Mise en garde: A.Minaku contre l’anarchie et le chaos

par -
0 1435
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.
  • Les parlementaires congolais ont repris le chemin de l’hémicycle hier jeudi 15 septembre 2016, pour leur session ordinaire, essentiellement budgétaire. Mais au regard des enjeux de l’heure, dominés par le dialogue politique, le speaker de la Chambre basse Aubin Minaku a, au nom de la représentation nationale, appelé tous les Congolais à ne pas céder tout appel à l’anarchie et au chaos
  • Toute personne consciente ne peut vouloir vivre les scènes de pillage en Rdc. De même, personne ne peut accepter que le sang des innocents y coule du seul fait des divergences d’ordre politique. Ce qui est en jeu, c’est la survie de la République. La réponse étant au dialogue. Même au Sénat, Léon Kengo n’a pas manqué de saluer les avancées enregistrées à ce Forum de la Cité de l’Union africaine

Fidèles à la tradition et aux lois de la République, les deux chambres du Parlement de la Rd Congo ont repris le chemin du Palais du peuple pour leur session de septembre. Une session essentiellement budgétaire, mais au cours de laquelle la politique s’est lourdement invitée.

L’ambiance au Sénat

Pour le Président Kengo, la session s’ouvre conformément aux articles 115 de la Constitution et 74 du Règlement Intérieur du Sénat. Elle coïncide avec la Journée internationale de la démocratie, célébrée par l’Union interparlementaire, dont le thème est : « le renforcement de la
démocratie, condition essentielle pour parvenir au dével
oppement durable à l’horizon
2030 ».

En outre, la présente Session intervient à un moment particulièrement important pour le
pays, marqué par la tenue en cours des travaux du Dialogue national inclusif. Celui-ci, convoqué par le Président de la République Joseph Kabila, conformément à la Constitution et à la Résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce dialogue avait pour objet la réflexion sur les voies et moyens d’organisation, dans les meilleures conditions, du processus électoral.

Le Comité préparatoire a proposé et le Dialogue lui-même a retenu plusieurs points en
rapport avec cet objet, dont les principaux sont l’évaluation du processus électoral;
la séquence des élections à retenir; le fichier électoral à utiliser; les mesures de confiance nécessaires à la tenue du processus; le calendrier électoral à fixer à l’issue de toutes les discussions; les mesures d’équité et de transparence du processus électoral; la sécurisation du processus électoral, etc.

A cela s’est ajoutée la nécessité de prévoir la conclusion d’un accord politique en vue de la mise en œuvre confiante des engagements souscrits. A ce jour, les parties prenantes au Dialogue sont tombées d’accord sur le fichier électoral. Celui-ci doit être révisé de fond en comble. C’est, du reste, ce que le Parlement a prévu en adoptant, à la dernière session, la révision de la loi électorale.

La question de la séquence des élections vient de trouver une issue, après la
suspension de sa participation par l’Opposition politique. La voie de sortie est celle de
l’organisation couplée de l’élection présidentielle et des élections législatives
nationales et provinciales. Les élections locales pourraient également y être incluses,
suivant la capacité de la CENI à résoudre les contraintes techniques et financières qui
s’y posent. En ce qui concerne l’accord politique, on n’en dispose pas encore des termes. Celui-ci
ne saurait cependant tarder, a affirmé le premier des sénateurs.

A la chambre basse

Devant un invité de taille, le Président de l’Assemblée nationale de la République d’Angola, qui a lui aussi exhorté les Congolais à la responsabilité, plusieurs personnalités congolaise et étrangères, et que la République ayant connu tant d’évènements au moment où les députés étaient en vacances parlementaires, Aubin Minaku a invité les uns et les autres à observer une minute de silence en mémoire des victimes et en particulier celles de Beni, massacrées par les groupes terroristes des ADF. Il en est de même de ceux de nos compatriotes victimes de toutes sortes de calamités.

Une session essentiellement budgétaire

« La Session ordinaire qui s’ouvre ce jour est, comme d’aucuns le savent,
essentiellement budgétaire. Dès lors, priorité sera accordée à l’examen et au vote
du projet de loi de finances de l’exercice 2017, qu’il revient au Gouvernement de
déposer au Bureau de notre Chambre dans le respect des délais requis par la
Constitution et la Loi du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques », a commencé Aubin Minaku.

A l’en croire, l’examen de ce projet de loi de finances de l’exercice 2017 intervient dans un contexte national caractérisé par les assises du Dialogue politique national inclusif, la poursuite des opérations d’enrôlement des électeurs.

Ce contexte est aussi marqué par le ralentissement de l’activité économique et le
fléchissement du niveau des recettes publiques dû à la baisse des cours des
matières premières dont dépend principalement l’économie de notre pays.

En clair, il sera donc capital, pour nous et de notre responsabilité, d’examiner
minutieusement le projet de loi de finances pour l’exercice 2017 et de l’approuver
objectivement sur base de l’approbation du Rapport de Reddition des comptes
pour l’exercice 2015.

Recours aux vertus du dialogue

De tous temps, a dit M. Minaku, l’histoire nous enseigne que toutes les fois que notre pays a été confronté à des défis majeurs, la sagesse a toujours commandé le recours aux
vertus du dialogue. Pour les Congolais, celui-ci n’est « pas une option, ce n’est pas qu’un devoir républicain et citoyen, c’est toute une culture ! Notre histoire n’est-elle pas jalonnée de dialogues, depuis la veille de son indépendance? Souvenons-nous de la Table Ronde de Bruxelles, du Conclave de Lovanium, des Conférences de Coquilhatville, de Tananarive, du Dialogue intercongolais de Sun City et j’en passe », a-t-il évoqué.

