Organisation des élections en 2018: Le pari peut-être réussi

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Une vue de Corneille Nangaa, président de la CENI
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Après la publication du calendrier électoral, le 05 novembre 2017, nombreux sont intéressés de savoir, dans quel environnement économico-financier va s’organiser ces élections, surtout qu’il a été recommandé au Gouvernement de la République d’actualiser le plan de décaissement des fonds pour l’organisation des opérations électorales présidentielle, législative, provinciales, urbaines, municipales et locales ? Et ce, sans oublier que parmi les contraintes présentées par la CENI, figurait en bonne place le respect, par l’Exécutif, du plan de décaissement des fonds, par la mise à la disposition de la CENI des fonds, suivant le planning financier mensuel arrêté à cet effet. La Rdc pourra-t-elle relever ce défi titanesque, au moment où le prix de la tonne de cuivre a dépassé la barre de 7.000 Usd, une première depuis trois ans, portée par les perspectives économiques favorables de l’économie chinoise ?

Pour répondre à toutes ces questions, nous nous proposons d’analyser les éléments de réponse présentés par la Banque centrale du Congo (BCC), qui a tenu une réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) le 07 novembre dernier, et au cours de laquelle elle a constaté, au plan extérieur, que dans ses perspectives économiques mondiales du mois d’octobre 2017, le Fonds monétaire international (FMI) a revu la croissance mondiale à la hausse, la fixant à 3,6% en 2017, soit une hausse de 0,1 point par rapport aux estimations précédentes. Ce raffermissement est consécutif notamment à l’augmentation de l’investissement, des échanges et de la production industrielle.

Toutefois, tempère la BCC, malgré cette reprise, il a été remarqué de niveaux d’inflation inférieure par rapport aux objectifs, dans la plupart des pays avancés dans un contexte de la faiblesse du potentiel de croissance. A ce titre, le FMI a réitéré son appel pour une mise en œuvre des réformes structurelles permettant de solidifier et pérenniser la reprise et faire preuve d’une discipline budgétaire exemplaire.

Cependant, il importe de souligner que la croissance mondiale demeure exposée à des risques de dégradation à moyen terme. Ainsi, il convient d’épingler les incertitudes considérables qui entourent les politiques économiques, l’intensification des conflits et tensions géopolitiques, la persistance de niveaux bas d’inflation et ainsi que la mise en place des mesures protectionnistes.

S’agissant des cours des matières premières, à fin octobre 2017, les cours moyens du cuivre et du cobalt se sont fixés à 6.770,6 Usd la tonne métrique et 66.852,00 Usd la tonne, enregistrant des progressions mensuelles de 2,7% et de 1,4%. Il sied d’indiquer qu’au cours du mois sous analyse, le prix de la tonne de cuivre a dépassé la barre de 7.000, 00 Usd, une première depuis trois ans, porté par les perspectives économiques favorables de l’économie chinoise.

Soulignons que cette embellie ne vient pas d’un coup rassurer quant à la tenue par le Gouvernement de sa promesse, celle de financer les élections. La Rdc devra aussi se pencher du côté des partenaires bi et multilatéraux pour obtenir un financement nécessaire à l’organisation de ces élections. In fine, il se trouve en bonne place cette diversification de l’économie, qui permettrait à l’Etat d’avoir les moyens de sa politique.

Le pessimisme des chefs d’entreprises

Même si au niveau international l’espoir reste permis, disons en ce qui concerne la situation au plan intérieur, que le taux de croissance économique en 2017, sur base des données de réalisation à fin juin 2017, reste estimé à 3,2% contre une réalisation de 2,4% en 2016. En dépit de cette amélioration de l’économie nationale, les chefs d’entreprises demeurent pessimistes quant à l’évolution future de la conjoncture. Ce pessimisme est lié à l’incertitude quant au climat politique de l’heure. Nombreux sont les opérateurs économiques qui hésitent de prendre la décision et voudraient attendre être rassurés, surtout avec l’organisation des élections le 23 décembre 2018, pour prendre le risque. Le sonde global d’opinions s’est établi à -4,6% au mois d’octobre contre +6,1% un mois plus tôt.

Du côté du marché des biens et services, il est demeuré relativement stable bien qu’une légère poussée ait été observée au cours du mois sous analyse. En effet, en rythme hebdomadaire, l’inflation est ressortie en moyenne à 1,02% contre 0,7% au mois de septembre 2017. L’analyse mensuelle de l’inflation indique que celle-ci s’est hissée à 4,1% en octobre contre 2,7% en septembre 2017. En cumul annuel, l’inflation est portée à 43,4% et en glissement annuel, elle s’est située à 52,2% contre un objectif tendanciel de 7,0%. A propos des finances publiques, la situation provisoire indique un excédent mensuel de 12,2 milliards de CDF. Cette situation résulte des recettes de 368,7 milliards de CDF et des dépenses de 356,5 milliards contre des moyennes mensuelles respectives de 334,23 milliards de CDF et 329,5 milliards aux neuf premiers mois. En cumul annuel, la situation financière de l’Etat renseigne un excédent de 51,84 milliards de CDF.

Une relative stabilité du Franc congolais

Sur le marché des changes, il a été noté une relative stabilité du franc congolais sur les deux segments. Au 31 octobre 2017, le cours indicatif s’est situé à 1.574, 64 CDF le dollar américain et le cours parallèle à 1.586, 00 CDF, soit des dépréciations mensuelles de 0,4% et 0,2% respectivement. En moyenne mensuelle, le taux de change s’est situé à 1.571, 13 CDF le dollar à l’interbancaire et 1. 585, 96 CDF au parallèle contre 1.562, 03 et 1.581, 02 CDF respectivement au mois de septembre. EN ce qui concerne les réserves de change, ces dernières ont augmenté de 63,9 millions de Usd. A la fin octobre 2017, les réserves se sont situées à 724, 3 millions de Usd, correspondant à 3, 11 semaines d’importations de biens et services sur ressources propres. Quant au secteur monétaire, la situation renseigne une hausse mensuelle de la base monétaire de 2,2% contre une progression de 3,8% observée au mois de septembre 2017.

Par ailleurs, l’examen des instruments de politique monétaire au mois d’octobre laisse apparaitre que le taux directeur réel demeure négatif à 32, 2 points de pourcentage en raison de la hauteur de l’inflation. Toutefois, cet instrument  a favorisé la ponction additionnelle de la liquidité bancaire via le Bon BCC en raison des anticipations de la stabilité à court terme que se font les agents économiques eu égard à la bonne coordination des politiques macroéconomiques ; l’encours global du Bon BCC s’est établi à 30, 0 milliards de CDF à fin octobre 2017 contre 4,5 milliards le mois précédent, occasionnant une ponction mensuelle de 25, 5 milliards ; la réserve obligatoire a permis de stériliser environ 34, 0 milliards de CDF au cours du mois d’octobre contre 41,0 milliards un mois plus tôt.

Au regard de ce qui  précède, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangé le dispositif actuel de la politique monétaire. Ainsi, le taux directeur demeure à 20, 0%.  Quant aux coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme, ils sont maintenus respectivement à 13, 0% et 12, 0% et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 2, 0% et 0%. Le Bon BCC pourra poursuivre le réglage fin de la liquidité bancaire.

A partir de cette analyse, il est permis de constater que la date peut bien être tenue, mais à condition que chacun en ce qui le concerne fournisse l’effort qu’il faut. Sinon, devant un objectif comme l’organisation des élections, la volonté politique oblige des acteurs politiques de se sacrifier pour donner au peuple une alternance paisible.

(Jean-Marie Nkambua)

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