Obsèques de Tshisekedi : Retour sur une semaine anormalement longue

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Tout comme la semaine antérieure, le décès d’ Étienne Tshisekedi s’ est indéniablement  imposé comme fait marquant de la semaine finissante. Entre l’ hypothétique rapatriement du corps à Kinshasa et l’éventualité d’ une inhumation provisoire en terre  Bruxelloise , www.groupelavenir.org revient spécialement pour vous sur ces actualités obituaires qui ont rythmé votre semaine.

Viendra,  viendra pas…?

Décédé à Bruxelles le mercredi, 01 février 2017, la mort d’Étienne Tshisekedi avait glacé les enthousiasmes de ses sympathisants qui attendaient voir leur leader charismatique occuper ses fonctions de président du conseil national de suivi de l’ accord, tel que voulu par les négociateurs du centre interdiocésain. Après des hommages rendus au président de l’ udps au palais des expositions  d’ Heysel à Bruxelles le dimanche 05 février, c’ était enfin  le tour de Kinshasa de pleurer son sphinx.

La longue semaine commence par cette tripartite à la vice-primature de l’ intérieur et sécurité. Au terme des discussions, un compromis se dégage. Gouvernement, famille biologique et Udps décident d’ organiser des obsèques honorables pour honorer la lutte de l’ ancien premier ministre. C’ est d’ ailleurs en cette qualité qu’ il sera décidé que son corps soit exposé au palais du peuple pour des funérailles nationales entièrement à la charge du trésor public. Un comité d’ organisation est d’ ailleurs mis en place, il est piloté par Emmanuel Ramazani Shadari, le numéro 2 du gouvernement. La tripartite décide de dépêcher dans un bref délai une délégation mixte à Bruxelles pour organiser et rapatrier la dépouille de Tshisekedi Tshia Matamba, surnom familial de l’ opposant décédé à 84 ans de suite d’ une embolie pulmonaire. Une date est même annoncée, le corps devrait être à Kinshasa en fin de semaine.

Vite, le parti se rétro-pédale. L’ arrivée du corps est désormais subordonnée à la désignation du premier ministre. Mais ce n’ est pas tout, entre autres préalables, il y a eu aussi l’ érection d’ un mausolée en mémoire du défunt. L’ udps multiple les préalables en préalables. Le parti  refuse au gouvernement Badibanga d’ organiser les funérailles de son président national. D’ aucuns y voient une manipulation de Moise Katumbi. Vive le bras de fer.

Dialogue des sourds…

L’ expression a bien sa place dans ce qu’ il convient désormais d’ être qualifié de marchandage. Dialogue des sourds entre le parti et le gouvernement, ce dernier qui refuse toute récupération politicienne . C’ est dans ces conditions qu’ un office religieux sera organisé dans l’ immense cathédrale  de Koekelberg  de Bruxelles. La messe est officiée par l’ évêque de Kananga, Marcel Madila dans une basilique qui a refusé du monde.  Près de 3.000 personnes auraient participé à la célébration eucharistique selon les estimations. Occasion faisant le larron, l’ opposant Katumbi annonce qu’ il accompagnera la dépouille de Tshisekedi, mais quand ? Gros mystère…

En attendant, l’ ancien gouverneur est vite recadré par le chef de la diplomatie congolaise. Reçu par son collègue belge, Didier Reynders, Léonard She Okitundu rappelle à l’ ancien gouverneur que son cas prévu dans l’ accord de la saint sylvestre n’ a pas encore été réglé  par la commission mise en place après les discussions. Comme pour dire, s’ il revient au pays, il sera arrêté  illico parce que condamné en 2016 à trois de prison ferme dans une affaire qui l’ oppose au sujet grec Alexendros Stoupis.

Vers un enterrement provisoire à Bruxelles ?

La question tenaille les esprits avisés. Entre confusion et polémiques, l’ udps préfère s’ engager dans un bras de fer qui jette de l’ opprobre sur la gestion des funérailles de son leader. 11 jours après, le flou persiste toujours. Après la messe de requiem, le corps de Ya Tshitshi aurait été remis au froid. Plusieurs analystes estiment que nous tendons vers une inhumation provisoire d’ Etienne Tshisekedi en terre belge, le temps qu’ un compromis soit trouvé entre parti et autorités gouvernementales. Le parti et la famille qui seront en conférence de presse ce lundi. Vont-ils confirmer ce que d’ aucuns redoutent ou annoncer finalement une date pour le rapatriement du corps ? Dieu seul sait ce que nous réservent Félix et Gérard Mulumba.

Le rassop à la recherche de son nouveau leader

Tshisekedi encore au froid, la plateforme qu’ il a créée début juin  2016 à Bruxelles est déjà à la recherche de son successeur. Qui pour remplacer le vieil opposant et présider à la destinée de la méga plateforme de l’ oposition ? Quelques candidats se bousculent mais Kyungu part favori en fonction de son âge avancé. Stratège, le rassemblement qui tient à Katumbi peut aussi créer la surprise en désignant l’ ancien gouverneur comme son nouveau chef. D’ après l’ accord du 31 décembre, le président du comité des sages de la plateforme sera le président du C NSA. La Cenco l’ a rappelé cette semaine dans une interview. « Une close taillée sur mesure », a-t-on appris  des sources de la MP. Le poste avait été cédé à Tshisekedi comme  récompense à son combat et son poids politique. Se dirige-t-on vers un autre bras de fer ? Peut-être…

Reprise des discussions à la Cenco

C’ est dans ce contexte de méfiance qu’ ont repris vendredi,  les discussions sur les arrangements particuliers pour la mise en application de l’ accord de la saint sylvestre. Discussions informelles entre négociateurs qui cherchent à trouver un compromis sur les quelques détails divisent  encore. Il y a entre autres, l’ épineuse question du mode de désignation du premier ministre, les ministères de souveraineté, la nomenclature d’ autres ministères mais aussi et surtout, le rôle de la cenco pendant cette période d’ extension. Les négociations formelles reprendont probablement après les obsèques.  Il est indéniablement vrai que la question du successeur de Tshisekedi au Cnsa devrait aussi être évoqué.

Jean Pierre Kayembe.

 

 

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