Opposition : une carrière, une profession ou un état d’esprit ?

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La course à la Primature dans la perspective de remplacer l’actuel Premier ministre Samy Badibanga, alimente la sphère politique de la République Démocratique du Congo. Les ambitions des uns et des autres s’affichent clairement et d’une manière éhontée après la mort du Sphinx de Limete. Depuis le 1er février de l’année en cours, à Bruxelles où il a tiré sa révérence, Etienne Tshisekedi w Mulumba, devient un sujet de marchandage politique devant ceux qui se réclament à tort et à raison ses disciples qui de premières heures, qui de dernières heures.

Des conditionnalités en conditionnalités pour le rapatriement de la dépouille mortelle, de l’insolence au terrorisme politique pour ses obsèques, de surenchère en surenchère pour le lieu de son inhumation, d’exigence en exigence pour son remplacement. Somme toute, derrière la problématique des obsèques d’Etienne Tshisekedi, la conquête effrénée des postes politiques. En toile de fond : la Primature et le Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre, fruit de la CENCO.

Au demeurant, la famille biologique, l’Etat congolais et la famille politique se disputent en quelque sorte le vedettariat politique.

Pas plus tard qu’hier, les Congolais ont été surpris d’entendre, avant l’inhumation de celui que certains qualifient de tous les noms au regard de son passé politique, certains politiques courent dernière son poste lui confié intuitu personae. Il faille être opposant pendant 15 ans. Un certificat politique de carrière d’opposant en voie d’être décerné.

C’est ici que les analystes et observateurs de la scène politique s’interrogent sur le concept « Opposition ». Est-ce une carrière ? Est-ce une profession ? Est-ce un état d’esprit ?

En République Démocratique du Congo, être opposant signifie avoir l’injure facile contre le pouvoir en place ; débiter des incohérences sur la marche du pays ; se référer à la communauté internationale dans le but de museler son propre pays, trahir son propre pays en pactisant avec des rébellions. Et après, avoir le slogan « Le peuple a dit ». Et pour être identifié opposant en République Démocratique du Congo, il faut avoir fait plusieurs fois la prison. Cette dernière, dans la vieille démocratie, salit l’image, entache le casier judiciaire. Par surcroit, l’acteur politique ainsi indexé ne peut briguer de mandat électif pendant au moins 10 ans.

Sous d’autres cieux, l’opposition est un état d’esprit. Pas une carrière, ni moins une profession. Si on en fait une carrière et une profession, le bilan ne peut être que négatif. Parce que le but de la politique est de conquérir le pouvoir, l’exercer et le conserver le plus longtemps possible.

Se réclamer opposant pendant 15 ans, sous-entend, un parcours politique parsemé d’échecs.

Or, au sein de l’opposition congolaise, la guerre de succession d’un homme qui n’a pas encore été mis en terre dont les 40 jours n’ont pas encore été commémorés conformément à la tradition africaine, ses pseudos-disciples se disputent le fauteuil que visiblement et officiellement Etienne Tshisekedi n’avait pas encore occupé. Car, être désigné, être notifié est une chose ; être investi en est une autre, parce que, la loi organique devant organiser cette institution d’appui à la démocratie n’a été ni rédigée ni examinée, moins encore adoptée et votée à l’Assemblée nationale, ni examinée en des termes divergents entre la chambre basse et la chambre haute, afin d’être soumise à la promulgation par l’Ordonnance présidentielle.

Sous d’autres cieux, ce cas devrait faire l’objet d’enquête minutieuse, savoir le pourquoi de la précipitation de son remplacement et du marchandage politique.

La CENCO qui avait la charge n’a pas joué franc-jeu à ce sujet. Aménager le bureau du Président du Conseil National de Suivi de l’Accord en amont, sans le soubassement juridique en aval, est une faute lourde. Cette précipitation nous amène à plusieurs interrogations. Qu’à cela ne tienne !

Du référendum

Son remplacement a ouvert la porte d’expérience politique dans l’opposition. 15 ans d’expérience fulminent les uns, n’est pas un critère objectif. Personne n’a fait 15 ans d’opposition. Beaucoup ont été aux affaires pendant le 1+4 ; certains pendant la première législature, d’autres pendant la seconde législature et enfin d’autres ont trahi leur propre pays pour s’être ralliés dans des rébellions. Somme toute, les 15 ans sont loin d’être une réalité.

La crainte du peuple c’est que l’homme politique congolais ne s’occupe que de son être sous la couverture du « Peuple d’abord », «le peuple a dit ». Le peuple a dit à quel moment ? Et où ? La seule voie d’expression politique est le « Référendum », et ceux qui se réclament démocrates ne peuvent qu’adhérer au schéma référendaire pour justifier leur encrage populaire. Le reste, c’est la distraction politique et un passe-temps inutile. D’où, nous affirmons qu’il s’agit de l’expression des militants des partis respectifs. Et non prendre le peuple dans son ensemble. Ainsi, cesser de mentir et de parler au nom du peuple. Tous les partis politiques ont le peuple avec eux, puisque leurs statuts l’attestent.

Aucun parti politique en ce moment ne peut se réclamer la voix autorisée populaire. D’où, l’appel à mettre un peu d’eau dans le vin, ne pas s’enivrer de la politique derrière des concepts creux, vides de sens et incohérents, profitant du cadavre d’Etienne Tshisekedi pour se réclamer son disciple, ou fils politique. On sait qui avait dit quoi contre Etienne Tshisekedi lorsqu’ils étaient au pouvoir. Cessez la politisation de ses obsèques ! Tous ceux qui sont dans l’opposition actuellement, en tout cas, la majeure partie, ont été gestionnaires des ministères ; des entreprises publiques ; d’autres par ailleurs discrédités à la faveur de la bancarisation pour s’être compromis en tant qu’agent payeur, n’ont pas la main saine de gestionnaire des affaires de l’Etat, moins encore lorsqu’ils ont été aux affaires « Le peuple a été complétement abusé lorsqu’on se trouve au pouvoir. Une fois débouté pour mégestion, le peuple devient une référence et un escalier pour accéder au pouvoir ».

La politique est un art d’excellence, et non une faculté des médiocres. Un conseil aux acteurs politiques : taisez vos marchandages politiques, enterrez Etienne Tshisekedi dignement. Le reste, on verra qui représente quoi dans ce pays ! Quel est son poids politique ! Beaucoup se sont servis de l’aura de cet homme pour se faire élire, tandis que politiquement et idéologiquement, c’est le fossé !

Pius Romain Rolland

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