Mois de mars Hommage aux femmes noires dans « Black Magic Women” d’Alexia Waku

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Mis sur le marché du disque voilà 3 ans en Europe principalement en France, l’album « Black Magic Women » est une bibliothèque biographique des femmes noires d’honneur qui ont marqué l’histoire de l’Afrique et de l’Amérique.

Son auteur, Alexia Waku (débout au milieu voir photo), a légué à toute une génération un chef-d’œuvre dont elle peut se servir au même titre que d’un livre d’histoire sur le combat élogieux des femmes noires. En ce début du mois dédié à la gente féminine, découvrez dans les lignes qui suivent l’échange avec cette femme de courage, lors de son passage au Groupe L’Avenir.

 Alexia Waku, présentez-nous le projet « Black Magic Women »

C’est mon projet de cœur, parce que j’ai trouvé qu’on ne parle pas assez de nous. Je viens de l’Europe, j’ai grandi là-bas. Je sais ce que c’est qu’être oublié alors qu’on traine une très grande histoire. Je suis maman, je veux que mes enfants puissent connaitre ma culture et mon histoire. D’où, « Black Magic Woman ». Dans cet album, je rends hommage à des femmes noires qui ont marqué l’histoire du monde.

Parmi celles-ci, pouvez-vous citées certaines et pourquoi ?

Parmi les femmes, il y en a beaucoup, j’ai commencé par Ndona Kimpa Vita du royaume Kongo, Miriam Makeba dans « Malaïka », qui était une femme forte avec une grande histoire sociale. Il y a également l’Américaine noire H. Jackson, la plus grande chanteuse gospel et qui a marqué aussi son passage dans l’histoire des noirs américains. Il y a Rosa P. la célèbre femme noire, j’ai repris aussi celles qui m’ont donné envie d’être ce que je suis, Mpongo Love et Abeti Masikini, dans « Ndaya » et « Aziza ». Pour moi, ce sont des « Black Magic Women », ce sont des femmes qui ont osé dans une société où la musique est culturelle et sociale mais professionnellement et en général, très mal vue. Et ces femmes-là ont pu casser cette barrière et ont été jusqu’au bout, en franchissant des frontières.

Tshala Mwana, Mbilia Bel,… n’ont pas eu de places ?

Ecouter, moi j’ai quand même cinquante ans, j’ai été bercée dans toute mon enfance par Mpongo Love et Abeti Masikini. C’est vrai que ma mère a adulé en sont temps Lucie Eyenga Tshala Mwana et Mbilia Bel n’existaient pas encore sur la scène musicale. A vrai dire, ce sont ces femmes-là qui ont fait les Mbilia Bel d’aujourd’hui. Sans elles, peut-être que l’on ne parlera pas des Tshala Mwana. Je rends d’abord hommage aux ainées (rire…).

Née et grandie en Europe, c’est rare de voir une femme comme vous réclamant sa culture africaine. Quelle justification donnez-vous à cela ?

Avoir le droit d’exister. Je trouve cela pas juste, de temps en temps, qu’on bafoue notre propre histoire. Et si nous ne la transmettons pas, je ne sais pas qui va le faire à notre place. Je suis à toute petite échelle, mais c’est mon devoir de mère, de femme noire que de transmettre à mes enfants et au monde cette glorieuse et belle histoire puisqu’on compte beaucoup sur cette terre.

Comment votre environnement en Europe a accueilli cet album ?

Magnifique. Magnifique parce qu’on ne va pas non plus ressasser tout le temps l’histoire, mais les européens l’ont accueilli avec beaucoup d’enthousiasme. A travers cette œuvre, ils voyagent. C’est aussi un moyen de les rendre riches sur autre chose que leur propre histoire à eux. En Europe, les gens sont assez curieux, c’est formidable. Les gens veulent apprendre, avoir quelque chose de nouveau. Quand dans mon album, je parle de Kimpavita, presque notre Jeanne d’Arc, les gens sont étonnés de savoir et cela les incitent à aller voir sur Internet. Connaitre un peu plus cette histoire, en plus, cela a un lien avec l’occident puisqu’il a été jugé et brulé vif par les portugais. Qu’ils apprennent à se connaitre eux-mêmes, comment le monde a évolué. Ils veulent également et à voir leur part de responsabilité par rapport à l’histoire de l’humanité. C’est très important.

Que réservez-vous pour la suite ?

Des projets, je n’en manque pas. Je compte établir un lien entre l’Afrique et l’Amérique noire. C’est-à-dire, toujours avec la musique, le prochain projet est de réaliser du jazz avec des instruments traditionnels. Parce qu’il y a une grosse partie du jazz qui vient de chez nous.

Pour le temps c’est un peu complexe, je suis déjà en train d’y travailler et d’ici un mois et demi, je vais rentrer au studio. Je nourris d’envie de briser ce mythe sur notre musique et le jazz. Et pourtant, c’est plus proche, c’est tellement lié.

Comptez-vous associer d’autres artistes chanteurs ?

Bien sûr ! C’est vrai que cela fait à peu près une année et demie que je suis arrivé ici, chaque jour pour moi, est un challenge au Congo. Il y a tellement à voir, un pays vraiment riche et il y a énormément de talents et de potentialités. Oui, à long terme, je compte travailler avec des jeunes mais je vais d’abord approcher des artistes traditionnels, parce que tout vient de là. J’essaie pour le moment de le fusionner avec cette musique américaine, qui pour moi, garde encore son âme, « soul ». Et nous nous faisons de la rumba qui est un brassage et quand on rentre dans la musique traditionnelle, l’on est davantage proche des Américains noirs.

(Onassis Mutombo)

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