Mise au point de l’Ambassadeur d’Algérie

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Au cours des derniers jours, certains organes de la presse congolaise se sont laissés
convaincre de reproduire
, de manière uniforme, un compte-rendu relatif à une conférence
traitant de la question du Sahara Occidental donnée à l’Université
Libre de Kinshasa, dans
laquelle les faits ont été travestis, l’aspect juridique du conflit a
été falsifié et le nom de
l
Algérie a été évoqué de manière grossière, directement et indirectement, dans l’unique but
de porter préjudice à un pays qui n’a jamais renoncé à sa position
de principe de soutien au
droit des peuples à disposer d’eux mêmes, partout où ce droit est ma
lmené. Afin d’éclairer vos lecteurs et de rétablir la vérité sur certains aspects du conflit évoqués dans ladite conférence, je vous prie de bien vouloir insérer dans les colonnes de votre journal la
mise au point dont la teneur suit :

  1. 1. Le Sahara Occidental est inscrit, depuis 1965 sur la liste des territoires non-autonomes,
    tenue par le Comité de Décolonisation des Nations Unies (C-24) et, de ce fait, il est éligible à
    l’application de la Résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960 portant « Déclaration sur
    l’Octroi de l’Indépendance aux Pays et Peuples Coloniaux
    ». La Question du Sahara
    Occidental n’est pas un différend régional. Il s’agit d’un problème de décolonisation entre les
    mains des Nations Unies qui ont clairement identifié les parties au conflit et qui, dans toutes
    leurs résolutions ont, toujours, mentionné l’exercice par le peuple du Sahara Occidental de
    son droit à l’autodétermination comme seul moyen de trouver une solution au conflit.
  2. Créé, en effet, en 1973, le Front POLISARIO n’a pas été installé dans la région de
    Tindouf, en Algérie, comme indiqué, à tort, dans le compte-rendu, mais dans le territoire du
    Sahara Occidental à partir duquel il a mené sa lutte de libération contre l’occupant espagnol.
    Le POLISARIO a bénéficié, à l’époque, de l’appui de tous les pays de la région qui, sans
    exception, ont soutenu, sur le terrain et devant les instances internationales, son droit à
    l’autodétermination et à l’indépendance. La tendance à vouloir lier, selon les circonstances,
    l’existence du Front POLISARIO à « des considérations géopolitiques» n’élimine en rien
    cette réalité.
  3. L’Avis consultatif de la Cour Internationale de Justice de 1975, mentionné par le
    conférencier, a, en effet, reconnu des liens juridiques de certaines tribus vivant sur le
    territoire du Sahara Occidental avec le Maroc, d’une part, et avec l’ensemble mauritanien,
    d’autre part. Mais le conférencier a volontairement passé sous silence le fait que dans cet
    Avis, la Cour a conclu que « les éléments et renseignements portés à sa connaissance
    n’établissent l’existence d’aucun lien de souveraineté entre le territoire du Sahara
    Occidental d’une part, le Royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien d’autre part. La
    Cour n’a donc pas constaté l’existence de liens juridiques de nature
    à modifier
    l’application de la résolution
    1514 (XV) de l’Assemblée Générale des Nations Unies quant
    à la décolonisation du Sahara Occidental et en particulier l’application du principe
    d’autodétermination grâce
    à l’expression libre et authentique de la volonté des populations
    du territoire»
    (Communiqué CH N° 75110 du 16 octobre 1975).

 

  1. Concernant la recherche d’une solution au conflit, il serait faux, hâtif et injuste de
    dire que l’Afrique « a échoué» dans ses efforts à cet égard. Le « Plan de règlement» a été
    engendré et a connu ses premiers balbutiements au sein de l’ancienne OUA. C’est après le
    rejet de leur offre d’organiser et de superviser le référendum d’autodétermination que les
    membres de l’organisation panafricaine ont transféré ce plan aux Nations Unies pour sa mise
    en œuvre. En adoptant ce Plan, le Conseil de Sécurité de l’ONU a créé la Mission des
    Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental – MINURSO – qui, comme son nom
    l’indique, avait pour mission d’organiser, dans les six mois qui suivent sa mise en place, un
    référendum d’autodétermination au Sahara Occidental.
  2. Sans vouloir m’attarder sur les péripéties et les tergiversations qui ont empêché
    l’application du Plan de règlement, il serait intéressant de comprendre «les divergences
    fondamentales» auxquelles il est fait référence en relation avec le « Plan Baker» de 2003,
    accepté par le Front POLISARlO, que le Conseil de Sécurité de l’ONU a, clairement, défini
    comme « Solution optimale» au conflit du Sahara Occidental.
  3. Le compte-rendu, (inspiré par le conférencier ou son entourage 7), est truffé de
    mensonges et de contre-vérités sur la situation des réfugiés sahraouis en Algérie. De l’avis du
    Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés – HCR -, la contribution de l’Algérie
    à l’allègement des souffrances de ces réfugiés est plus importante que celle du reste de la
    communauté internationale réunie.
  4. S’agissant de la question de la violation des droits de l’homme, il est utile de rappeler
    que le territoire occupé du Sahara Occidental est hermétiquement fermé devant les
    observateurs internationaux, y compris des parlementaires européens qui ont été empêchés
    d’y accéder. Les rapports périodiques du Parlement européen et des ONG Internationales
    spécialisées comme Human Rights Watch, Amnesty International ou le Centre JF Kennedy.
    sont très critiques dans leur dénonciation des violations des droits de 1 ‘homme dont sont
    victimes les populations des territoires occupés du Sahara Occidental.
  5. La mise en place d’un mécanisme des Nations Unies pour la protection des droits de
    1 ‘homme, aussi bien au Sahara Occidental que dans les camps des réfugiés à Tindouf, ou
    l’inclusion de cette question dans le mandat de la MINURSO, constitue l’une des
    revendications récurrentes du Front POLISARlO et des ONG spécialisées à laquelle le
    Conseil de Sécurité n’a pas encore donné suite. Le compte-rendu en question a,
    malheureusement, manqué une occasion de nous éclairer sur les raisons qui empêchent le
    Conseil de Sécurité de combler cette anomalie et qui font que, parmi les Missions de
    maintien de la paix des Nations Unies, seule la MINURSO n’a pas la surveillance et la
    protection des droits de 1 ‘homme dans son mandat.

NOTE DE LA REDACTION

Tout en prenant acte de la mise au point de M. Mahieddine Djeffal, Ambassadeur d’Algérie en Rd Congo, le Journal L’Avenir déplore la manière dont la presse congolaise a été traitée, parce qu’elle aurait reproduit de manière uniforme, un compte-rendu relatif à une conférence traitant de la question du Sahara Occidental donnée à l’Université Libre de Kinshasa. Et pourtant, le journaliste du Groupe L’Avenir qui a traité cette information l’a fait dans le respect des us et coutumes de la profession, et dans le strict respect du rendu de ladite conférence. Et ce, après un débat houleux entre les organisateurs (Université Libre de Kinshasa et l’Ambassade du Maroc) et le public composé essentiellement des étudiants. En plus, s’il y a des divergences au sujet du Sahara Marocain ou du Front Polisario, les colonnes du Journal L’Avenir ne devraient pas servir de tribunal pour résoudre ces questions qui n’ont pas commencé aujourd’hui.

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