Masumu Debrindet : « La SOCODA est différente de le SONECA, que tous les artistes congolais fassent confiance au comité Kiamwangana »

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Plusieurs fois, et cela depuis de nombreuses années, nous avons assisté au départ et à l’arrivée de plusieurs comités de gestion des sociétés congolaises de droits d’auteur (SONECA) et SOCODA. Ce qui est un peu marrant dans tout cela, se sont, souvent les mêmes noms qui partent et qui reviennent aux commandes. Et cela donne l’impression comme si, à la ronde, il n’y avait pas de personnalités capables de gérer correctement cette coopérative des artistes.

Après la défénestration du Comité Mondonga, il y a eu le Comité Paulin Mukendi qui n’a fait que l’espace d’un matin, aujourd’hui le nouveau PCA c’est Georges Kiamwangana Mateta Verckys  qui est en déplacement en Europe. A la recherche d’une vérité, nous avons approché l’administrateur Ndungi Mambimbi Masumu Debrindet pour qu’il nous parle de ce qui se passe actuellement au sein de la SOCODA. Suivez à travers ce jeu de questions-réponses intéressant :   L’opinion parle de Kiamwangana Mateta qui est depuis longtemps absent de Kinshasa. Certaines langues avancent même qu’il se trouve présentement dans l’incapacité de pouvoir gérer une institution comme la SOCODA. Qu’en dites-vous ?

Masumu Debrindet : Je commencerai par vous dire que le Comité Kiamwangana est toujours là. Si ce dernier temps, le Président du Conseil d’Administration, Verckys, est absent cela se justifie par le fait qu’il est en soins en Europe. Il n’a pas fui les charges qui sont les siennes à la SOCODA. Ceci, contrairement à ce que peuvent penser certains sceptiques avides du sensas. En l’absence du PCA Kiamwanngana, l’intérimaire est assuré par Jossart Nyoka Longo qui travaille avec Abu. De ce côté, il n y a rien à signaler, seulement on a dû nommer un nouveau Directeur Général en la personne de M. Bwenzeyi qui est un ancien liquidateur de la SONECA. Vous vous souviendrez que la liquidation de la SONECA a pris plusieurs années de cogitation avant que la dernière Assemblée Générale Elective a pu être tenue au Zoo, mettant ainsi fin aux éternelles querelles sur la liquidation de cette société. Cependant, compte tenu de son expérience partant de sa façon de superviser les choses et ayant apporté des preuves de sa bonne gestion des méthodes, le Conseil d’Administration a jugé bon de le nommer provisoirement au poste de Directeur Général. C’est ça.

Je m’empresse de vous dire que depuis que le DG Bwenzeyi est là, la SOCODA a repris du souffle, les artistes, toutes tendances confondues, sont bien payés. C’est-à-dire, ils touchent leurs royalties sans problèmes et avec fierté mettant ainsi fin au règne des anciens DG qui étaient trop amorphes. Aujourd’hui je vous le dit haut et fort, le Conseil d’Administration et le Direction Générale vivant en symbiose et travaille en synergie.

Quelle est la différence entre le Conseil d’Administration et la Direction Générale ?

Le Conseil d’Administration est l’organe de conception et d’orientation de la SOCODA tandis que la Direction Générale exécute toutes les décisions prises par le C.A. pour la bonne marche des activités.

Avant la SOCODA, il y avait la SONECA dont vous avez parlez tout à l’heure de la liquidation, aujourd’hui quelle différence faites-vous entre les deux institutions ?

C’est sur ordonnance présidentielle, il a été créé, depuis 2013, une nouvelle société de droits d’auteurs nommée Société Congolaise des Droits d’Auteurs,  SOCODA. Ce qui a permis à mettre un terme à l’imbroglio qui avait régné sur la liquidation de la SONECA. Aujourd’hui en RDC, il n’y a qu’une seule société des droits d’auteurs qui a le monopole ici, c’est la SOCODA. Si vous croisez quelqu’un continuant encore à parler de la SONECA dites  simplement que c’est un escroc qui a sa place en prison.

