Parlant de la situation de son pays: Hanny Salah fustige le terrorisme des Frères musulmans

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C’était le jeudi 21 mai dernier alors qu’il s’exprimait sur le plateau de l’émission « Grand Jury » de la RTGA-World. L’ambassadeur de la République arabe d’Egypte, Hanny Salah, s’est indigné du fait que les Frères musulmans ont terni l’image de l’Egypte et ont voulu changé l’identité de tout un peuple. Aussi, les actes de terrorisme qui sont en cours en Egypte ne sont jamais condamnés par la communauté internationale.

L’ambassadeur de la République arabe d’Egypte accrédité en République démocratique du Congo, M. Hanny Salah, était l’invité de l’émission « Grand Jury » du jeudi 21 mai dernier sur la RTGA-World. Au cours de laquelle, il a répondu à diverses questions dont voici la quintessence de sa deuxième partie.

L’Egypte d’Al-Sisi est-elle une démocratie ou une dictature ? Est-ce que l’Egypte a aujourd’hui retrouvé son calme? A ces questions, le diplomate égyptien a indiqué que dans quatre ans, ce pays des pharaons a connu deux révolutions, le 25 janvier 2011 et le 30 juin 2013. Les deux révolutions ont chacune eu sa raison. La première, c’était pour le changement en vue d’un régime démocratique. La deuxième révolution, c’était pour préserver l’identité et le caractère ouvert de l’Egyptien.

Ce n’est pas en quatre ans qu’on peut tout faire correctement, a-t-il affirmé. « Même les Européens, ils ont eu à travailler pendant plusieurs années, plus de 1500 ans durant, pour faire asseoir la démocratie ». Il faudrait un changement, pas seulement sur le plan politique, mais aussi au niveau de la mentalité de tout le peuple, a spécifié Hanny Salah. « Il faut savoir que l’Egypte est un grand pays de plus de 100 millions d’habitants. C’est-à-dire qu’on a encore besoin d’un peu de temps. On y arrivera, nous ne sommes pas encore arrivés là. Le processus de démocratisation continue. Nous sommes dans le bon chemin pour arriver enfin à une vraie démocratie », a-t-il déclaré.

Le but de la première révolution, c’était de chasser le Président Hosny Moubarak du pouvoir qui fut un militaire. Et il a été remplacé par un civil, Mohamed Morsi, qui était démocratiquement élu. Puis, les Egyptiens l’ont chassé encore en moins de deux ans, pour le remplacer par un autre militaire Abdel Fattah Al-Sisi qui est aujourd’hui au pouvoir. Ne craignez-vous pas que ce dernier puisse avoir les mêmes comportements que vous avez reprochés à Moubarak ?

Pour répondre à cette question, l’ambassadeur égyptien a expliqué qu’en Egypte aujourd’hui, quand un militaire se décide de faire la politique, il perd toutes ses fonctions et quitte l’Armée. La nouvelle Constitution égyptienne ne permet pas à un militaire de briguer la magistrature suprême. Il faudrait au préalable, arrêter avec l’Armée et devenir civil. Ça c’est la première chose, et la deuxième, poursuit-il, le Président Sisi n’a jamais été un proche, ni de la génération de l’ancien président Moubarak.

« Il est indépendant, il n’est pas vieux. Il n’a que 60 ans. Alors que l’ex-président Moubarak a aujourd’hui 85 ans. Alors, ce n’est pas la même génération, ce n’est pas la même mentalité », a-t-il fait savoir.

Pour l’ex-président Morsi, commente-t-il, bien qu’il a été élu correctement, mais il n’a pas gouverné correctement. Il avait déjà une année au pouvoir, le peuple attendait de lui un changement de sa gouvernance, mais il ne l’a pas changé. Comme vous le savez, l’ex-président Morsi était un cadre des Frères musulmans. Et, il voulait changer la mentalité de tous les Egyptien et diriger le futur de l’Egypte avec les théories et l’idéologie des Frères musulmans.

C’est pour cela que les Egyptiens ne pouvaient donc pas lui donner du temps. Parce qu’on ne peut pas changer l’identité de tout un peuple par une simple idéologie de croyance. Ce n’est pas acceptable. Voilà pourquoi, plus de 32 millions d’Egyptiens étaient dans la rue pendant trois jours, lors de la dernière révolution du 30 juin 2013. C’est la plus grande révolution de l’histoire de l’Egypte.

Les Egyptiens étaient descendus dans la rue pas contre les Frères musulmans, mais pour changer le système de gouvernance qui était imposé avec la mentalité des Frères musulmans. Vous vous souvenez que l’Egypte était l’Hollywood du Moyen-Orient et du monde arabe. Mais cela allait être changé avec les Frères musulmans. On ne pouvait pas accepter ça.

Il y a des actes que les Frères musulmans ont posé qui ont terni l’image de votre pays, c’est pour cela que vous les reprochez ? De répondre, que ce n’est pas seulement l’image qui a été ternie, même le style de vie quotidienne des Egyptiens. « Nous sommes un peuple très ouvert, très gentil, et qui aime la vie, le cinéma, l’art. Nous sommes des très bons musulmans. L’Egypte a la plus vieille université islamique au monde, c’est celle d’AL-Azar. L’Islam est une religion très ouverte, tolérante et qui accepte les autres. Mais avec les Frères musulmans, on n’accepte pas l’autre. C’est pourquoi, l’Egypte allait devenir un pays très différent de celui qui a été depuis plus de 7000 ans », a déclaré l’ambassadeur de l’Egypte.

