Musique traditionnelle Songye: Mi Amor et le TG Basokin lancent « Bupenka »

par -
0 493
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

L’orchestre tradi-moderne Tout Grand Basokin et son président Hubert Mputu Ebondo alias « Mi Amor », viennent de lancer sur le marché du disque l’album « Bupenka ». Cet album dont le titre est en Kisongye, une langue parlée dans la grande partie du district de Lomami, signifie la solitude, l’abandon. Cet album qui exploite des thèmes tels Buimane, Otanda Olele, Mfumu a Kuetu, Dr. Ngoyi Kitengie et Mudioko est déjà en vente à Kinshasa et en Europe. Ceux qui vont se procurer cette riche œuvre d’esprit, constateront que l’auteur a mis en exergue, dans cet album, son talent d’historien, dans le but d’expliquer à l’actuelle génération les réalités du passé.

C’est dans la commune de la Gombe que L’Avenir a rencontré ce musicien, qui sort d’une maladie et qui a été, il n’y a pas longtemps, frappé par la mort de son basiste. A la question de savoir, quelle est la santé de l’orchestre, il a répondu que le TG Basokin est toujours Tout Grand Basokin. « Nous avons un nouvel album qui s’appelle Bupenka et qui a six chansons, c’est la preuve que l’orchestre se porte à merveille », dit-il, avant d’ajouter que les gens, mieux les mélomanes disent que parmi toutes les chansons, c’est « Otanda Olele » qui est la meilleure. Et Mi Amor de se demander, elle est meilleure par rapport au thème, en parole ou en musique, avant de dire que c’est peut-être parce qu’il traite de l’éducation des enfants.

Le sens de l’album

A la question de savoir, où est-ce que l’auteur a trouvé l’inspiration ? Il a expliqué que les six   dernières années n’ont pas été favorables pour lui. J’ai perdu mon emploi prématurément le 2 janvier 2010 ; une ordonnance sortait et qui me mettait précocement en retraite ; le 24 avril 2012, j’ai perdu mon producteur, Musabile qui était à Lubumbashi. Toujours en 2013, je perds mon producteur scénique, Clovis. En 2016, j’ai perdu successivement deux danseuses, avant de perdre ma fille, mère de quatre enfants à 39 ans. Je me sens vraiment abandonné, sans producteur, je me débrouille. Ce ne pas dans la débrouille qu’on peut produire et vendre un album avec tout ce qu’il y a comme piraterie, les cartes mémoires, les téléphones, etc.

Même dans l’abandon, dit-il, je refuse de mourir. Il ne faut jamais se décourager. Il y a toujours certaines personnes auxquelles ont  peut toujours compter.  Il y a des personnes qui vous demandent, combien coûte une chanson ?  Et ce, y compris la répétition,  payer la collation de musiciens, le transport, etc. Cela a un prix et ce n’est pas facile. Quelqu’un peut mettre la main en poche pour une chanson, mais je la mets dans le congélateur pour attendre d’autres.

Quid d’autres chansons

En plus de Bupenka dont l’explication a déjà été donnée, il y a aussi Buimane, qui ne veut pas seulement dire en station débout, mais il signifie aussi préoccupé, ou il se bat. Donc, Mi Amor, c’est quelqu’un qui se bat du jour le jour pour vivre et pour que son album soit sur le marché. Et d’ajouter qu’il y a une sorte de suite de l’explication de Bupenka, l’abandon. Parce que celui qui devait même m’aider à sortir un disque par exemple, a dit que je dois mourir de misère. Vous voyez ces choses là. Je me bats et il doit savoir que je n’irais pas lui demander quoi que ça soit. Nous sommes là Iran-Iraq, précise-t-il.

Otanda Olele, un titre phare de l’album. Ceux là qui comprennent le Kinsongye disent qu’il fallait ça. Et qui veut tout simplement dire que lorsque tu mets au monde les enfants, il faut les éduquer, leur donner une éducation de qualité pour qu’ils soient eux-aussi des hommes de valeur demain. C’est pour une vieillesse heureuse. Pour l’auteur, il faut commencer par l’éducation des enfants. Et de conseiller, il ne faut pas mettre au monde comme un serpent, qui ne s’en occupe pas de ses petits et ces derniers se débrouillent comme ils peuvent.  Les enfants ne doivent pas finir comme des Shegués, conseille-t-il, avant d’insister sur le fait que lorsque vous rencontrez un vieillard bien habillé, il faut savoir qu’il a bien éduqué ses enfants.

Mfumu a Kuenu, c’est-à-dire, tout chef de chez vous, il faut le respecter, peu importe quel chef, peu importe qu’il soit. Mfumu bantu, bantu ba mfumu, dit un adage. Le respect doit être mutuel et un tyran doit être décrié, dénoncé. Mais crier sur un chef qui n’est pas un tyran, n’est pas bon.

