« Opposition contre Majorité » Un phénomène qui contraint des ménages kinois à disposer de plus d’un téléviseur

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« Entre caprices et nécessité, il y a dépenses », dit-on. Cet adage populaire se justifie dans le vécu quotidien de maints ménages kinois. C’est que le père doit dépenser davantage, pour satisfaire des caprices qui germent dans son ménage. En effet, le phénomène « Opposition contre Majorité » est une terminologie actualisée qui explique une situation qui fait date : c’est la « guerre de télécommande au salon ». Cela est considéré comme l’émanation d’un contexte marqué par une pluralité de chaînes de télévision. Car la gamme de programmes ouvre le champ à une diversité de choix. C’est alors qu’en parlant d’«Opposition contre Majorité », l’on voit le père souvent esseulé, face à un bloc constitué de la mère et sa suite (les filles notamment). Au salon, le programme qui intéresse le père, de retour de ses activités journalières, c’est généralement le journal télévisé (les actualités). Dans  le même ordre d’idée, les Congolais sont friands des émissions (débats politiques télévisés). Dans leurs préférences, en effet, mères et filles (adolescentes comprises) sont à cheval entre les séries latino-américaines et les films nigérians. Les garçons partageant le toit avec leurs sœurs, s’éloignent de celles-ci par leurs préférences en cette matière. Point n’est besoin de rappeler que le « bouquet sport », chez le distributeur de programmes télévisés, intéresse bien les jeunes. Surtout que les compétitions et les championnats sont exploités dans le cadre du jeu de hasard, communément appelé « pari foot ». Cela permet au gagnant de tirer un gain en termes de cagnotte, s’il a pu aligner correctement ses indices de victoire, de nul, de butteurs…

Deux téléviseurs dans un ménage : quand caprice et nécessité se repoussent               

« A l’impossible, nul n’est tenu », renseigne un adage. Ceci entrainant cela, le père ne voulant pas se mettre à dos ses filles, quelquefois aussi leur mère, recourt à une solution qui lui semble simple, se retirer. Il accepte donc « sportivement »  d’être esseulé, et envisage d’acheter un « petit téléviseur par nécessité ».

Pour leur part, les garçons s’ennuient fréquemment de suivre le match en étant feutrés dans les fauteuils au salon. Aussi ne se font-ils pas prier pour rejoindre un attroupement constitué, à cet effet, au coin de la rue ou dans un bar de plein air. Car après les matches à forte audience, les discussions qui s’en suivent font partie intégrante de la dynamique sociale. D’où, l’affirmation populaire selon laquelle l’ambiance dans le football, c’est avant, pendant et après le match.

Il y a peu, à Kinshasa, le catch américain constituait un programme attrayant. Mais les chaînes disposées à fidéliser les téléspectateurs au niveau local semblent se noyer dans la ferveur « transcontinentale » des compétitions du football international.

A Kinshasa, le phénomène « Opposition contre Majorité » est vécu également dans le cadre de la foi chrétienne. Dans un même foyer, le père est d’un côté, la mère et les filles de l’autre.

La télévision a eu ceci de particulier qu’elle a réduit sensiblement le dialogue entre les membres de la famille, installés autour de cet appareil allumé au salon. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, en joignant des écouteurs extérieurs au téléphone androïde, ont érigé également un mur d’esseulement. De plus en plus donc, l’individu tend à se réduire à un « illustre » anonyme dans un étang humain, où les goûts et les besoins divisent plus qu’ils n’unissent.

(Payne)

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