Note d’histoire: Orchestre Zaïko Langa Langa

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Les douleurs de l’enfantement

Le 24 décembre 1969 juste la veille de la Nativité, l’orchestre « Belguide » dont tous les musiciens venaient d’être révoqués pour indiscipline à l’exception du guitariste Pépé Felly Manuaka Waku est reformulé et change d’appellation pour devenir « Zaïko Langa Langa ». Du coup, pour la bonne marche des affaires, le courageux et stratège DV Moanda a été désigné comme le chargé de l’organisation du nouvel orchestre.

Comme le groupe « Thu Zahina » avait une coloration des enfants des évolués de la commune de Kalina, Zaïko pour son positionnement était soutenu par des jeunes très enthousiastes qui avaient à l’unisson décidé de porter au loin le son de cette formation musicale. Dans la mêlée on retiendra par exemple pour le soutien Léon Lemba Lemba, Tarou Makoso, Ignace Ndebo, Zikonde Dinzeyi, Milton Roberto, Jean Mvuanza, William Canon, Achellon Munga, les Rodall, les enfants Bumba, Pamuke Ngita, etc… C’était le groupe des premiers supporters de Zaïko.

Et cette nouvelle formation était constituée de Pépé Felly Manuaku Waku (guitariste soliste), Enoch Zamwangana et Teddy Sukami (guitaristes rythmiques) et Bapius (bassiste). Au chant il y avait Jules Presley Shungu « Papa Wemba », Jossart Nyoka Longo M’Vula, Siméon Mavuela Somo, Dieudonné Otis (chanteur jerk), Baudouin Mitsho, Tunisien, Evoloko Atshuamo, Pierre Nkumu, Delez et Mbuta Machakado (chanteur pop), à la percussion on a retrouvé André Bimi Ombale (plus tard, il est devenu un chanteur émérite).

Aussitôt Zaïko mis en branle, Evoloko s’est révélé comme étant un vrai meneur d’hommes, un leader dont l’absence se fait vite remarquer aux concerts. Il est un transfuge de l’orchestre « Les Maps » de l’Athénée de Kalina (actuel Institut de la Gombe » où il avait évolué aux côtés du fondateur Flory Muibu, Gina Efonge, « Djenga K » Espérant Kisangani, William Engobe et Pacqui Lutula.

Du nom Zaïko Langa Langa

De l’histoire, on retiendra que Zaïko signifie « Nzadi Kongo » ou « Nzadi ya ba Nkoko »- nzadi signifie Fleuve- et que c’est sur proposition du belgicain Delo Marcellin et d’Henry Mongombe que cela a été raccourci à « Zaïko », nom auquel le chanteur Shungu Wembadio a ajouté le suffixe « Langa Langa » pour en faire « Zaïko Langa Langa ».

La première séance de répétition de Zaïko Langa Langa a eu lieu le 29 décembre 1969 chez la famille Mangaya sur l’avenue Popokabaka dans la commune de Dendale « actuelle commune de Kasa Vubu). C’est là aussi où se sont poursuivies les autres séances de l’orientation de cette formation musicale qui avait comme président tonton Kileba qui se retrouve aussi dans le Conseil des fondateurs avec André Bita, Henri Mongombe, DV Moanda et Delo Marcellin.

De l’implosion de Zaïko Langa Langa en 1974

L’histoire renseigne qu’en 1974, précisément le 4 décembre, l’orchestre Zaïko Langa Langa avait connu le premier départ de ses musiciens, les fidèles des fidèles sont restés en place autour de DV Muanda notamment Enoch Zamwangana, Mbuta Matima, Nkumu, Félix Manuaka Waku, Ilo Pablo, Teddy Sukami, Bimi Ombale, Oncle Bapius, Mbuta Mashakado, Nyoka Longo, etc.

Les partants qui n’étaient pas d’accord avec le climat prétendument discourtois qui régnait au sein de Zaïko Langa Langa sont allés mettre sur pied un groupe musical qu’ils ont baptisé « Isifi Lokole » (Isifi signifie Institut supérieur de formation des idoles).