Mohamed Morsi chassé du pouvoir, et aujourd’hui, la justice égyptienne le condamne à la peine capitale. Ne pensez-vous pas que c’est trop dur pour une personnalité ? Et, lorsqu’il arrive au pouvoir, il s’endette et l’endettement devient excessif, il met en œuvre les mesures économiques structurelles draconiennes, et entre-temps, la population se révolte contre lui, et de l’autre côté, les experts indiquent que le gouvernement des Frères musulmans conduisait l’Egypte vers la catastrophe économique et sociale, partagez-vous cet avis ?

C’est très compliqué, s’explique l’ambassadeur. Parce que, ce n’était pas juste une crise économique et sociale, mais le changement des mentalités, de l’image et de l’identité des Egyptiens. « C’est ce qui est plus grave pour moi ».

Morsi a la possibilité d’aller en appel

Pour la peine capitale de l’ex-président Morsi, ce n’est pas une décision finale, a dit Hanny Salah. Il y a toujours la possibilité d’aller en appel. Il y a encore beaucoup de temps. Le système judiciaire égyptien est très indépendant et transparent. En Egypte, il y a séparation des pouvoirs. L’autorité exécutive en Egypte ne peut pas intervenir dans une décision de la justice.

Est-ce que c’est un procès politique ? Je ne crois pas, répond Hanny Salah. Puisque, les juges à cette affaire ont eu mille pages d’évidences pour condamner Morsi. Autre chose dans l’actualité, il y a trois juges et leurs chauffeurs qui ont été tués au Sinaï en Egypte. Pourquoi on ne condamne pas ça ? Il y a deux poids deux mesures.

« Je n’ai jamais appris une seule condamnation, de l’Union européenne, des Etats-Unis, des pays africains…, contre les actes de terrorisme qui se font en Egypte. Mais seulement pour la condamnation à la peine capitale de l’ex-président Morsi, tout le monde s’est réveillé. Ce n’est pas ça. Il faut qu’il y ait l’équilibre », a déclaré le diplomate égyptien.

C’est peut-être que les méthodes égyptiennes de lutte contre le terrorisme sont très fortes et parfois violent les droits de l’homme ? « Je ne crois pas ». Le Président Al-Sisi a toujours insisté sur le respect des droits de l’homme dans notre lutte contre le terrorisme, a dit l’ambassadeur. « Dans tout ce processus, il ne faut pas oublier les droits de l’homme. Mais avec des terroristes très professionnels que nous avons, qu’est-ce qu’on peut faire ? Puisque la sécurité nationale du pays et de tout le peuple égyptien en dépend. C’est même de la responsabilité du Chef de l’Etat de protéger le peuple. Comme c’est le cas ici, la situation à l’Est de la Rdc ».

La lutte contre le terrorisme est longue

Est-ce que la lutte contre le terrorisme en Egypte est entrain d’être gagnée, puisque les attentats continuent ? Dans sa réponse, l’ambassadeur a signifié que la lutte contre le terrorisme n’est pas traditionnelle, elle est dure, longue, difficile… Il faut donc tout changer, même les enseignements dans les mosquées, même la perception de l’Islam. Parce que qu’on peut gagner les guerres contre le terrorisme, mais il faut aussi changer les mentalités. C’est donc ça la réelle guerre. Ça sera la plus grande mission du gouvernement égyptien.

Mais qu’est-ce que vous faites pour changer la mentalité du peuple ? Répondant à cette question, il affirme que l’Egypte a déjà arrêté des stratégies, des nouvelles méthodes pour l’éducation et l’enseignement de l’Islam à l’école, il y a de cela plus de trois mois passés, même dans des Mosquées. Dans l’université d’Al-Azar aussi, on est entrain de changer tout le processus d’enseignement. Il y a eu également deux ou trois conférences internationales pour tout le monde arabe et islamique, pour trouver des nouvelles stratégies contre le terrorisme. Pas seulement dans le cadre de la sécurité, mais aussi dans le cadre culturel et religieux.

Pour revenir à la condamnation de l’ex-président Morsi, ne craignez-vous pas que les Etats-Unis qui sont les premiers partenaires de l’Egypte, ayant haussé la voix pour s’opposer à ce jugement, puissent geler votre coopération, l’aide, qui n’est pas négligeable, 1,55 milliards de dollars américains ne viendra peut-être plus ?

Pour Hanny Salah, l’Egypte, un grand pays du Moyen-Orient et du monde arabe, et les Etats-Unis restent toujours les partenaires stratégiques pour l’Egypte « mais, on ne peut pas accepter l’ingérence dans nos affaires internes. On n’intervient pas dans les affaires internes d’un autre pays. On n’accepte pas des leçons, quand ce pays lui-même a beaucoup de travail pour changer sa situation des droits de l’homme ».

Aujourd’hui, le régime du Président Sisi se réclame descendant du président Gamal Abdel Nasser. Et tout le monde sait que c’est Nasser qui a impulsé le développement économique de l’Egypte, c’est lui qui a construit le canal de Suez, en quoi reconnaissez-vous comme descendants de Nasser ? Nasser fut un grand Monsieur, pas seulement pour l’Egypte, mais pour l’Afrique toute entière, répond-t-il. Mais, maintenant cette période des indépendances des pays africains est révolue. Nous sommes à l’heure du développement des pays africains.

C’est ce que le Président Sisi a bien compris pour accompagner les pays africains, et spécialement la Rdc, dans ce processus de développement. C’est donc la véritable cause des nouvelles relations entre l’Egypte et les autres pays africains. « Mais, nous sommes toujours des descendants de Nasser, même du Feu président Sadat. Et on est entrain de revenir en Afrique puisqu’on avait un peu laissé depuis un certain temps, 20 – 30 ans. Comme par exemple, ici en Rdc, nous avons beaucoup de projets qui vont faire que l’Egypte puisse reprendre sa place d’entant », a affirmé l’ambassadeur égyptien en Rdc, M. Hanny Salah.

(Lepetit Baende)            

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