Panique hier à Limete: Plus de peur que de mal

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Routes barricadées, bus endommagés, …c’est le théâtre d’hier à Limete
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La nouvelle de la mort d’un présumé membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a plongé la population kinoise dans une psychose généralisée, hier dès 14 heures, tout le long de la commune de Limete. Selon nos fins limiers, c’est à partir de 14heures que la situation s’est empirée pour se prolonger jusqu’après 20 heures, se traduisant pas de longues files d’embouteillages. Comme impact direct d’un  tel immobilisme, le transport urbain a fait défaut à la masse qui se déplace journellement aux heures de pointe, du centre-ville vers les quartiers de l’Est de la capitale. C’était alors ce que les Kinois appellent communément la ligne onze généralisée, pour dire la marche à pied. En attendant le bilan exacte qui sera fait par les services compétents, des témoins affirment  avoir entendu des coups de balles, et cela a fait une victime, comme cela ressort du récit qui suit : « Un militant de l’Udps, portant l’effigie du lider maximo Etienne Tshisekedi wa Mulumba était transporté à moto, vers 13h 30. Une autre moto avançait dans la même direction, sur le petit boulevard à Limete. Au niveau de la  14ème rue, à Limete quartier résidentiel, des quolibets se sont lancés entre ceux qui   roulaient côte-à-côte. Après un moment, l’un des deux  hommes en uniforme qui étaient sur l’autre moto a ouvert le feu sur le passager porteur de l’effigie de l’opposant historique de l’UDPS. Celui-là est tombé sur le coup. Selon quelques témoignages, en effet, l’homme en uniforme aurait suggéré au militant d’ôter l’effigie. Et le militant aurait mal digéré cette suggestion qui avait tout l’air d’une provocation. Alors, le porteur d’arme n’a pu contenir les écarts de langage.

Des « Wewa » se mobilisent jusqu’à la morgue de l’hôpital St Joseph  

Le tireur et tueur ayant constaté son crime, il n’avait d’autre choix que de se soustraire au regard de l’attroupement, de peur de subir des représailles. La moto par laquelle le scandale est arrivé a pris le large, mais d’autres « Wewa » qui étaient aux alentours se sont mobilisés comme un seul homme, pour pourchasser le criminel. Les deux se sont retirés au poste de sécurité publique de la place de l’Echangeur de Limite. Pendant ce temps, le corps du pauvre gisait au sol.  Vers 15 heures, des combattants (terme courant à Kinshasa pour désigner des membres de l’UDPS), qui étaient de permanence dans les rayons du siège du parti, sur 10ème rue quartier résidentiel, à Limete, ont été mis en alerte. Ils ont pris le corps de leur membre, et sont allés le brandir au chef du parti. Selon la source, ils n’ont pas eu de la peine à se faire recevoir à cet effet,  pour présenter la dépouille mortelle au leader.

« Les combattants ont présenté le corps du militant  à Monsieur Etienne Tshisekedi et, pris de compassion, pour ce qui était advenu, l’octogénaire de l’UDPS n’a pas résisté à mettre la main en poche, pour que le corps soit dument gardé à la morgue du centre hospitalier Saint Joseph dans la même commune.  Pendant ce temps, des curieux s’accumulaient, ceux qui étaient à bord des véhicules faisaient aux aussi les curieux, et d’aucuns ralentissaient carrément pour en avoir le cœur net.

Défaut d’information ou intox ?

Des personnes aimant le sensationnel ont tôt fait de répandre la nouvelle en sens divers, et d’un cran, à la manière d’une traînée de poussière, la panique s’était généralisée. Les réseaux sociaux ne se sont pas priés pour rependre la nouvelle. Pour quiconque connaît la cartographie de Kinshasa, la commune de Limete  est un passage obligé pour les véhicules venant du centre-ville. Comme la mort par fait d’arme survient au lendemain de deux discours historiques respectivement de la Majorité présidentielle, le 29 juillet et de l’opposition trois jours plus tard, l’on comprend que les nerfs, si tendus aient cédé soit à l’intox soit à la panique. En somme, ce qui est arrivé entre le passager agrippé à la moto et l’homme en uniforme, s’inscrit dans l’ordre des épisodes déjà vus à Kinshasa. Mais dans le cas précis d’hier, une frange de la population baignant dans un contexte fait des événements politiques à rebondissements, devient la proie facile des acteurs inavoués de l’intox. Pour leur part, les observateurs exhortent les Congolais, et en particulier ceux de Kinshasa à se surpasser de toute passion, à se regarder dans les yeux en tant qu’acteurs de toute transformation de leur société. Il est normal que des divergences habitent les gens partageant un même espace de vie. Mais dès lors que les uns et les autres sont conscients de leur engagement commun dans le cadre de l’hymne national le «Débout Congolais », « nous bâtirons un pays plus beau qu’avant dans la paix (…) et nous léguons à notre postérité pour toujours », il va sans dire que la démocratie participative doit rapprocher les Congolais plutôt que de les éloigner les uns des autres.

(Payne & Junior Luimbi)

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