Ne Muanda Nsemi recherché par la justice

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Le député national et chef de la secte religieuse « Bundu Dia Kongo », Ne Muanda Nsemi, est recherché par la justice congolaise, en vue d’être jugé en procédure de flagrance. Ce, après les récentes troubles ayant causé d’énormes pertes en vies humaines au mois de janvier à Kimpese et Songololo dans la province du Kongo Central. Des troubles qui ont opposés les adeptes de sa secte religieuse aux partisans de son prétendu dauphin, le député national Papy Mantezolo.

Pour le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement de la République, Lambert Mende Omalanga, il s’agit d’une affaire judiciaire et la Justice congolaise est en train de procéder à l’interpellation d’un député en procédure de flagrance suite à des actes de violence qui ont coûté la vie à plusieurs personnes dans la province du Kongo Central.

« Tout le monde sait ce qui s’est passé à Kimpese et Songololo. Et manifestement il y a de la résistance à cette arrestation », a déclaré Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Face aux différentes résistances constatées depuis que la Police Nationale Congolaise a lancé un assaut aux différentes résidences du député Ne Muanda Nsemi pour son arrestation et qui  ont provoqués des accrochages entre agents de l’ordre et adeptes de BDK, Lambert Mende appelle, au nom du gouvernement, toute la population de la capitale Kinshasa au calme. Par ailleurs, il appelle le concerné à se rendre afin de comparaitre devant la Justice.

« Il n’a pas à se justifier devant les médias, c’est devant la justice qu’il doit le faire. Force restera à la loi, il ne faut pas paniquer, il y a de l’agitation. Force reste à la loi. Il va se justifier devant la justice », a ajouté le porte-parole du gouvernement de la République.

La Police fait le bilan

Le porte-parole de la Police Nationale Congolaise, le Colonel Pierrot Mwanamputu, a, dans un communiqué rendu public hier matin, donné un bilan partiel des heurts entre forces de l’ordre et adeptes BDK depuis lundi 13 février à Kinshasa. Le bilan est estimé à au moins 22 adeptes de Bundu Dia Kongo, dont 8 blessés qui ont été arrêtés par la Police.

« Les partisans de Ne Mwanda Nsemi se sont attaqués à la population et aux forces de l’ordre », dit cette communication de la Police. La PNC affirme avoir saisi cinq armes dont quatre AKA et un Uzi. La police qui n’a pas encore parlé de mort rapporte que deux jeeps des particuliers auraient été brûlées par « les combattants » de BDK. Elle signale également un blessé parmi la population civile.

Bénéficiant encore de ses immunités parlementaires, qui empêcheraient son arrestation immédiate déjà décidée par le gouvernement, une démarche administrative portant sur la levée des immunités par le Bureau de l’Assemblée nationale est en cours. C’est ce que nous révèle une source sécuritaire contactée à cet effet.  C’est donc cette démarche qui a retardé l’arrestation du député élu de Kinshasa dans la circonscription de la Funa, Ne Muanda Nsemi.

En attendant le précieux document, la police a mis un  dispositif sécuritaire aux abords de deux résidences de Ne Muanda Nsemi. L’une dans la Commune de Ngiri-Ngiri et l’autre dans le quartier Macampagne dans la Commune de Ngaliema.

Les habitants désertent le quartier

D’après des témoignages recueillis, plusieurs habitants qui résident dans le parage abandonnent leurs maisons suite à ces heurts déclenchés depuis lundi soir. Plusieurs familles ont fui avec leurs enfants en emportant leurs bagages.

Des sources révèlent que quelques combattants de Bundu Dia Kongo sont toujours retranchés dans la résidence de leur chef spirituel sur la rue haute tension au N°15, dans le quartier Joli Parc à Ngaliema. Après les accrochages, la Croix rouge a évacué les morts et les blessés qu’a causés l’attaque de la Police contre les adeptes du mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo.

Le dispositif policier sur place était composé de quatre jeeps et deux camions anti-émeutes de la PNC. Trois véhicules de la MONUSCO sont également sur place.

Qu’est-ce que Ne Mwanda Nsemi revendique ?

Pour Mavinga Philémon, président de la secte Bundu Dia Kongo dans le Kongo Central, le député national Ne Muanda Nsemi réclame sa place que le pouvoir en place lui a réservée par rapport à sa contribution à la paix à travers le dialogue. « En tant qu’acteur politique et grand maître de la sagesse Kongo, Muanda Nsemi a conseillé au chef de l’Etat que pour préserver la paix et la concorde nationale face à la crise politique au pays, il faut organiser un dialogue à l’issue duquel on allait organiser une transition supplémentaire à travers laquelle tout le monde va se retrouver. Mais le pouvoir lui a payé en monnaie de singe. Aujourd’hui même ceux qui étaient hostiles au dialogue ont eu des postes au sein du gouvernement d’union nationale, alors que Ne Muanda Nsemi qui est l’initiateur de ce dialogue a été payé en monnaie de singe. D’où son mécontentement qu’il a fait parvenir au chef de l’Etat, … », a-t-il poursuivi.

Pour Philémon Mavinga, Ne Muanda Nsemi a demandé le poste de Premier ministre. « Il a même été sportif en acceptant qu’on lui donne même une vice-Primature, mais hélas. Pourtant cela aurait récompensé même son parti et la communauté Kongo », ajoute-t-il.

Aussi, le député congolais, chef spirituel de cette secte réclame au président Joseph Kabila 13 millions de dollars à titre de dommages et intérêts pour lui et ses militants « massacrés » en 2008. Décision prise, selon lui, par le Parlement congolais.

« En 2008, on a massacré les adeptes de Bundu dia Kongo. Et le parlement a voté une loi selon laquelle le gouvernement doit payer des dommages et intérêts de Bundu dia Kongo (…) divisés en deux parties: il faut payer trois millions de dollars à Ne Muanda Nsemi pour compenser les souffrances morales qu’il a enduré quand on a tué ses disciples. Deuxièmement, dix millions de dollars que doivent se partager les fidèles dont on a brûlé les maisons et dont on a tué », a expliqué le député congolais dans une vidéo diffusée sur youtube à la fin du mois de janvier 2017.

De rappeler également qu’outre les meurtres du Kongo Central, Ne Muanda Nsemi est accusé d’avoir multiplié ces dernières semaines des déclarations incendiaires et outrageantes contre le Président de la République. Il lui est aussi reproché l’incitation à  la haine. Plusieurs atteintes à la sûreté de l’État lui sont faites grief par des sources proches du procureur général de la République.

(Bernetel Makambo)

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