Aujourd’hui nous parlons de la SOCODA, hier nous parlions encore de la SONECA et si vous auscultez les têtes qui supervisent ces institutions depuis lors, vous serez surpris que ce sont pratiquement les mêmes noms qui reviennent à la page comme Kiamwangana, Nyoka Longo, pour ne citer que ces deux personnalités. On a toujours ici les mêmes impressions de prendre et de recommencer. Qu’en dites-vous ?

Votre réflexion est juste dans la mesure où ceux qui suivent l’évolution de notre société des droits d’auteurs ont vu, au-delà de tous, les deux noms que vous venez de citer revenir plus d’une fois aux commandes. Retenez que dans la SONECA, c’était un groupe de gens, sans altruisme, qui se comportaient comme dans une boutique et se plaisaient à puiser dans la caisse ce qui ne leur revenait pas, versant ainsi dans l’incertitude les ayants-droits que sont des artistes. A la ronde, ceux que vous citez bien que se retrouvant dans le circuit, ils n’étaient que des simples accompagnateurs je veux dire des simples siphons  qui ne pouvaient rien, en dépit de leur charisme, c’étaient les autres qui géraient.

Souvenez-vous qu’avant j’étais membre de la SONECA et je n’avais, en tout cas pas, perçu mes droits croyant que c’étaient seulement des artistes-musiciens qui pouvaient percevoir quelques choses. Aujourd’hui je suis administrateur à la SOCODA et de par la bonne gestion de l’équipe dirigeante chapeautée par le PCA Kiamwangana Mateta les artistes, toutes tendances confondues (plasticiens et ceux des arts de spectacles) perçoivent régulièrement leurs droits. Les miens je ne m’en plains jamais parce que je les touche aussi avec bonheur.

Il y a des artistes congolais qui, à cause de la mauvaise gestion de la SONECA ne sont plus membres de cette institution préférant s’affilier à d’autres  entreprises étrangères plus performantes. Que pensez-vous faire pour les récupérer auprès de vous dans la SOCODA ?

Je vous annonce qu’il y a déjà une bonne partie d’artistes qui a été récupéré au sein de la SOCODA bien qu’il y ait encore quelques têtes qui résistent mais elles finiront bien par nous suivre d’autant plus que nous sommes la voie de la raison.

Quelques choses à ajouter ?

Je demande aux artistes, toutes tendances confondues, de se comporter dignement. Cessez avec des histoires de basse-classes. C’est écœurant de voir des grandes personnalités artistiques passer à la Télévision pour injurier, c’est un mauvais exemple, surtout de la part de nos amis qui font la musique… Ce sont des pères et des mères de famille. Ils doivent savoir marcher sur la bonne voie en respectant les grandes règles de savoir-vivre en société. Je lance un appel vibrant à tous les artistes et surtout à tous les artistes comédiens à venir faire leur adhésion à la SOCODA afin qu’au retour ils puissent jouir des fruits de leur travail. Ce sera de même après votre mort que vos enfants et vos ayants-droits puissent continuer, sans problème, à toucher les droits d’auteur et droits voisin comme si vous étiez toujours vivant.

Un dernier mot ?

Que tous ceux que j’ai pu égayer de par mon travail d’artiste depuis mes 50 ans de carrière à continuer à me soutenir. Je célèbre mon jubilé chez Béatrice Hôtel et voudrais que je sois plébiscité du moment où je suis encore vivant.

Croyez à la SOCODA car la structure ainsi que les animateurs qui sont là-bas sont des gens plein d’abnégation. Que ceux qui connaissent Masumu Debrindet fassent une prière pour moi en demandant à Dieu de m’accorder encore une longue vie sur cette terre et de me soutenir dans ce travail parfois ingrat que j’ai tout de même choisi parmi tous.

(Propos recueillis par Kingunza Kikim Afri)

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