Omer Egwake soutient l’UE « pour une architecture durable en RDC »

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Un colloque international à Kinshasa

Omer Egwake soutient l’UE  « pour une architecture durable en RDC »

La délégation de l’Union européenne en Rd Congo, en collaboration avec la Société des architectes du Congo (SAC) et le Programme doctoral ARES, organise un colloque international sous le thème : « Pour une architecture durable en RDC ». Ce, du 9 au 10 juin 2016, à l’Hôtel Memling, à Kinshasa. Lors de la cérémonie d’ouverture, devant  plusieurs personnalités qui y prennent  part, l’  l’ambassadeur J.M Dumond, Chef de Délégation de l’UE en Rdc  a circonscrit le cadre. Et  la Déléguée Wallonie Bruxelles Kathryn Brahy a salué dans son mot de circonstance l’importance à attacher à ce colloque. C’était en présence du ministre congolais de l’Aménagement du territoire, Urbanisme et Habitat Egwake Yangembe Omer.

Argumentaire

Dans la plupart des provinces de la Rdc, les constructions d’habitations se font d’une façon
traditionnelle. À Kinshasa, une ville chère et largement soutenue par une sorte d’économie parallèle qui connait des flux financiers importants des secteurs des ressources naturelles, un véritable « boom » de construction se passe actuellement.

Celui-ci se reflète dans les infrastructures de base avec la rénovation du réseau routier,  la construction de nouveaux bâtiments modernes à 6 étages ou plus, souvent destinés à héberger hôtels, centres commerciaux, bâtiments administratifs ou encore des habitations de luxe. Le secteur de la construction est celui qui apporte actuellement le plus à la croissance économique.

Les troubles du pays ainsi que les solutions extérieures apportées, souvent insuffisantes, se reflètent aussi dans les styles et techniques architecturaux du pays. Une architecture traditionnelle précoloniale continue d’exister aujourd’hui, mais elle, et notamment ses techniques, ne restent que peu valorisées et aucune recherche ne semble réussir à la moderniser. Une évolution qui pourrait rendre ces techniques traditionnelles plus en phase avec les besoins d’une société de plus en plus moderne n’a donc pas eu lieu.

Or, dans les régions urbanisées, ces pratiques ancestrales, dont certaines spécificités demeurent mises en œuvre dans l’urbanisation informelle, ont été et sont étouffées par une architecture coloniale prédominante à laquelle a succédé une architecture sans caractère ; des pratiques de construction utilisant presqu’entièrement des matières importées dont le ciment, les briques et les tôles, pour des habitations simples ;  mais aussi une architecture plus récente dite «moderne » qui reprend majoritairement des styles de nouvelles constructions dans les pays du Golfe et en Asie dites ‘’glass and steel’’.

À part la technique ancestrale, l’architecture coloniale était peut-être la plus adaptée au climat du pays car elle combinait des innovations dans la construction des habitations eu égard aux incontournables  réalités surplace : absence d’électricité, particularités climatiques et utilisations des matériaux locaux.

Objectifs du colloque

Le concept d’architecture durable est actualisé et socialisé en RDC. Les plans de nouveaux projets de bâtiments sont potentiellement améliorés par rapport à la prise en compte du climat local et du
changement climatique, de la capacité de production locale, des matériaux de construction locaux, des pratiques ou techniques ancestrales précoloniales, des aspects environnementaux comme l’efficience énergétique, l’utilisation de matières biodégradables, la réduction d’émissions CO², la réduction de matières importées, la minimisation du coût d’entretien, l’utilisation de l’art local pour la décoration ainsi que d’autres aspects sociaux-culturels de la communauté à prendre en compte dans la conception des bâtiments et ainsi augmenter la durabilité des constructions.

C’est ainsi que ce colloque vise de former le public cible par un échange concret RDC – Europe sur les thèmes d’architecture durable, sensibiliser le concerné au travers de l’organisation d’un séminaire sur le bâtiment dont la participation est élargie aux preneurs de décision (ministres, parlementaires, administrations), partenaires techniques et financiers(PFT), journalistes en plus des architectes et ingénieurs ; enfin, c’est ici le lieu d’étudier les manières d’inclure les concepts étudiés dans le cas pratiques d’infrastructures de santé en RDC.

