Mode: et mœurs Paka Djuma, le règne de l’ingéniosité de la pauvreté et de la promiscuité

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Le gouvernement a pris l’engagement d’améliorer les conditions de vie de 5.211.488 Congolais vivant dans les zones inconfortables d’ici 2015, a déclaré dernièrement Mme Bafalanga Atosa, secrétaire générale à l’Urbanisme et l’habitat, à l’occasion de la journée mondiale de l’habitat.». C’est dans cette approche de chose que la rédaction a fait un focus sur un bidonville qui résiste encore au temps. Et qui produit de la main-d’œuvre pour les quartiers des affaires à Kinshasa.

Paka Djuma, c’est un quartier perdu de la ville de Kinshasa…celui-ci ne suit pas l’élan de la modernisation d’autres quartiers de la métropole congolaise. C’est un bidonville unique en son genre, par son infrastructure hors normes et surtout par la mentalité de ceux qui le gouvernent. La plupart des habitants de Paka Djuma n’ont rien de citadins mais par contre, ils constituent la main-d’œuvre dans le cadre de petits métiers au centre ville de Kinshasa.

C’est un village perdu dans la ville aux abords de la rivière Kalamu aux allures d’un camp de réfugies. Il se situe à quelques mètres de l’entreprise de fosses septiques. Il est coincé entre la voie ferrée de l’Onatra et la route qui mène vers l’Ecole de l’Aviation de Ndolo.

Le quartier Paka Djuma s’illustre par une ingéniosité de la pauvreté et une forte promiscuité. A la première vue, on découvre des habitations constituées des amas de pièces de ferrailles, des plastiques et de triplex couverts des tôles usés surplombées de câbles électriques à moitié dénudés dressés d’une manière désordonnée. D’autres encore serpentent les ruelles de ce quartier exposant ainsi les passants à l’électrocution. Comme témoigne un habitant de Paka Djuma : « ici, on ne vit pas mais plutôt on vivote dans la misère la plus noire. Sortir de ce quartier, c’est une délivrance…un miracle ».

Le premier sentiment qui se dégage de ce quartier, c’est de la répugnance et de l’horreur. Les personnes étrangères de ce quartier ne semblent pas être les bienvenues au regard répugnant de certains habitants de ce quartier.

Un bidonville qui apporte de la main-d’œuvre…

C’est un quartier d’ambiance outre mesure les jeunes s’adonnent à la consommation de l’alcool local « le lotoko », à forte teneur. Deux tiers des habitants vendent cette boisson en toute quiétude. A l’entrée de ce quartier de la ville, il est étalé aussi des whiskies en sachet et en bouteille de qualité douteuse. Ces habitants de quartier Paka Djuma constitue aussi la main-d’œuvre pour le centre d’affaires de la ville de Kinshasa.

A la première heure, ces Kinois envahissent les trottoirs de quartiers huppés, certains sont des vendeurs ambulants, d’autres des ouvriers de multiples chantiers. Le coût exorbitant du loyer au centre ville de Kinshasa les a poussés à se refugier dans ce quartier misérable. Le petit Ndombasi, cireur au centre ville, habitant de Paka Djuma témoigne que déguerpis dans leur ancienne habitation dans la concession Socopao, ses parents chômeurs ont jugé bon de se retirer dans ce quartier.

Il ajoute qu’il nourrit sa famille grâce à ce coup de main. Vieux Mogrosso est à son dernier gobelet de lotoko. Il témoigne qu’il construit plusieurs fosses septiques chez les nantis. Et que le destin de sa vie a fait qu’il n’a pas fait autant pour sa petite famille. Ces enfants font leurs besoins dans la nature environnante ou carrément dans la rivière Kalamu.

Il s’affaire maintenant à construire un trou dans une pièce en lambeau pour les plus âgés. C’est le style dans ce quartier, des latrines se réduisent à des petits trous abrités sous quelques lambeaux de tissus communément appelés « coup direct ». Et, la plupart de ces installations sont situés aux abords de la rivière Kalamu pour faciliter l’évacuation des excréments.

(Saint Hervé M’Buy)

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