Mode et mœurs: Les délestages, une affaire en or pour les commerçants

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A Kinshasa, le manque en fournitures en courant électrique est un grand handicap. Cela engendre la conjoncture, le stress et des habitudes contraires à la vie normale. Il faut avoir des nerfs solides pour gérer les délestages en fournitures d’énergies électriques imposés par la SNEL. Et ce, dans la mesure où ceux-ci ont un effet direct sur la gestion des ménages dans un foyer auprès des paisibles citoyens.

Au foyer, les délestages impliquent l’achat de la braise, l’achat des carburants pour les groupes électrogènes, l’achat des piles pour des torches pour la radio et autres appareils. Les délestages impliquent aussi le déplacement pour bénéficier de l’air frais. Et face à cette misère, les commerçants se frottent les mains, dans le rang, les tenanciers des restaurants et autres terrasses et dancing clubs.

Dans le même registre, les vendeurs de générateurs et autres panneaux solaires font aussi de bonnes affaires. Les clients sont à compter dans le rang des entreprises qui sont obligés de faire face aux caprices en fourniture en électricité pour relancer leurs productions. Et aussi, des privés pour éclairer leurs foyers, les besoins en électricité sont légion surtout à la tombée de la soirée. Les plus nantis vont même jusqu’à débourser un peu plus pour incorporer l’alternative de l’énergie solaire dans leurs résidences ou encore solliciter à la SNEL un départ unique. En général dans les quartiers de Kinshasa, parmi ces commerçants, il faut compter aussi les tenanciers de cabines téléphoniques qui étalent leurs tables de prise pour charger des téléphones de la population. Certains restaurants font des affaires. Ils s’érigent des écrans. Toutefois pour accéder aux places assises, il faut nécessairement consommer. Les « ngembo », autres visiteurs de passage sont penchés sur les vitres des restaurants, surtout pour suivre des championnats européens ou quand l’équipe nationale joue dans une compétition africaine. Dans d’autres restaurants plus huppés, les clients se déplacent avec ordinateurs portables. Une fois installé, le client au-delà du menu du jour n’hésite pas à demander aux serveurs le code Wifi du restaurant pour surfer. Certains restaurants bloquent carrément cette faveur aux clients parce qu’à la longue, ils constatent que certains clients pirates continuent à surfer avec leurs téléphones équipés du système Wifi.

Les terrasses environnantes ont compris qu’il faut se munir d’un groupe électrogène pour réaliser de bonnes affaires. Le secret d’une terrasse, entre autres, est qu’il faut toujours avoir de la bière fraîche disponible le long de la journée. Il n’y a pas d’excuses à cet effet et surtout des serveuses malignes qui savent susciter des habitudes auprès de la clientèle. Une fois qu’il y a délestage, la population se déplace pour se procurer des boissons fraîches. Il s’en suit des dégustations de la soupe de têtes de chèvre, les croupions, les cuisses de dindons et autres tiges de viande grillée. C’est la vie à Kinshasa, les stress créés par les délestages engendrent les habitudes. C’est tard dans la soirée qu’ils retrouvent leurs foyers. D’autres personnes, par contre, vont à la prière aux églises du quartier. Les pasteurs ne manquent pas non plus de faire passer les paniers pour les offrandes. C’est une forme de bonnes affaires parce qu’en temps normal, certains fidèles vont rester chez eux en famille. Quant aux enfants, ils restent devant les plays stations alimentés par des groupes électrogènes.

(Saint Hervé M’Buy)

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