Organisation des élections en Rdc: L’ONU exige la publication du calendrier électoral

En marge de la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, les amis de la République démocratique du Congo se sont retrouvés autour du Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de l’intégration régionale, Léonard She Okitundu, afin de plancher sur les préparatifs des élections en Rdc. C’était en présence des représentants de l’Union africaine, de l’Union européenne, de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de la France, des Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, des Etats-Unis d’Amérique, de la Fédération de Russie, de la République populaire de Chine, du Représentant du groupe de contact international (Pays-Bas) et des Nations Unies.

La réunion a insisté sur la nécessité de la publication d’un calendrier électoral et d’un budget, selon l’accord du 31 décembre 2016. Ce qui permettra aux bailleurs de fonds de se mettre en œuvre, eux qui ont convenu de travailler dans une approche coordonnée impliquant les Nations Unies, l’Union africaine, l’Union européenne, l’Organisation internationale de la Francophonie et la Communauté de développement de l’Afrique australe. Ces organisations vont créer une  équipe coordonnée d’experts, afin de faciliter la mobilisation et le soutien politique, technique, financier et logistique nécessaire, conformément à la résolution 2348 (2017), pour aider la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et soutenir les progrès pour la préparation des élections.

Preuve que l’opposition Katumbiste qui s’est invitée à New York n’a pas eu gain de cause, d’autant plus qu’on ne peut pas organiser d’élections sans avoir terminé la révision du fichier électoral. La bonne foi de la Rd Congo, celle de conduire le pays à l’organisation des élections apaisées n’a pas été mise en doute. Il revient alors aux opposants, au lieu de perdre en moyens et en crédibilité à l’étranger,  de retourner dans leur pays d’origine, afin de se préparer aux élections, parce qu’elles auront lieu. 

She Okitundu salue le geste

A l’issue de cette réunion, Léonard She Okitundu qui représentait la Rdc, a expliqué à la presse que la plus grande exigence des partenaires, c’est le calendrier électoral. « Alors, nous les avons rassurés sur la publication du calendrier. La CENI avait elle-même très bien dit que la publication du calendrier est imminente. Mais comme vous le savez, il faut quand même un consensus entre le Gouvernement, le CNSA et la CENI. Mais en même temps le calendrier devra être présenté aux partenaires pour voir dans quelle mesure ils peuvent soutenir la Rdc. Et ce calendrier fera aussi l’objet d’une discussion au sein du conseil de sécurité », dit-il, avant de préciser que d’ici  deux ou trois mois, nous allons entrer dans la dernière ligne droite sur l’organisation des élections en Rdc.

Au sujet de l’éventualité du troisième dialogue, She Okitundu rassure que cette question n’était pas à l’ordre du jour.  Sinon, la discussion s’est focalisée essentiellement sur la manière dont les partenaires peuvent apporter leurs contributions quant à la réussite du processus électoral.  Et ils attendent pour ça, la publication du calendrier. Parce que si le calendrier est publié, la prévisibilité de l’organisation des élections est aujourd’hui claire à partir de ce moment là. Chaque partenaire pourra savoir quelle contribution il peut apporter quant à la réussite de l’opération. 

Maman Sidikou responsabilise la CENI

Pour sa part, le chef de la Monusco, Maman Sidikou estime qu’il était bon que les amis du Congo se retrouvent autour du Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pour parler de la suite, en ce qui concerne les élections. « Nous savons qu’un calendrier électoral doit sortir incessamment  et nous espérons que ce calendrier nous permettra de marcher vers des élections consensuelles pour que ce que nous avons pu obtenir le 31 décembre 2016 ne soit pas perdu », dit-il, avant de souligner qu’il est essentiel que l’esprit de cet accord soit maintenu, que nous allons avoir des élections libres et démocratiques qui supposent une alternance au pays.

Le n°1 de la Monusco  pense que pour aller aux élections, il faut un soutien de la communauté internationale  à la Rdc. Une fois que les Congolais se seront mis d’accord, il faut que nous les accompagnions tous. Moi je suis intervenu personnellement pour dire que la région doit se mettre en avant avec l’UA, que nous fassions ensemble que les Congolais ne perdent pas de vue que leur pays vient de loin. Et que les forces négatives ont un discours très violent et attaquent même les forces armées. C’est pour ça qu’un consensus doit être trouvé, pour qu’on aille aux élections.

Concernant l’organisation des élections avant décembre, Maman Sidikou dit tout simplement qu’ils ont eu ici une réunion avec les partenaires du Congo, nous espérons que les Congolais trouveront une formule consensuelle entre eux. Mais j’ai une résolution qui dit qu’il faut organiser les élections le 31 décembre 2017, quand est-ce que l’enrôlement des électeurs prendra fin et quand est-ce que nous irons aux élections? C’est ici que la CENI a une responsabilité de sortir un calendrier le plus tôt possible. Au sujet du 3ème dialogue, il réagit en disant qu’il revient aux Congolais de décider. C’est qui est certain, il faut un calendrier électoral et aller vers les élections. Si un calendrier sort, il est évident qu’il y aura des discussions pour savoir s’il est consensuel ou pas.

