Percée chinoise, emploi des jeunes, urbanisation des populations

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L’Afrique entre la vocation des matières premières et l’impératif d’industrialisation

Au moment où la Chine fait sa percée en Afrique, il s’observe que la plupart des pays qui ont ouvert les bras à la main-d’œuvre chinoise, ont ciblé les infrastructures comme secteur d’intervention. Pour l’heure, les observateurs se rendent à l’évidence que le continent fait face à plus d’une priorité, dont essentiellement l’industrialisation de son économie. Car depuis les indépendances, l’Afrique « garde » la vocation de fournisseur des matières premières sur le marché mondial. « Il faut faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale », a suggéré le Français Raymond Jarret, touriste et ami de l’Afrique. Pendant ce temps, l’urbanisation des populations est une réalité persistance à travers le continent noir. A cheval entre la volonté politique de démocratiser les institutions et des conflits armés intermittents, les gouvernements africains sentent monter en eux le besoin de pacifier et de rénover leurs espaces d’autorité. Ceci pour notamment planifier la question relative à l’industrialisation de leurs économies.

Quand la vocation des matières premières empêche l’envol du continent

L’Afrique doit produire, pour assurer la redistribution des richesses nationales, et projeter ainsi sa sortie du tunnel. Face à la croissance démographique, les analystes redoutent un déséquilibre constant, car la vocation des matières premières tant minières qu’alimentaires, a de tout temps exposé le continent aux aléas du marché mondial, aux fluctuations des cours de change. Les gouvernements doivent contenir les conflits armés internes et ceux externes, réprimer la corruption galopante, assainir la gouvernance, promouvoir le milieu rural, contrôler les échanges transfrontaliers… Face à ces charges dont la liste n’est pas exhaustive, la dette publique devient le leitmotiv. Et comme on peut le comprendre, l’assainissement de la gestion de la dette, de tout temps un pari à relever. En son temps, feu le maréchal Mobutu Sese Seko a relevé ce qui suit dans un discours : « Le président de la République n’est pas un magicien. Seul, il ne peut rien ; avec l’appui de tout son peuple, il peut tout. Mais, nous devons éviter que les efforts du peuple soient anéantis par l’inconscience et la cupidité de certains cadres », a-t-il dit dans un discours, début décennies quatre-vingt.

La Côte d’ivoire avec son cacao, le Sénégal avec ses arachides, le Mali et le Nigéria avec leurs réserves respectivement d’or et du pétrole, la RD Congo avec sa production du manioc et d’huile de palme échappant aux statistiques, la Zambie avec son maïs, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Lybie, la Guinée équatoriale avec leurs réserves pétrolières, pour ne citer que ces cas. Dans l’un ou l’autre cas, cela va sans dire, le passage de la vocation des matières premières à l’industrialisation pourrait booster l’emploi des jeunes. Dans son livre intitulé « l’Afrique des villages »paru aux éditions Karthala (France) en 1983, le Camerounais Jean Marc Ela pose un réel diagnostic à l’échelle du continent. L’auteur, en effet, démontre que les villages pourraient bien servir de poumon à l’envol africain. La promotion du milieu rural, d’où sont puisées toutes les matières premières tant minières qu’alimentaires est une étape incontournable dans le processus de la transformation sociale

Pour le pari du développement : main dans la main : la diaspora, le gouvernement et la population locale

« En m’ouvrant aux autres, Paris m’a ouvert à ma propre connaissance », a dit en son temps, Léopold Sedar Senghor. En effet, dans plusieurs pays à travers le monde, le potentiel que représentent les diasporas pour le développement est actuellement reconnu par diverses parties prenantes. Dans le but de renforcer la cohésion et la solidarité entre les peuples, l’Union africaine (Ua) avait organisé le 25 Mai 2012 à Johannesburg en Afrique du Sud, un sommet sur la Diaspora. La RD Congo avait participé à ces assises par l’entremise du Ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda. C’était sous le thème : « Promouvoir l’unité, l’intégration africaine et de sa Diaspora », en vue de bâtir une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale, vision d’une Afrique unie et forte, fondée sur un partenariat entre les gouvernements et l’ensemble de la société. L’objectif de ce sommet historique pour la diaspora africaine, était de travailler ensemble, coopérer activement avec cette dernière dans plusieurs domaines d’intérêt commun, qui sont d’ordre politique, économique et social. La visée étant d’encourager l’établissement par les Etats membres de l’UA, des relations plus formelles avec la diaspora africaine à travers le monde. Il s’agit de promouvoir les synergies efficaces entre les programmes nationaux concernant la diaspora, pour le transfert des connaissances. Il est question de faire participer la diaspora africaine dans la prévention, gestion et règlement des conflits, la réconciliation, la reconstruction et le dialogué permanent. En bref faire participer la diaspora africaine au développement du continent africain.

Faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale

Le Français Raymond Jarret, un néo-septuagénaire, a quitté la RD Congo en 1971, après avoir servi comme cadre technique de la représentation locale de l’industriel des chaussures Bata. Il y a peu, l’homme a entrepris des voyages de touriste dans des pays subsahariens de son choix. Partout où il est passé, celui qui ne voile guère sa passion pour l’Afrique noire a véhiculé un message d’exhortation. En effet, il a appelé les gouvernants africains à prendre à bras- le- corps la question de l’emploi des jeunes. Le contraire, a-t-il redouté, constituerait une bombe à retardement susceptible de faire fragmenter ces pays de l’intérieur. Ce message de sagesse qui laisse transparaître de la compassion, est tombé comme un grain dans une terre ciblée.

En RD Congo, il a visité Kinshasa après avoir relié la Centrafrique au Congo-Brazzaville, par voie fluviale. Quelle n’a pas été son émotion de voir que le quartier N’DOLO, aux abords du fleuve Congo, n’était plus un quartier industriel. C’en était pourtant la vocation, sous l’administration coloniale belge, et aux premières heures de l’indépendance.

« Un grain jeté en terre ne pousse pas le même jour », renseigne une sagesse. Ceci laisse comprendre que l’Etat est en droit de planifier l’emploi des jeunes. Raymond Jarret qui a rappelé cette sagesse, exhorte l’Afrique à s’inspirer de l’expérience chinoise, basée sur l’union, le travail et la convergence des vues entre l’Etat, les élites et la base.

 

(Payne)

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