de moins de deux heures.

Dans le titre « Enfant d’Afrique », ce jeune  affirme :« on a beau pointé du doigt l’indifférence de l’extérieur, trop de termites qui nous rongent de l’intérieur », à ce sujet, il a répondu en ces termes : « L’on a un sérieux problème. Tout le temps, l’on pense que notre salut devrait venir d’ailleurs ; mais notre salut doit commencer par ici. Tant que le vrai problème du congolais serait de l’intérieur ou interne, la solution sera d’abord l’affaire des Congolais qui doivent s’organiser et se soigner. Et c’est sa responsabilité face à sa société. Ensuite, l’on peut espérer qu’il y a une aide qui nous viendra de l’étranger. Par contre, les personnes qui complotent contre le  pays sont d’abord à l’interne ».

Dans son parallélisme linguistique, il cite Shaka Kongo, coordonnateur de l’Asbl Artiste en Danger, « il n’y a pas que les artistes qui sont en danger mais toute une communauté ». Il s’est inspiré de son engagement, a-t-il dit. Une manière de dire qu’il y a pas que des artistes qui sont en danger ; mais c’est toute la communauté congolaise qui est en danger.

« L’élite n’est pas forcement la voix du peuple en Afrique »

Dans sa poésie accompagnée de la musique dans une salle silencieuse, il a évoqué aussi la matière électorale en Afrique. Pour celui qui se surnomme l’obsédé textuel, « Ceux-là qu’on vote, ne sont pas ceux qui nous gouvernent généralement. il justifie ce fait par la mondialisation. « Nous sommes tous conscients qu’aujourd’hui avec la mondialisation, comment les choses sont organisées. Ce n’est pas souvent la voix du peuple qui arrive au sommet. L’élite n’est pas forcement la voix du peuple en Afrique. Nous constatons à quel point la communauté internationale complote souvent pour mettre ses pion au sommet des Etats africains et nous clouer », a-t-il fait savoir.

Evoquant le développement dans sa rhétorique,  l’auteur de l’album Etiké reste convaincu d’une seule réalité : dans le train du bien-être, l’Afrique est le dernier wagon. Selon lui, dans ce chemin vers la mondialisation où chacun apporte sa part pour le progrès de l’humanité, l’Afrique continue toujours d’emboiter le pas aux autres.  A part tous ses minerais parfois pillés.

A l’en croire, les intellectuels africains laissent tout le temps prendre puisqu’ils n’arrivent pas à s’organiser ni à se ressembler en un seul homme pour faire valoir la cause commune. « La différence de l’Afrique d’hier et celle d’aujourd’hui : hier, il n’y avait pas autant d’intellectuels qu’aujourd’hui, mais nous sommes butés à plusieurs problèmes plus pires qu’hier », a-t-il regretté.

(Onassis Mutombo)

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