Mode et mœurs « Bana vernis », vecteur de propagation des maladies

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Depuis plusieurs années à Kinshasa, un phénomène a pris des ailes dans le quotidien des kinois. Il s’agit de la manucure et la pédicure ambulantes initiées par des jeunes gens communément appelés « Bana vernis ». Consistant à se faire limer les ongles par ces garnements qui parcourent  tous les jours les artères de Kinshasa, cette pratique, bien que représentant un danger, est plutôt appréciée par la population kinoise. Ces jeunes gens exercent leur métier de porte à porte en se servant de mêmes matériaux (lime, ciseau, etc…), toujours à la recherche des clients. En vue d’avoir plus d’éclaircissement, le Journal l’Avenir vous propose différents avis recueillis auprès des intervenants, dont les opinions divergent.

Gloire Ndala (pratiquant du métier) : « Je n’avais jamais pensé qu’un jour ce métier deviendra une passion pour moi. Tout a commencé quand mon père est décédé. J’avais 15 ans d’âge, ainé de ma famille, je devais aider ma mère à s’en sortir. En lieu et place de voler, j’ai opté pour ce métier. Beaucoup se méfient de la trousse des soins que nous utilisons, de peur d’attraper le SIDA et d’autres infections. Mais, j’ai su gagner la confiance de mes fidèles clients. J’utilise de l’alcool pour désinfecter mes limes, ciseaux, etc… Les clients peuvent être rassurés qu’avec moi, ils ne courent aucun danger ».

Déborah Botoko (habitante de la commune de Kinshasa) : « Moi, je préfère avoir  ma propre trousse parce-que j’ai reçu beaucoup de mauvais témoignages suite aux instruments que ces jeunes gens utilisent. Quand je veux me faire une manucure ou une pédicure, j’appelle mon client  à la maison et je le paye après le service rendu ».

Sifa Likwa (étudiante en sciences infirmières à l’Institut Technique Médical/ Croix-Rouge) : « Pour être rassuré de la désinfectation des microbes, la stérilisation des objets tranchants doit s’effectuer à 100° C. Mais, ça m’étonne d’entendre les « Bana vernis » dirent que les clients ne devraient pas se méfier de leurs objets malgré tous les dangers qu’ils font courir à la population, simplement parce qu’ils les nettoient de manière superficielle. Les Kinois et les Kinoises devraient comprendre qu’il n’y a pas que le VIH comme risque. Une fois blessé par un objet de ces jeunes gens, la blessure peut s’infecter et vous conduire à une intervention chirurgicale ».

Marthe Landu (étudiante à l’IFASIC) : « Ici à l’institut, les « Bana vernis » nous font payer beaucoup d’argent. Ils expliquent cette exagération des prix par le fait que nous sommes dans la municipalité de la Gombe. Mais, c’est incroyable comme raison!, ils utilisent les mêmes objets que d’autres mais ils se prennent quand-même pour des rois ».

Sarah Busu (vendeuse au petit marche « foyer » dans la commune de Barumbu) : « Ces jeunes gens nous facilitent la vie. A des prix discutables et abordables, l’on peut se faire une belle manucure. Alors que dans les salons de coiffure, l’on n’a pas vraiment le choix. Je suis consciente des risques que je cours. J’ai la bonne volonté de m’acheter une trousse. Mais, j’oublie toujours de m’en acheter quand je vais en ville ».

En somme, pour éviter d’attraper le VIH/SIDA ou d’autres infections liées à la mauvaise hygiène des instruments utilisés par les « Bana vernis », le mieux serait de se munir de ses propres matériels à la place des outils de travail utilisés par ces jeunes gens. Car, la santé n’a pas de prix.

(Propos recueillis par Lofoli Gloria/ Stagiaire Ifasic)

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