On retiendra que déjà au sein de Zaïko Langa Langa, il y avait un groupe ou mieux un clan des chanteurs dénommé isifi. Ce sont ses chanteurs qui étaient à la base de la fondation de l’orchestre « Isifi Lokole ». Il s’agit d’Efonge Gina et d’Evoloko Lay Lay assistés de Jules Presley Shungu dit Papa Wemba et Mavwela Somo.
C’est à ce moment, pour prouver leur grandeur d’esprit et la solidité de leur travail Mavwela Somo et Evoloko enregistrent sous le label « Isifi » deux chansons qui s’intitulent « Mamale » de Gina et « De bambongo » d’Evoloko produits par la maison « Molende Kwi Kwi ». Ils sont accompagnés au chant par Mbenzu Bozi Boziana tandis que les musiciens de Negro Succès aussi leur ont apporté leur soutient à la partie instrumentale. On a, à cet effet, retrouvé le guitariste soliste Dercy Mandiangu.

Ainsi Papa Wemba, Mavuela Somo , Evoloko Lay Lay et Gina wa Gina Efonge formeront le groupe « Isifi Lokole » en s’accordant le renfort de Bozi Boziana, au chant, Shora, à la guitare solo, Ada Mwangisa au rythmique, Djo Mali à la guitare basse, Biko Star à la batterie et Otes à la percussion.

Comme on pourra le constater, l’orchestre « Isifi Lokole » avait été créé par le maximum des conflits qui avaient pignon au sein de Zaïko Langa Langa où certaines têtes se croyant au dessus de la mêlée voulaient en faire voir de toutes les couleurs aux autres. Avant chaque concert de l’orchestre « Isifi », c’est le chanteur Vadio Mambenga et son « Tambula melembe » qui était retenu régulièrement pour des concerts en levée des rideaux. Et « Isifi » était un groupe constitué par des amis de Mavuela Somo, d’Evoloko, de Gina wa Gina Efonge, de Papa Wemba, de Bozi Boziana dont De Bambongo (le frère aîné à Evoloko), Dondi Tex, Cipayi, , Mekano, Wawanko André Nono, El Assu,…

Mbuta Mashakado provoque le départ de Papa Wemba d’Isifi Lokole

Mbuta Mashakado a été à la base du départ inopportun de Papa Wemba de l’orchestre « Isifi Lokole ». Ce contretemps impromptu et en plein concert devant le public a, néanmoins, permis à Papa Wemba encouragé par ses amis qui étaient présents lors de cet incident, de mettre sur la planche l’orchestre « Viva la Musica » qui continue, du reste, à défendre sa classe…

L’entrée des drums dans la musique congolaise

Au sein de chaque groupe musical actuellement du côté de la percussion on retrouve des drummers qui s’adonnent corps et âme à la maintenance du rythme. Les drums est un instrument de musique qui a fait son entrée dans ce giron vers les années 50 à travers le groupe musical « Beguen Band » œuvrant dans l’écurie « Ngoma ». C’est donc là, le premier orchestre à utiliser les drums dans sa formule d’antan.

Entre 1959 et 1960 (ère des indépendances africaines), le chanteur Joseph Kabasele dit Grand Kallé, en dépit du fait que le tam-tam occupait toujours en ce moment une place de choix dans le battement des orchestres congolais, l’a introduit dans la collection des instruments de musique du groupe African Jazz…

Un mal nécessaire

Une note nous fait savoir qu’au cours de l’enregistrement de la chanson « Café Rica » de Tabu Ley au studio Renapec (Studio Star, aujourd’hui Rtnc2) l’ingénieur du son Jeef, fraichement rentré d’une formation, a, malencontreusement et sans le vouloir, mis en exergue la rythmique aux drums de Seskain Molenga. Et à l’écoute de cette chanson après enregistrement, Seigneur Tabu Ley Rochereau note une présence inhabituelle et franchement remarquable soutenue par les drums. Il veut refaire le travail mais se décide tout de même de laisser couler le temps. Ce qui, au départ a ressemblé à une bizarrerie est devenu une référence pour tous d’autant plus que Tabu Ley avait accepté de mettre ce disque sur le marché où il a connu un succès foudroyant parce que le public l’a accueilli avec ferveur.

Ainsi, les orchestres des jeunes qui ont vu les jours en ce moment là ont fait de l’usage des drums une aubaine. Et, c’est Meri Djo Nge Nker Me de Zaïko Langa Langa qui a su vraiment mettre en relief la présence de la caisse claire dans la percussion de cette formation musicale sous le rythme « cavacha ». Cette pratique est restée de mise jusqu’à ce jour sous l’appellation « kauka »…

(A suivre)

Kingunza Kikim Afri

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