Participation des femmes au sein du gouvernement Tshibala, Denise Malu Mayele : « nous sommes patientes et espérons à une victoire »

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Le gouvernement Bruno Tshibala  a été rendu public le mardi 9 mai 2017. Dans la rue mouvementée de Kinshasa, la nouvelle est sur toutes les lèvres.  Jeunes et vieux, tous veulent connaitre le nom de nouveaux élus. Interpeler par une  faible représentation de femmes au sein de ce nouveau gouvernement, le quotidien l’Avenir, par le biais de sa rubrique Avenir femme, a approché madame Denise Malu Mayele, conseillère juridique à la Rawbank.

L’Avenir : Comment appréciez-vous ce nouveau gouvernement ?

Denise Malu: pour être Franche, je dirai d’abord merci au Président de la République, car il a tenu parole. Et en peu de temps, nous avons un nouveau gouvernement. Bien que ce dernier n’est pas à la merci de femmes. Je ne jette pas la pierre à une personne particulière, car ce n’est pas facile de dénicher des femmes capables pour les insérer dans un gouvernement et cela en si peu de temps. Mais cela, je trouve ça trop masculin.

Il n’y a que 6 femmes sur un total de 59 membres, donner nous votre avis sur ça ?

Je ne suis pas triste. Mais je me dis qu’il y a encore un travail à faire.  Nous femmes congolaises, avons de compétences et sommes dignes d’être valablement représentées.  Le chemin vers la victoire est souvent semé d’embuches. Les difficultés ne manquent pas. Et cette petite représentation, moi personnellement je le considère comme un défi qu’on doit relever.

Selon votre compréhension, pensez-vous que l’égalité entre homme et femme est respectée au sein du nouveau gouvernement ?

Au premier vu, je pourrais dire que la parité n’a pas trouvé sa place. Mais lorsque je réfléchis, je me dis qu’il y a une lueur d’espoir et que rien n’est encore perdu. Nous sommes passés à une évolution. Certes, les femmes ne représentent peut être rien au sein du gouvernement, mais nous devons changer notre façon de travailler. La femme doit tout faire pour conquérir les postes de décisions. Je pense que bien qu’aujourd’hui la parité n’est pas d’actualité, rien n’est impossible. Un jour, le Congo aura un Président de la République femme. Le combat sera peut-être dure, mais à nous de s’y mettre et avec un peu de bonne volonté, « ekosimba », comme disent les kinois. Prenons l’exemple de la France, ils ont 22 membres au sein du gouvernement dont 11 hommes et 11 femmes. Et je ne pense pas qu’ils ont directement commencé ainsi. C’est un combat qui date de longues et dures années.

Si un jour vous devez élire les femmes au sein du  gouvernement, à quel poste les placerez-vous ?

Je suis une femme, et je sais voir en quoi une femme est capable. Moi présidente de la République, j’aurais une femme aux finances, à l’éducation, à la culture, etc. En bref, j’aurai 20 hommes à mes côtés et 39 femmes pour renforcer l’équipe. Car c’est la femme qui contribue largement à l’épanouissement d’un pays. Même un président a été un jour éduqué par une femme. La femme a tellement de qualité et l’homme ne doit pas l’ignorer.

Quel est votre conseil à la femme congolaise en générale et celle de Kinshasa en particulier ?

Prenons nous au sérieux pour que les hommes aussi nous considèrent. Arrêtons de penser que c’est l’homme toujours qui doit combler notre besoin. Au gouvernement ou pas, une femme doit se rendre utile. Tellement de domaine dans ce pays nécessite la présence de la femme. Que l’être féminin arrête de se voir inferieure. Moi je suis une femme et j’ai plusieurs hommes sous mes ordres. Prônons l’émancipation en tout et pour tout. La femme n’est pas un homme en moitié. Elle est un être humain dotée de toutes les capacités. Cessons de nous sous-estimer. Faisons honneur à notre race. Ce gouvernement n’est pas le dernier. Nous aurons d’autre gouvernement. Donc, la course n’est pas encore perdue. Le chemin est encore long. Courage les filles.

Pour conclure, je demande aux  femmes choisie de marquer leur époque pour donner la chance à celles qui viendront après elles. Un jour, Martin Luther King avait fait un rêve et plusieurs années après, ce rêve était devenu une réalité. Moi aussi, j’ai toujours cru que rien ne restera pareil en Rd Congo. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’à six au gouvernement. Mais qui sait ce que demain peut engendrer. Je demande à la femme d’être patiente et aux hommes de tenir compte de nous. Car lorsque la femme est heureuse, c’est la famille et par ricochet la société. Que les hommes politiciens arrêtent de nous utiliser pour arriver à leur fin. Nous sommes conscientes de ce que nous valons. Et jamais on parlera du développement sans la contribution de la femme. On ne baisse pas le bras et on attend le prochain gouvernement.

(Blandine Zawadi Kanza/stagiaire)

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