Ministère des TRANSVOCOM. Kinshasa : Contrôle de routine ou tracasseries routières officialisées

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Alors que les deux semaines initialement prévues pour le contrôle de véhicules se sont largement écoulées, les agents du ministère des Transports et Voies de communications continuent à prendre d’assaut les grandes artères de Kinshasa. Tous les coups sont permis, hélas, pour se bourrer les poches sur le dos des pauvres propriétaires des véhicules à usage personnel. De quoi exaspérer la population au moment où le Chef de l’Etat consulte en vue de pérenniser la paix, à la veille des élections.

Encore un contrôle technique dit ‘’de routine’’ ces derniers temps dans les rues de Kinshasa. Mais c’est une grosse affaire de sous. D’ores et déjà, les conducteurs de véhicules

personnels s’en disent exaspérés. En effet, des barrières sont érigées dans certains lieux stratégiques de la ville. Pour un cas de figure, les hommes d’une moralité quelconque, en tenue civile négligée et souvent malpropres, question de stratégie peut-être, font irruption sur une voiture. L’événement s’est déroulé hier mercredi à la hauteur de l’avenue Itaga sur l’avenue Kasaï, séparant la commune de Barumbu et le grand marché, dans la commune de Kinshasa.

Des manières brutales

« Celui qui s’est présenté comme chef d’équipe, inspecteur ou OPJ comme on l’appelait, s’est planté soudain, en plein chemin devant moi. Il m’a expliqué, une vieille photocopie à peine lisible d’un ordre de mission expiré à la main, qu’il est agent du ministère des Transports et Voies de communication», a commencé M. Claude, lui aussi agent de l’Etat, au volant de sa Mercedes. Et de poursuivre : « présentez-moi votre permis de conduire et la carte rose de la voiture », dit l’inspecteur. Claude est en ordre : les deux documents sont là. Et une fois dans les mains de l’inspecteur, ce dernier l’oblige à prendre la gauche de l’avenue Itaga, comme s’il se rendait au grand marché. Ce qui animera un débat houleux tant cela rimait, selon lui, avec un enlèvement.

L’inspecteur ajoutera alors que sa mission concerne aussi les documents de contrôle technique, exercice 2015. Et pour sa catégorie de véhicule, il faudra que Claude paie illico 230.000 Fc, étant donné que les derniers documents en sa possession avaient expiré depuis le 2 juin dernier. Des coups de fil passent dans tous les sens. Aucune intervention pour le pauvre Claude. Et d’un ton bourru, l’inspecteur lui exige la moitié-prix pour le laisser aller. « A défaut de cette somme, j’appelle le chef au camp Lufungula pour t’escorter avec ton véhicule jusque-là. Je te le jure sur la tombe de ma mère : ‘’tu vas payer cher parce que tu ne sais pas coopérer avec tes petits’’, dit le fameux inspecteur.

Claude n’avait rien que ses poches vides. Soudain, c’est son ami François qui passe par-là, pris lui aussi dans la même nasse. Pour couper court et, habitué au pot-de-vin, François va tendre un billet de 100$ à l’inspecteur pour les deux véhicules. Et le sourire revient ! L’inspecteur lâché prise, sans autre forme de procès, leur indiquant même un autre chemin à prendre pour atteindre la ville sans tomber dans un autre guet-apens.

Des choses à révéler

Cette mésaventure, c’est sous la barbe et l’œil visiblement complices de la Police de circulation routière. Elle aussi, s’affairant à jouer sa carte au même croisement Itaga-Kasaï. Pourtant, ce n’est pas ce qui a été recommandé cette dernière par Célestin Kanyama. Parler d’une tracasserie soutenue ou d’un terroriste au cœur de Kinshasa, les mots ne sont pas mal choisis. En un laps de temps, plusieurs véhicules, surtout des jeeps des particuliers ont jonché les deux bandes de l’avenue. Il est vrai que cette incursion des agents du ministère des Transports a fortement gêné la circulation. Sans nul doute, des cas de retards ont été signalés au service, à bien d’endroits.

Cependant, les langues des Kinois se sont déliées dans tous les sens : « à quoi bon un contrôle technique dans cette ville où vous avez un véhicule neuf le matin et déclassé le soir, à cause du mauvais état de toutes les routes ? », s’interroge M. Mata, chauffeur d’un taxi. « Où sont passés les millions encaissés lors du dernier contrôle technique et de la dernière vente de la vignette? », renchérit Dringo, au volant d’un bus 207 dit ‘’esprit de mort’’. « Qu’a-t-on fait de ceux qui n’avaient pas obtempéré au dernier contrôle technique ? », ajoute pour sa part Maître Anny, avocate au barreau.

Mais à la question de savoir pourquoi en cette période des vaches maigres, l’autorité a-t-elle permis ce contrôle, un badaud lance en plein visage d’un agent du ministère : ‘’ce n’est que pour bourrer vos poches et celles de certaines personnes qui en ont besoin pour des enjeux électoraux que vous maltraitez le petit peuple’’.

S’il est indispensable pour l‘Etat de vivre au moyen de ce qu’il récolte : impôts, taxes et autres redevances sont perçus à cette fin pour donner aux gouvernants les moyens de leur politique. Mais il est aussi indispensable de savoir comment et à quel moment de l’année exiger certaines choses au contribuable congolais. En tout cas, le temps qu’il fait à Kinshasa, où Joseph Kabila prône la paix par le truchement des consultations présidentielles,… le moment ne semble pas se prêter à cette opération qui, en réalité n’apporte pas grand-chose au compte du Trésor. Pouah ! C’est probablement lesdits inspecteurs et ceux qui les ont mandatés qui s’enrichissent éperdument sur le dos des paisibles citoyens.

(MB)

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