Nord-Kivu

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Le droit d’auteur, un gagne-pain illicite des professeurs qui ne cessent d’opprimer les étudiants de Goma

Le droit d’auteur imposé dans les institutions d’enseignement supérieur et universitaire pèse lourd dans le chef des parents et étudiants congolais. Il est devenu un gagne-pain sacré pour le corps professoral dans la ville de Goma. Professeurs, chefs de travaux et autres assistants le collectent sous pression et même sous menace de préjudicier les insolvables dans les cotes des travaux scientifiques (travail pratique, interrogation et examen).

Les étudiants de Goma se plaignent de la résistance du phénomène   ‘‘droit d’auteur’’ dans les universités de la place. Pourtant,   le ministre national de l’Enseignement supérieur et universitaire le professeur Théophile Mbemba avait, dans sa note circulaire du mois d’avril 2015, interdit ‘‘le marchandage de syllabus et la pratique dénommée « droit d’auteur » dans toutes les institutions d’enseignement supérieur et universitaire de la  République démocratique du Congo (RDC).

‘‘Ce phénomène déstabilise financièrement nos parents, les enseignants de tout grade confondu nous font payer pour chaque cours 2 dollars américains soit 2000 francs congolais à titre de droit d’auteur cas rare sont ceux-là qui font payer moins que ce montant. Avec nos 15 cours dans notre promotion, ils nous font payer de force 28 dollars américains l’an outre les frais académiques qui, même raisonnables, nous tiennent au coup’’ ; dénonce Sophie Mpala , une jeune étudiante en comptabilité à l’Institut supérieur de commerce de Goma (ISC-Goma), une institution officielle , elle et ses camarades rencontrée dans l’un des auditoires de cette institution opprimées par plusieurs arriérés de frais de droit d’auteur qu’elles doivent liquider avant les épreuves des cours assimilés au premier semestre de la   première session afin de ne pas subir le pire de la part de ses enseignants.

D’autre part, ‘‘ Ne pas payer ce droit d’auteur serait synonyme de perte de cotes, refus de corriger nos travaux ou carrément reprendre la promotion’’,   nous a confié un étudiant finaliste s’apprêtant à défendre son travail de fin de cycle dans la même institution.

A moins de 50 mètres de l’ISC  se trouve l’Institut supérieur de développement rural des Grand Lacs (ISDR-GL une institution privée, où Navin Misingi étudie le développement rural.  Ici,   le droit d’auteur est de même sacré comme à l’ISC. Navin Misingi, sachant que le droit d’auteur est prohibé dans le monde académique, se voit obligé de payer plus de 26 dollars américains  pour les 13 cours sélectionnés de sa promotion juste pour éviter des accrochages avec les professeurs.   ‘‘Chaque jour avant toute éventualité, les enseignants collectent d’abord le frais de droit d’auteur puis s’en suit la vente non obligatoire des syllabus pour ceux qui en veulent c’est alors qu’ils enseignent’’, poursuit-il.

En effet, comme la plupart des étudiants congolais,  Sophie Mpala et Navin Misingi sont de ceux-là qui sont obligés de payer le droit d’auteur pour éviter le pire dans leur parcours académique, car selon un langage populaire dans le monde académique en ville ‘‘ le droit d’auteur est le garant incontournable de la réussite ’’ . Ils demandent à l’autorité de la tutelle (le ministère de l’ESU et le conseil de gestion des universités et instituts supérieurs) d’en finir avec ce système qui ruine quotidiennement les familles congolaises.

A l’ISC, le président du comité estudiantin Freddy Heshima rencontré, s’est dit avoir décrié ce phénomène de la part du comité de gestion et une réponse favorable aurait de même été dédiée ‘‘ s’il y peut en subsister il ne s’agirait que des dérapages de la part des enseignants ’’, a-t-il déclaré.

Comme au beau vieux temps …                

Ce système ici dénoncé par les étudiants gomatraciens ne date pas de ce jour dans le monde universitaire congolais. Kim’s Padou Kikuni du Collège des anciens de l’université de Goma (UNIGOM) se dit avoir amorcé son cursus universitaire en relations internationales et l’achever en  2011 dans ce système de paiement obligatoire de droit d’auteur. Pour lui, comme pour tant d’autres anciens de cette université publique, le droit d’auteur paraît sans doute le revenu le plus sacré des enseignants des universités à Goma ; ‘‘ du coup en troisième de graduat, nous avons vu des jeunes assistants avec moins de quatre ans d’expérience se taper des moyens de transport et des maisons au quartier’’, a-t-il témoigné.