L’avant dernière chanson, Dr. Ngoyi Kitengie, est-ce le nouvel homme fort ? Non ! En réalité, c’est un Musonge de chez nous. En effet, lorsque j’ai appris qu’il était PDG d’une société Sud-Africaine, Green Charre, c’est une société qui produit l’électricité à grande échelle avec les panneaux solaires à Kalemie. C’est une façon de lui dire qu’ailleurs oui, mais à Kabinda il n’y en a pas, on a aussi besoin de lui. J’ai aussi fait un effort pour le mettre en contact avec le vice-gouverneur de la province de Lomami. J’ai fais cet effort-là pour qu’il n’oublie pas.

Mudioko, dernière chanson, c’est le nom d’un chef coutumier qui est décédé et qu’il faut rendre hommage. Quand un chef meurt, quelque soit sa contrée et lorsque vous êtes au courant, si vous avez des informations, c’est son droit d’être chanté.  C’est comme dans Mfumu A Kuenu, je vous ai même rappelé la date de la mort de Lumpungu Kaumbu premier. Il est mort un certain 29 mai 1929  et ce jour là, il  y a eu éclipse solaire. « Fubuku bua Lumpungu », ont-ils appelés ce jour. Le pouvoir d’un chef vient de Dieu et l’éclipse est un signe que c’est un grand chef qui est décédé.

A la recherche d’un producteur

Comme on peut biens ‘en rendre compte, Mi Amor est toujours confronté à un problème de manque de producteur. Voilà pourquoi il lance un cri d’alarme : « Ceux-là qui pensent que je dois continuer avec la musique folklorique, ils peuvent toujours me soutenir. Sinon, je peux aussi faire une autre musique. Je peux glisser vers la musique chrétienne, mais je ne sais pas encore. Je sais qu’il y aura toujours quelqu’un qui viendra pour me booster. A tous les admirateurs qui ne sont pas toujours des Basonge, ils ne les oublient pas. Qu’on m’aide à sortir même un single, pour ne pas mourir », dit-il.

A l’en croire, ce ne sont pas des personnalités songye qui manquent ou les admirateurs. Vous savez que le patron du Groupe L’Avenir chantait avec moi quand il fut élève. Peut-être que c’est par manque de sensibilisation que je n’ai pas de producteur. Mais je crois que ceux qui lisent l’Avenir, apprendront ce que je suis ; je n’ai pas de producteur attitré, s’il y a en qui sentent ce besoin,  je suis sans contrat.

Comme on peut bien s’en rendre compte, le nouvel album a été lancé après la mort de son basiste. Mi Amor précise que l’album était déjà enregistré en 2016 et le bassiste est mort en 2017. Tout ce qu’on raconte, c’est parce qu’on est Mi Amor et ça ne m’intéresse pas, la mort vient de Dieu. La sortie de l’album, n’est qu’une coïncidence. L’album aurait pu sortir el 17 novembre, lors du 34ème anniversaire de Basokin. Et il y a des raisons qui ont conditionné ce report.

Qui commercialise les produits de Mi Amor à l’étranger ?

En international, Mi Amor a signé un contrat avec Crammed disc, qui produit mes chansons à l’étranger. Voilà pourquoi je ne peux vendre qu’ici, selon notre contrat. Il y a une nouvelle version de Bobodibobo qui va sortir d’ici-là en international. Il ne vend pas mes produits ici, il craint la piraterie.

Au sujet de ses relations avec la SOCODA, il souligne qu’honnêtement parlant, je ne suis pas en relation. Je suis toujours à la Saben en Belgique. Pourquoi ? Parce que lorsque j’ai été paralysé en 2009, il y avait mon argent à la Soneca, on m’a transporté clopan clopin et on me dira qu’il n’y avait rien, pendant que sur papier, il y avait l’argent. Je suis rentré mains vides. C’était venu de la Belgique.  Je devais acheter les médicaments. Je n’ai jamais récupéré cet argent, pendant que c’est en dollar. Je me débrouille moi-même. On verra ça après.

Aux amoureux de la bonne musique songye, il leur demande d’écouter Bupenka. « J’ai fait plus d’effort dans cet album. Le rythme n’est pas le même, c’est le style qui est le même. J’ai joué sur plusieurs tempos, les thèmes aussi sont variés. Le folklore, si vous changez trop, on ne vous reconnait pas. Il conseille aux enfants de ne pas oublier l’histoire. Un griot, c’est pour exalter, sublimer son peuple. Je dois l’honneur aux chefs coutumiers, aux chefs traditionnels.

(Jean-Marie Nkambua)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse