Musique congolaise : « Atalaku » au-delà des limites nationales !

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L’Afrique subsaharienne a toujours été séduite par la musique produite par les Congolaise de Kinshasa. Derrière cette manière de combiner le son d’une manière agréable à l’oreille se propage les mœurs que le reste du  continent a adoptées comme mode de vie ou langage verbal ou vestimentaire.

Parmi ces habitudes imposées, il y a « Atalaku » ou l’animateur d’un orchestre. Nahim Hamed Baba, rédacteur en chef de la Télévision nationale tchadienne (ONRTV) et Coordonnateur du Réseau national des journalistes culturels de Tchad revient sur le concept « Atalaku » dans son pays de naissance.

Quelle idée avez-vous du concept « Atalaku » au Tchad ?

D’abord chez nous, nous avons déjà des gens qui chantent pour la gloire, la bonté et la bravoure des autres. Dans cette catégorie, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Généralement, c’est une activité pour les femmes qu’on appelle « HAKAMMATE », et les hommes, ce sont les « BOCHAMMINE ». Ceux-là le faisaient pour le courage et la largesse d’une personne quelconque. Mais en contre partie, ils  n’attendaient rien. C’était simplement pour perpétuer le nom de cette personne qui a marqué l’histoire de la contrée.

Par la suite, les difficultés de la vie étant, nous avons vu une autre forme de gens qui ont apparu qu’on appelle les « Dawaka ». Ils font également de la musique purement traditionnelle, parfois c’est sous forme de slam sans aucun instrument mais qui étaient là simplement pour vanter les mérites d’une personne parfois de façon très hypocrite avec l’idée derrière d’avoir quelques pécules. Ils utilisaient le style des « Bochammines » mais avec une contrepartie.

Quelle relation faites-vous avec « Atalaku » made in Congo ?

Oui, nous avons eu des groupes musicaux comme le tout premier orchestre du Tchad, le Tout Puissant Tchary Jazz. Et deux ou trois années plus tard, African Melody s’est ajouté,… tous ces orchestres ont eu beaucoup d’influences de la musique congolaise. Tout part de la première fête de l’indépendance de la République du Tchad. Le président de l’époque, François Ngarta Tombalbaye a invité le président zaïrois Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu et ce dernier, lorsqu’il a écouté chanter les musiciens tchadiens, il avait proposé à son homologue tchadien de prendre ces groupes là pour leur offrir un stage d’apprentissage à Kinshasa, pour qu’ils puissent se perfectionner. C’est avec ces orchestres, de retour au pays, que ceux qui chantaient pour quelqu’un, correspondant à faire de l’ « Atalaku » se sont perfectionnés. Puisque chez nous, « Atalaku », quand on le sort du contexte congolais, c’est celui-là qui caresse quelqu’un dans le sens du poil, afin de lui soutirer quelque chose. Actuellement, Ça va même au-delà des artistes ; c’est beaucoup plus large. C’est dans tous les domaines possibles. Lorsque vous voulez quelque chose ou une petite faveur auprès de votre chef, vous passez pour lui faire un peu d’ « Atalaku ».

Est-ce que ce concept a de l’ancrage dans la société tchadienne ?

Oui, il est visible. Le concept atalaku dans la musique tchadienne a cet ancrage. A part l’artiste Talino, mort voilà cinq ans, et qui y consacré une bonne partie de sa carrière, il y a des groupes qui ont pris le relai. Actuellement, il y a certains qui citent tout au long de leur chanson des noms de grands hommes d’affaires, des ministres. Aussi, ils chantent entièrement pour le parti au pouvoir, le Président de la République, la Première dame,… tout cela tire sa source de l’idée d’ « Atalaku » puisque derrière, l’on déroule les qualités, l’on vante les qualités, les mérites. Bref, au Tchad, on vit l’ « Atalaku » au quotidien.

(Onassis Mutombo, propos récueillis)

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