Comme la plupart des anciens de l’Université de Goma, durant les cinq ans passés à l’Université Padou Kikuni estime avoir déboursé plus de deux cent cinquante dollars américains (250$), soit en moyenne cinquante dollars américains (50 $) l’an de droit d’auteur, non compris les frais de syllabus qui triplent sur le droit d’auteur moins encore les frais académiques qui n’avaient et n’ont encore pas mis toutes les sensibilités d’accord.

Pour n’avoir pas payé le droit d’auteur   à certaines occasions, l’ancien étudiant dit avoir à plusieurs reprises lors de la publication des cotes aux valves été victime d’omission de cotes (perte des copies) qui serait selon lui décisive de la part des enseignants.

Tout de même, certains professeurs visiteurs qui laisseraient des chantiers dans leur ville d’origine quittaient la ville de Goma pour achever les travaux de finissage, certes, après avoir collecté illicitement les frais de droit d’auteur dans des universités de la place où dans une institution officielle trouver moins de trois cents (300) étudiants dans une promotion est l’un de cas rares, nous a tenu au courant un cadre dans une université officielle de la place qui s’est confié à nous.

Bahati Biringanine, mère de 9 enfants tous scolarisés dont deux étudiants se dit dépassée par ce phénomène qu’elle qualifie ni plus ni moins de rançon de la part des enseignants d’universités et ne sait plus quoi privilégier voulant exercer son devoir de parent. Car de même selon elle se penchant sur le vécu de sa fille étudiante en douane   payer les frais académiques n’est pas d’une grande urgence que le droit d’auteur.

‘‘ ma fille privilègie d’abord de s’acquitter des frais de droit d’auteur avant même les frais académiques et autres frais connexes car des mesures répréhensives s’en suivent par de ses enseignants’’, a-t-elle indiqué .

Une volonté qui manquerait …

Si plusieurs responsables des universités et instituts supérieurs de la place dont le secrétaire général de l’ISDR ont méchamment refusé de répondre à nos préoccupations, docteur Déogratias Katulanya le directeur général de l’Institut supérieur d’informatique et de gestion (ISIG), une institution d’enseignement universitaire reconnue pour sa spécialisation dans le monde de nouvelles technologies de l’information et de la communication affirme qu’il y a de cela plusieurs années que le système de droit d’auteur a unilatéralement et sans contrainte été éradiqué dans son institution avant même le mot d’ordre du ministère de l’ESU.

A l’ISIG comme à l’Université libre des pays des Grands Lacs (ULPGL); payer le droit d’auteur est une antivaleur. John B. Mulemangabo étudiant en informatique à l’ISIG réaffirme n’avoir déboursé aucun dollar pour le droit d’auteur ni le syllabus qui est facultatif et ne pense pas que le prétendu droit d’auteur serait incorporé dans les frais académiques car tout de même mettent toutes les parties intervenantes à savoir le comité de gestion et le comité estudiantin d’accord.

A l’Université de Goma  (UNIGOM), l’administration nous a affirmé avoir éradiqué ce phénomène depuis le mot d’ordre du ministère  et certains enseignants qui résistaient dans ce système auraient même été débarqués de la liste du personnel enseignant. Ce que confirme Michée Mishona, étudiant de la Faculté de l’économie qui se réjouit car au début de son cursus  à l’Université de Goma, le droit d’auteur faisait partie intégrante de frais obligés à l’étudiant dans cette université officielle.

L’Etat qui marche sur soi-même…

Alors que le ministre national de l’ESU dans sa note « avait demandé aux autorités des établissements de s’organiser pour que cette pratique cesse », dans plusieurs institutions publiques de la capitale touristique de la RD Congo, le droit d’auteur est minutieusement obligatoire. Dans plusieurs institutions privées de Goma, payer le droit d’auteur est facultatif, sans retombée négative et même prohibé outre certaines institutions qui, pour des fins populistes, publient l’avoir éradiqué alors que minutieusement sont incorporés dans les frais académiques.

Pour mettre fin à ce sombre système qui a longtemps vidé les poches des étudiants et parents congolais . Ce à quoi a foi Stéphane Mashukano acteur politique au Nord-Kivu, c’est l’implication décisive et définitive du gouvernement à travers son ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, même si la première circulaire est ignorée. Selon lui; ‘‘non seulement il faudrait défendre ce phénomène mais aussi assurer unilatéralement sa prise en charge officiellement de manière à alléger la tache aux redevables quotidiens (parents et étudiants) et ainsi permettre à la jeunesse d’embrasser les études universitaires’’

(Pascal Mulegwa)

 

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