Opinion: Le sport est un phénomène de société

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Il est un fait indéniable qu’il est omniprésent dans l’éducation et pourquoi pas dans les loisirs, aussi bien pour des catégories d’âge de plus en plus nombreuses. Diffusé dans tous les groupes  sociaux, le sport se présente à l’heure actuelle comme un véritable phénomène de société ; universel, il devient de plus en plus complexe.

Cependant, le sport comme élément important de société, au même titre que l’éducation, est encore mal connu. Il a souvent été considéré  comme une activité juste capable de canaliser les énergies d’adolescents turbulents et peu compatible avec de solides études, comme un moyen aussi d’endormir les foules et de satisfaire aux besoins de rêve, ou, pis, comme un retour à la barbarie. Trop souvent, on condamne le sport sans qu’on l’ait vraiment étudié.

C’est dans cette optique que notre journal a procédé à des fouilles portant sur une réflexion sur l’histoire du sport et ses définitions qu’il livre à ses nombreux lecteurs

Quid de l’historique du sport ?

L’histoire du sport peut être divisée ou scindée en deux grandes catégories : la première regroupe les démarches qui insistent sur la continuité d’un phénomène dont les origines seraient aussi anciennes que celles de la culture ; la seconde rassemble au contraire les analyses qui soulignent la relative nouveauté du phénomène, et qui situent sa naissance au début du 19è siècle, en Grande-Bretagne, dans le contexte du développement des sociétés industrielles.

De l’universalité des jeux

Pour les chercheurs, il est difficile de ne pas évoquer en matière de sport, comme pour la philosophie ou les sciences, son origine grecque. Ainsi, l’Iliade témoigne d’affrontements entre guerriers, en particulier lors des cérémonies funéraires, dont le vainqueur remportait un prix et gagnait le prestige : pour les jeux organisés par Achille après la mort de Patrocle, l’élite des guerriers s’affrontent pour des ‘’chaudrons, trépieds, chevaux, mulets, robustes bœufs, femmes aux beaux atours, et fer de teinte grise’’ (l’Iliade 23). Les épreuves sont essentiellement guerrières : courses de chars, pugilats, combats en armes, lancer de disque, tir à l’arc, lancer de javelot et courses à pied. Ces premières compétitions présentent déjà des particularités originales : les résultats sont parfois corrigés par l’organisateur pour rétablir la hiérarchie du rang et de l’âge, et la violence des affrontements n’est que faiblement régulée.

L’étude des fêtes caractéristiques de la civilisation grecque, et en particulier celle des jeux olympiques (de 776 av. J.C à 394 après J.C), permet de souligner les ressemblances avec les compétitions sportives que nous connaissons actuellement, et aussi tout ce qui peut les en distinguer. Ainsi, il existait déjà une codification des épreuves, des juges étaient présents, les enjeux importants, et le public montrait autant de passion à suivre les épreuves. En revanche, les femmes étaient exclues, ainsi que tous ceux qui n’étaient ni grecs, ni libres, ni citoyens, et la violence était peu contrôlée lors des épreuves, par ailleurs, les cérémonies qui les accompagnaient avaient un sens profondément religieux (Olympie était d’abord un sanctuaire dédié à Zeus).

Si dans leur majorité les historiens du sport insistent sur les différences, quelques-uns proposent une vision du phénomène sportif actuel dans la continuité de l’athlétisme grec. C’est le cas de Bernard Jeu, pour qui le sport se définit par la puissance des émotions qu’il procure, par les formes de sociabilité qu’il développe comme ‘’du tribal dans l’industriel’’ et comme le lieu de la présence d’un imaginaire archaïque dans les sociétés d’aujourd’hui. Ainsi, la signification de l’attrait exercé par la compétition sportive sur les pratiquants et les spectateurs tient à ce qu’il s’agit d’une mise en scène des rapports de l’homme et de la mort : le vainqueur gagne la vie, le vaincu meurt. Mais le combat se déroule dans le domaine du symbolique, et le vaincu se relève pour s’entrainer à nouveau et mériter sa revanche.

Dans cette perspective, la portée culturelle du sport, qu’il soit antique ou moderne, est considérable. Il fonde, en effet, la culture dans ses manifestations les plus nobles, fournissant, pour reprendre une autre expression de jeu, ‘’le lieu, le milieu, et le modèle pour philosopher’’. Les grecs, en effet, philosophaient dans les gymnases, où se rassemblaient l’élite de la jeunesse et les maîtres, et ont pu trouver dans le combat sportif le modèle de la dialectique, où le progrès résulte de l’opposition.

Quelques définitions du sport

Les définitions du sport sont aussi nombreuses que les attitudes qu’il suscite, et aussi variées que les points de vue adoptés par ceux qui l’étudient. Ses détracteurs y voient  une énergie dépensée sans véritable profit pour la société. Ses défenseurs le tiennent au contraire pour une nouvelle chevalerie, une formation à l’action généreuse et altruiste, par les risques mêmes qu’il comporte.

Si l’on se tourne vers les domaines scientifiques, chacun l’envisage du point de vue de sa discipline : le physiologiste en parle en termes de coût énergétique et d’accoutumance à l’effort, le neurobiologiste en termes de coordination et de traitement de l’information par le système nerveux, le psychologue l’envisage sous l’angle du développement de certains traits de caractère ou de personnalité. Le sociologue y voit avant tout un fait de culture, caractéristique des sociétés industrielles et technologiques. Et les historiens ne sont pas les derniers à souligner la complexité de sa genèse. Face à cette diversité des attitudes, retenons la définition de Pierre Parlebas, qui propose d’appeler ‘’sports’’ les activités caractérisées par trois traits principaux : la pertinence motrice, la codification compétitive et l’institutionnalisation.

(Antoine Bolia)

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