Sortir de l’auberge

Une recherche autonome et le développement de solutions pour une architecture “congolaise” n’a
quasiment pas lieu. Le gouvernement congolais a récemment pris clairement conscience de cette situation et de l’urgence de tenter d’y apporter une solution en raison notamment du boom de la construction évoqué.

C’est dans ce contexte que certaines coopérations sont actuellement en cours. En particulier, au travers de financements de l’Académie de Recherche et d’enseignement supérieurs (ARES), dévolus aux  politiques de coopération, un premier projet associant la Faculté d’Architecture « La Cambre-Horta de l’ULB (Université Libre de Bruxelles), la faculté d’architecture de l’ULg (Université de Liège) et divers acteurs du secteur architecture en RDC : ISAU, INBTP et Université Kongo à Mbanza-
Ngungu.

Les déplacements d’enseignants et de chercheurs européens dans le cadre de ces projets sont
également l’occasion de renforcer les dispositifs de formation continuée des professionnels de la
construction avec la Société des Architectes du Congo (SAC).

Même si c’est à ce niveau que se situent les collaborations les plus formalisées avec les institutions
d’enseignement, ces collaborations ne se limitent pas à ces partenaires belges. Ainsi, l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble a aussi collaboré avec la RDC au travers du
Centre international de la construction en terre (CRAterre).

Au-delà des institutions qui ont en charge la formation en architecture, principalement
l’Institut Supérieur d’Architecture et Urbanisme (ISAU), le Département construction de la faculté
polytechnique de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), et l’Institut National des bâtiments et travaux
publics (INBTP), il existe aussi un certain nombre d’autres institutions intéressées aux thèmes à traiter dont le Ministère de l’Habitat et Aménagement du Territoire et probablement les facultés de
l’environnement (UNIKIN, UPN, … ), le Bureau d’Études d’Aménagement et d’Urbanisme (BEAU), la
Société des Architectes Congolais, l’Organisme congolais de contrôle (OCC), la commission
correspondante du Parlement, la presse …

Considérations indiscutables

Tous les bailleurs de fonds, Partenaires techniques et financiers présents en RDC sont actifs dans les constructions et réhabilitations de bâtiments à Kinshasa et dans les provinces. Néanmoins,
l’importance d’un renforcement de capacités de la production d’études architecturales, alors
reconnues, n’a jusque-là pas encore produits des activités spécifiques. Par rapport aux
constructions et réhabilitations, les partenaires techniques et financiers (PTFs) ne sont pas coordonnés et il paraît qu’entre bureaux d’architectes, la mise en réseau qui leur permettrait de s’améliorer techniquement n’en soit encore qu’à ses premiers pas.

Chaque amélioration technique du savoir-faire des bureaux d’architectes locaux aura donc un impact direct sur les nombreuses activités de construction non seulement des PTFs qui se servent de ces bureaux, mais aussi sur les constructions publiques autofinancées par l’État congolais et sur les
constructions privées.

Il sera important pour ce séminaire d’épuiser toute synergie possible avec des programmes en cours
notamment environnementaux, assainissement urbain, aide au commerce et développement de la
production locale, de programmes infrastructures et d’éducation et agricoles de l’Union européenne, mais aussi d’autres PTFs du Congo.

Une facilitation de la mise en réseau, d’un transfert de savoir-faire, d’une sensibilisation et du travail
conjoint entre donneurs d’idées extérieurs et des bureaux d’architectes nationaux apportera non
seulement des études architecturales plus innovatrices et mieux adaptées au contexte local mais une meilleure qualité générale des œuvres et de l’environnement urbain et rural. Aussi les investisseurs privés et publics reconnaitront “une nouvelle tendance d’une architecture durable et  innovatrice non standard qui prend en compte les facteurs sociaux et environnementaux autour du projet”.

L’UE a identifié que le renforcement du caractère durable dans la conception des bâtiments qu’elle finance avec les Fonds Européens de Développement (FED), tout particulièrement celles des infrastructures de santé, d’administration de justice, universitaires, etc. , apportera une
amélioration substantielle aux produits de sa coopération en République Démocratique du Congo.

Le ministre Egwake a salué l’initiative à laquelle il apporte tout son soutien. Très intéressé, il dit attendre de ces assises des actes en vue d‘une réforme visant  l’émergence d’une architecture écologique, durable et socialisée en Rdc.

Les  rideaux vont donc tomber ce soir sur ledit colloque, et ce ne sont pas des résolutions pour une architecture durable en Rdc qui manqueront.

(Emmanuel Badibanga)

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