Nshole: « Les évêques ont décidé de mettre fin à leur mission aujourd’hui »

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Dans une interview accordée à ACTUALITE.CD, l’Abbé évoque le problème à l’origine du blocage persistant et révèle que les Évêques ont décidé, si leur proposition n’est pas acceptée, de remettre leurs toges de pasteurs

À quelques petites heures de la clôture des discussions telle que vous l’avez réclamé, où en sommes-nous? Quel est le point de la situation ?

Je dirais que le gros du travail a été fait. Jusqu’à la dernière plénière, il restait encore deux points de divergence. Mais les évêques ont décidé de mettre fin à leur mission aujourd’hui si jamais leurs propositions ne sont pas prises en compte. Il y a le point sur le mode de désignation du premier ministre. Pour le Rassemblement, c’est une personne qui doit être présentée et le président de la république doit nommer. Pour la majorité, on donne une liste de 3 personnes et le président devrait nommer. On est resté là pendant des semaines et des mois. Alors, la médiation fait une proposition au-delà de la confrontation 1 contre 3. La médiation propose ceci : « le premier ministre est nommé par le président de la république au terme des consultations avec le rassemblement ». Une formule qui arrondit les angles, une formule qui permet de tout faire pourvu qu’on ait un premier ministre nommé par le président, mais présenté par le Rassemblement. C’est la proposition! Vous allez savoir qui va accepter et qui va refuser.

Deuxième point de blocage, la présidente du CNSA. Pour le Rassemblement, la lettre de l’accord est claire : « celui que le Rassemblement choisit comme président du conseil des sages ferait automatiquement président du conseil de suivi de l’accord ». La majorité et les autres composantes disent « non! Par rapport à l’esprit, c’était la personne de Tshisekedi qui comptait pour ce poste là. Maintenant que Tshisekedi n’est pas là,  ça devient un poste disponible qui peut être occupé par tout le monde pourvu qu’il y ait consensus ». Deux points de vue diamétralement opposés. La médiation propose qu’on tienne compte de la lettre de l’accord mais aussi de l’esprit. Par rapport à la lettre de l’accord, c’est le Président du conseil des sages qui est président du Conseil National de suivi. Par rapport à l’esprit, comme on dit les autres, ce n’est pas automatiquement. La personne doit faire l’objet d’un consensus. Qu’est-ce que la médiation peut faire de plus sinon proposer une voie qui peut mettre ensemble? Si les uns et les autres, pour des raisons d’orgueil personnel, préfèrent sacrifier le pays, exposer le pays qui est déjà au bord de l’implosion économique, les évêques ont la parole. ils n’ont pas de fouet, ils n’ont pas les armes. Voilà la triste réalité. Je crois qu’ils vont écouter la voix de la raison. Ils doivent finalement penser à leurs parents qui sont victimes de cette situation politique dans la mesure où ça affecte terriblement l’économie. Il faut manquer de cœur pour ne pas tenir compte de cela.

Vous allez mettre fin à votre mission de bons offices si ça ne marche pas et c’est le cas le plus probable. Quelle sera la suite si vous laissez tout et vous partez?

Je crois que vous connaissez les évêques du Congo. Ils n’ont pas commencé à s’intéresser et à prendre position sur la situation du Congo à partir des bons offices. Avant les bons offices, il y a leur mission prophétique. Comme Pasteurs, ils ne vont jamais se taire pour la cause de la RDC. Ils ne vont jamais laisser faire n’importe quoi dans la mesure de leurs possibilités. Donc, pour répondre brièvement à votre question, finie la mission de bons offices, mais les évêques reportent leurs toges de la mission prophétique. Le prophète est celui qui dénonce, le prophète et celui qui annonce, mais encore que le prophète doit être celui qui est écouté par les brebis, la population dont vous êtes.

La position du Rassemblement d’appeler la population dans la rue pour revendiquer l’application de l’accord au cas où l’arrangement particulier n’est pas signé ce soir. Cela sera la conséquence de l’échec de la mission de bons offices?

Je crois que vous êtes journaliste et vous êtes là pour aussi éclairer l’opinion. Je crois que le peuple Congolais a été témoin des sacrifices consentis par les évêques pour pouvoir amener les acteurs politiques à se retrouver autour d’une table pour trouver les solution à la crise électorale. Des gens qui autrefois ne pouvaient même pas se regarder autour d’une table. Les Évêques voulaient un dialogue inclusif, ils l’ont eu. Ça, ce n’est pas un échec! Comme j’ai dit, les évêques ont la parole ils n’ont pas de fouet, ils n’ont pas d’armes. Donc leur mission comme hommes a aussi une limite. Est-ce que c’est un échec ça? Je ne crois pas. Je crois qu’il faudrait plutôt être correct en identifiant les responsables.

(Interview réalisée par Pascal  Mulegwa/Cp)

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