Par crainte des représailles, des Kinois laissent faire des voleurs

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Tout le monde crie au voleur, personne ne veut prendre le risque de courir après, pour mettre la main sur l’intrus. Pendant ce temps, on le laisse se frayer son chemin dans la mêlée, jusqu’à disparaître des vues. Cette scène est si courante à Kinshasa qu’elle s’y présente comme une tradition. En effet, des chipeurs dans les lieux mouvementés : centre-ville, marchés, ports, parkings et d’autres lieux de grand trafic, opèrent généralement en bandes. Quand l’un est mis à découvert, les autres qui sont ses complices gravitent autour. Ils crient au même moment que le commun les passants. Il en est qui proposent à la victime un service consistant à pourchasser le malfrat. Généralement, c’est dans le but de l’isoler de l’éventualité d’une récupération de la situation par la population environnante. Car il est toujours écœurant d’assister en spectateur passif ou désintéressé à un cas de vol. En effet, les fidèles catholiques répondent en chœur à l’officiant d’une messe, dans un mea culpa collectif : « Oui, j’ai péché en pensée, en parole, par action et par omission. Oui, j’ai vraiment péché…».

Le vol à l’arrachée dans les artères de la capitale

Dans une ville où des marginaux dont les shégués (entendez enfants et jeunes en rupture avec la famille) envahissent les lieux de grand trafic, la sécurité des personnes et de leurs biens est journellement mise à rude épreuve.

Il y a peu, une femme au siège avant d’un véhicule 4×4, place du Zoo sur l’avenue Kasa Vubu, a connu une expérience similaire. Il était environ 17 heures, le véhicule de service enfoui dans un embouteillage, la jeune dame  s’attardait, penchée sur le clavier de son téléphone. Pendant ce temps, elle n’avait pas à l’idée de monter les glaces, pour s’assurer un minimum de sécurité. Dans l’instant suivant, un coup fracas, puis plus rien. Une main soudaine et non désirée venait de lui arracher de sa main le téléphone.

‘’Chassez le naturel, il revient au galop’’, dit un adage. Il y a peu, l’autorité urbaine avait interdit le déferlement de ‘’shegues’’ sur la chaussée. A ce jour, il s’observe que le relâchement en amont, a été profitable aux  marginaux visés.  Les malfrats errent dans le parage des grandes artères et des arrêts de bus. Ils y rôdent en espions et attendent le moment favorable qui se présente généralement pendant les embouteillages. Le boulevard du 30 juin au cœur de la capitale, n’échappe guère à cette triste réalité, en dépit de sa réputation de vitrine où s’entrecroisent nationaux, expatriés et touristes. Profitant du relâchement des forces de l’ordre, des marginaux envahissent les grandes chaussées et insécurisent à souhait les usagers de la route.

A l’occasion de la publication des résultats d’Examen d’Etat, l’effervescence qui s’en suit, entraine également d’énormes pertes, en termes de vols à l’arrachée. Car à la manière de loups dans la bergerie, des malfrats s’entremêlent des finalistes attroupés nuitamment dans les stations de publication des résultats.

Quand l’opération Likofi se relâche, des malfaiteurs refont surface

Des  témoignages de vols à l’arrachée à Kinshasa ont fait l’objet d’un article de presse titré : « En dépit de l’opération « Likofi : Des enfants de la rue siègent devant le stade des Martyrs ». L’article ( dont un extrait suit) a  paru le 17 avril 2014, sous la plume d’Altesse Bernetel Makambo, au plus fort de l’opération Likofi (entendez coup de poing). Pour rappel, une opération amplement médiatisée, qui ambitionnait d’assainir les quartiers de la capitale des inciviques de grand chemin. 

…Un chauffeur de taxi-bus déclare que chaque soir, généralement à partir de 19 heures, ces « shegués » effrayent les passagers qui sont à bord de leurs véhicules. Ceux-ci les redoutent comme des voleurs potentiels. « Nous demandons aux autorités provinciales qui luttent contre l’insécurité, de relancer l’opération « Likofi » et de démanteler cette bande de marginaux dont la présence entretient l’insécurité sur l’avenue Kasa-Vubu, précisément à l’entrée du site du stade des Martyrs. Ils sont prompts à inquiéter de paisibles passants aux heures perdues », a constaté Bibiche, vendeuse d’épices trouvée dans les annexes du marché Zikida, en diagonal du stade des Martyrs. (…)

En somme, il convient de noter que la plupart de ces marginaux sont des malfaiteurs potentiels. L’adage ne dit-il pas à cet effet : « dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ». Tout cela tient au fait qu’ils sont constamment dépourvus de moyens de subsistance. D’autres, majeurs, ont des charges à assumer : ils ont des bouches à nourrir.

« Chassez le naturel, il revient au galop », dit un adage. Pour envisager la récupération de ces marginaux qui peuplent les quartiers de Kinshasa, il revient au gouvernement de la République de mettre en place des centres de réinsertion sociale. Ceux-ci ayant vocation  afin d’éduquer, d’écouter et de planifier la réinsertion sociale de ces enfants. (…) Car il est possible d’éradiquer ce problème qui mine la société congolaise. Comme le précise un adage : « vouloir, c’est pouvoir ».

(Payne)

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