C’est dans cet esprit que les institutions politiques et les forces vives de la nation ont pris part aux Concertations nationales, en vue notamment de mettre fin au cycle infernal de violences à l’Est du pays, de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions et d’accélérer le développement du pays dans la paix et la concorde.

C’est également dans le même esprit que, tirant les leçons des actes de violence et des contestations qui ont émaillé les scrutins de 2006 et de 2011 et soucieux de créer un environnement politique susceptible de contribuer à la paix, à la stabilité et à la cohésion nationale dans la perspective de la tenue des prochaines élections, le Président de la République, Chef de l’Etat, a pris l’initiative de convoquer le Dialogue national inclusif avec comme toile de fond, «l’organisation d’un processus électoral apaisé, complet, inclusif, crédible et conforme aux standards internationaux ».

Hommage à Joseph Kabila

Voilà pourquoi le Président Minaku a tenu ici à rendre un hommage appuyé au Président Kabila et aussi pour avoir perçu, il faut le lui reconnaître, la nécessité et le bien-fondé de rassembler les Congolaises et les Congolais autour d’une même table afin qu’ils puissent discuter de l’avenir électoral de leur pays. « L’histoire lui en saura sûrement gré », a-t-il affirmé.

Il a en outre salué chaleureusement l’attitude digne et patriotique du peuple congolais dans son ensemble qui reste résolument attaché aux valeurs de paix, de l’unité nationale et du dialogue. C’est grâce à lui que tous les espoirs sont permis et que la République Démocratique du Congo peut, en toute sérénité, poursuivre sa marche vers des horizons meilleurs.

Dans le même chapitre, le Président Minaku a exprimé la reconnaissance de la
Représentation nationale à l’endroit de partenaires de la Communauté
internationale qui ont toujours su être là où il le faut afin d’apporter leur
soutien et leur accompagnement.

Parlant du dialogue et des élections, Aubin Minaku est catégorique: « je demeure profondément convaincu que les conclusions de ce forum, qui tend vers sa fin, permettront sans nul doute à notre pays de disposer d’un schéma électoral clair et précis à même de nous amener vers des échéances électorales véritablement démocratiques. Oui, des élections il y en a eu ! Oui, des élections il y en aura! », a-t-il insisté, saisissant cette opportunité pour solennellement proclamer à nouveau sa foi profonde aux valeurs républicaines partagées par la plupart des nations civilisées: « avant, pendant et après le Dialogue, dis-je, tout et alors tout doit se faire conformément à notre Constitution », a-t-il encore promis.

Le respect de la constitution

Pour Aubin Minaku, respecter la Constitution signifie aussi « respecter les prérogatives
constitutionnelles de chaque institution, stricto et lato sensu, du Gouvernement
comme de la Commission Electorale Nationale Indépendante, du Parlement
comme du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, etc. »
Aussi, a-t-il souligné qu’aucune des Résolutions du Dialogue national, quelle qu’elle soit, ne se devra de s’affranchir du Corpus constitutionnel perçu dans sa triple dimension sus-décrite. Aucune d’elles, je souligne! Cependant toutes, sans exception, devront considérer et respecter les prérogatives de toutes les institutions de la République.

Contre les pêcheurs en eaux troubles

Dans le virage qu’emprunte notre pays en ce moment, nous sommes, nous élus directs du peuple, appelés à faire preuve de plus de responsabilité. Le débat sur la préservation et l’ancrage de l’Etat de droit a besoin de plus de dignitéet de sérénité. Rien, mais alors rien n’est aussi contreproductif que de vouloir
segmenter notre peuple dont la grandeur réside avant tout dans sa volonté de toujours être uni.

« Nous devons bannir les comportements belliqueux tout comme aussi les propos incendiaires. La République Démocratique du Congo c’est notre bien le plus précieux, chacun de nous doit avoir à l’esprit l’idée de le protéger contre les velléités divisionnistes », a-t-il dit aux élus du peuple.

En outre, « la Représentation nationale, par ma voix, appelle notre peuple à ne pas céder à l’appel à l’anarchie et au chaos. Nous ne voulons plus vivre les scènes de pillages dans notre pays. Nous ne voulons plus que le sang des innocents y coule du seul fait des divergences d’ordre politique », a-t-il dit.

Seul le Dialogue aujourd’hui et demain peut nous permettre de construire un
consensus et de permettre à notre démocratie de poursuivre sa marche vers sa
consolidation effective. Aujourd’hui la classe politique est face à un défi démocratique, un défi républicain mais aussi et surtout un défi moral.

Ce qui est en jeu ne doit sous aucun prétexte être l’occasion pour un parti politique ou une plate-forme politique de tirer un quelconque bénéfice purement politicien ; Ce qui est en jeu, c’est quelque chose qui nous dépasse tous et qui revêt un caractère grave; Ce qui est en jeu, , c’est la survie de la République Démocratique du Congo comme pays, comme Etat et comme une communauté d’hommes et des femmes n’ayant qu’une chose en tête, vivre ensemble dans un même espace, un même territoire et une même société, tout en œuvrant pour que chacun y vive libre, en paix et socialement épanoui.

(Emmanuel Badibanga)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse