Nomination d’un Premier ministre: Kabila attend les trois noms du Rassemblement

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En République démocratique du Congo, après la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre, les délégués avaient convenus de poursuivre les discussions dans le cadre de la signature de l’arrangement particulier. Ce, en vue de préciser les modalités pratiques de mise en œuvre des dispositions de l’Accord d’une part et d’autre part de régler certaines questions ayant constitué des points de divergence.  L’arrangement particulier dont il est question concerne principalement les points suivants: la désignation du Premier ministre, la formation du gouvernement, la mise en place du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), le chronogramme de la mise en place en œuvre de l’accord, la redynamisation de la CENI, le renouvellement du CSAC et les quelques recommandations particulières.

A cette étape importante de l’application de l’accord, les évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont préféré remettre le rapport de l’accord signé le 31 décembre dernier et partager avec le président de la République, Joseph Kabila Kabange, quelques préoccupations en rapport avec les points qui restent encore en souffrance dans les négociations. D’autant plus que c’est le Président de la République, Joseph Kabila, qui leur avait confié la mission de bons offices, consistant à approcher les autres acteurs de l’opposition n’ayant pas participé au Dialogue de la Cité de l’UA, en vue d’obtenir un plus large consensus sur l’Accord politique pour l’organisation des élections apaisées, crédibles et transparentes. Cette délégation de la CENCO, conduite par son président,  Mgr Marcel Utembi, est venue remettre au chef de l’Etat le rapport de l’accord signé le 31 décembre dernier et partager avec lui quelques préoccupations en rapport avec les points qui restent encore en souffrance dans les négociations.

Au sortir de l’audience, le Secrétaire général intérimaire de la CENCO, l’abbé  Donatien Nshole, a déclaré à la presse que pour le Chef de l’Etat, 95 % de ce qui devrait être fait a été réalisé et qu’il n’en reste plus que 5 %, et il faudra qu’on aille vite pour ne pas donner  de prétexte à qui que ce soit. « Le Chef de l’Etat regrette qu’on complique les choses inutilement sur le mode de désignation du Premier ministre, alors qu’il suffit d’amener trois noms pour qu’il puisse apprécier et évaluer dans le sens de l’accord », a dit l’Abbé Nshole.

« Le Président Kabila estime que cette question pourra facilement être réglée si le « Rassemblement » se choisissait un nouveau président du Conseil des sages, celui-là même qui, selon l’accord, sera son interlocuteur habilité à lui présenter la liste de trois noms des candidats Premier ministre », a ajouté l’abbé, qui a précisé que « si le président du conseil des sages du Rassemblement est élu, les choses pourront bouger dans le bon sens ».

A une autre question, l’Abbé Nshole a répondu qu’ils ont également évoqué avec le Chef de l’Etat les questions relatives à l’acte de vandalisme posé par des inconnus à la paroisse Saint Dominique de Limete, lequel a été condamné par le président de la République, qui a promis de prendre toutes les dispositions qui s’imposent avec les services attitrés pour retrouver les coupables et les sanctionner. Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku et le Directeur général de l’Office national d’identification(ONIP), Adolphe Lumanu Mulenda Bwanasefu ont assisté à cette audience.

Kabila donne raison à la MP

Ceux des Congolais qui scrutent de prêt les discours des prélats catholiques, ne se sont pas gênés d’affirmer que cette fois-ci, le Président de la République a donné raison à sa famille politique, la Majorité Présidentielle. Car pour la MP, la désignation du Premier ministre issu du Rassemblement doit se faire dans le respect de l’ordre politique et institutionnel établi et reconnu par toutes les parties.

En effet, de 10 candidatures à présenter, la Majorité Présidentielle a fait des concessions passant de 7 candidats, ensuite 5 jusqu’à accepter une liste de 3 candidats Premier Ministre à proposer au Président de la République pour nomination. Cette concession majeure, appuyée en plénière par la CENCO et toutes les autres parties prenantes, devrait permettre de faire avancer le processus de mise en application de l’Accord politique Global et Inclusif sans gêner le fonctionnement harmonieux des Institutions publiques qui nécessite une certaine cohésion au niveau de ses animateurs. « Concevoir les choses autrement, c’est vouloir transformer le pouvoir discrétionnaire de nomination du Président de la République en simple investiture du Premier Ministre, en violation de l’article 78 de la Constitution », prévient-elle.

Au sujet du remplacement de Monsieur Etienne Tshisekedi au poste de Président du CNSA, la Majorité Présidentielle, dans un point de presse animé le vendredi dernier à Kinshasa, a expliqué qu’au vu du caractère bipolaire prononcé de la scène politique nationale, le Rassemblement, s’inscrivant dans une logique de confrontation, n’a pas hésité de revendiquer tour à tour la Primature pour leur plateforme et la Présidence du CNSA pour Monsieur Etienne Tshisekedi intuitu personnae.

Et c’est justement parce que le CNSA devait refléter la stature de Monsieur Etienne Tshisekedi, que les délégués au Centre Interdiocésain ont cherché à en faire une Institution d’appui à la démocratie et lui trouver une dénomination et des attributions qui la démarquent du “CSD” issu de l’Accord du 18 octobre. Plusieurs propositions de dénomination ont été avancées pour répondre à cet objectif, notamment la Haute Autorité de Transition, Haut Conseil de la transition, Comité de Suivi…  Cette démarche visait à répondre à la question récurrente et réellement posée par le Rassemblement sur la place particulière de Monsieur Etienne Tshisekedi dans l’architecture institutionnelle du pays pendant la période pré-électorale et électorale.

C’est dans ce contexte que le Rassemblement a obtenu cette concession majeure de la part de la Majorité Présidentielle qui a accepté d’attribuer le poste de Président du CNSA à Monsieur Etienne Tshisekedi à titre personnel au vu de sa carrure politique personnelle, qui a fait l’unanimité autour de son nom. C’est donc pour des raisons d’éthique politique que son nom, bien que cité et agréé par tous les participants, n’a pas été repris dans l’Accord signé. Dans le même contexte, il a été concédé l’attribution de la Primature au Rassemblement, au lieu de l’Opposition Politique en général tel que décidé à la Cité de l’UA, la tenue des élections en décembre 2017 au lieu de février 2018 prévu à la Cité de l’UA.

La Majorité Présidentielle rappelle donc que l’Accord Politique Global et Inclusif, dans son esprit, avait accordé la Présidence du CNSA à Monsieur Etienne Tshisekedi à titre personnel et non pas au Rassemblement qui devrait, seul et à l’exclusion de toutes les parties prenantes, se donner le devoir de choisir unilatéralement un autre candidat pour pourvoir à son remplacement suite à son décès inopiné que nous regrettons tous.

Un consensus ayant été trouvé autour de la personne de Monsieur Tshisekedi, la Majorité Présidentielle estime, s’il faut se limiter à la lettre de l’Accord, qu’un consensus devra également être trouvé sur le candidat à proposer pour le remplacement au poste du Président du CNSA et que procéder autrement serait violer le principe de la gestion consensuelle des institutions pendant la période préélectorale et électorale, pourtant convenu au Centre Interdiocésain.

(JMNK)

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