(JMNK)

Ci-dessous le compte-rendu de la réunion :

Réunion sur la République démocratique du Congo en marge de la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies

Résumé du président

  1. Le 19 septembre 2017, les Nations Unies ont convoqué une réunion sur les préparatifs des élections en République démocratique du Congo au siège de l’Organisation des Nations Unies à New York, en marge du débat général de la soixante-douzième session du Assemblée générale des Nations Unies. La réunion a convenu d’une approche coordonnée impliquant les Nations Unies, l’Union africaine, l’Union européenne, l’Organisation internationale de la Francophonie et la Communauté de développement de l’Afrique australe, notamment par la création d’une équipe coordonnée d’experts, afin de faciliter la mobilisation de le soutien politique, technique, financier et logistique nécessaire, conformément à la résolution 2348 (2017), pour aider la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et soutenir les progrès pour la préparation des élections.
  2. La réunion s’est félicitée de l’engagement exprimé par les autorités de la République démocratique du Congo de respecter la Constitution et a souligné la nécessité de renforcer les mesures de renforcement de la confiance pour créer des conditions propices à la poursuite et à la conclusion fructueuse du processus électoral. Les participants ont réaffirmé la centralité de l’accord du 31 décembre 2016 et la nécessité de sa mise en œuvre intégrale pour ouvrir la voie à la tenue rapide d’élections libres, équitables, pacifiques et crédibles en République démocratique du Congo.
  3. La réunion a souligné que la mise en œuvre rapide et complète de l’accord du 31 décembre 2016 est essentielle pour soutenir la légitimité des institutions de transition. À cet égard, les participants ont exhorté les parties prenantes congolaises à redoubler d’efforts pour se préparer à la tenue rapide d’élections présidentielles et législatives gratuites, équitables, pacifiques et crédibles, conformément aux dispositions de l’accord du 31 décembre 2016 et, en parallèle, prendre un renforcement de confiance supplémentaire mesures, conformément à l’accord, afin de créer un environnement propice à la réussite du processus électoral.
  4. La réunion a reconnu les progrès réalisés par la CENI dans l’enregistrement des électeurs, avec l’aide de la MONUSCO et le suivi de l’Organisation internationale de la Francophonie, et a souligné la nécessité d’une publication anticipée d’un calendrier électoral et d’un budget, selon l’accord du 31 décembre 2016. La réunion prend note de l’engagement répété des autorités de la République démocratique du Congo à financer le prochain cycle électoral, malgré les difficultés budgétaires auxquelles le gouvernement fait face. Les participants ont également encouragé les donateurs à financer le fonds multipartenaires pour le Projet d’Appui au Cycle Electoral au Congo (PACEC) pour soutenir le processus électoral dès que ces éléments essentiels seront convenus et formalisés.
  5. En ce qui concerne la situation sécuritaire, la réunion a souligné la nécessité du respect scrupuleux des droits de l’homme et des efforts renouvelés dans la lutte contre l’impunité en République démocratique du Congo, en particulier en raison du meurtre de civils par Etat et non- les acteurs de l’État, tandis que l’ONU a souligné son engagement à travailler de manière constructive avec les autorités congolaises pour relever les défis persistants à cet égard.
  6. Les participants se sont également inquiétés de la crise de la sécurité et de l’humanité en RDC, aggravée par les activités déstabilisatrices des groupes armés étrangers et domestiques, et ont encouragé une coopération régionale renouvelée pour faire face aux cycles récurrents de violence, y compris au moyen du prochain Mécanisme régional de surveillance prévu le 19 octobre à Brazzaville, République du Congo. Ils ont encouragé un soutien international soutenu à l’aide humanitaire en République démocratique du Congo et ont souligné la nécessité d’un soutien global pour atténuer les souffrances des populations et pour fournir des secours aux pays hôtes recevant des réfugiés congolais. La réunion a en outre appelé à un groupe plus diversifié de donateurs, y compris aux États membres issus de régions économiques émergentes, pour fournir une assistance adaptée aux défis à relever.

Participants

  1. Union africaine
  2. République démocratique du Congo
  3. Union européenne
  4. Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC)
  5. Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC)
  6. Conférence internationale pour la région des Grands Lacs
  7. Organisation Internationale de la Francophonie
  8. France
  9. Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord
  10. U.S.A.
  11. Fédération de Russie
  12. République populaire de Chine
  13. Représentant du groupe de contact international (Pays-Bas)
  14. Nations Unies

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