Marshall Dixon, un artiste entre engagé et revendicateur

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Il ne se présente pas comme artiste engagé comme nombreux le pensent, Marshall Dixon,  Jean-Paul Nsungu de son vrai nom, porte la peau d’un interpellateur.  Très incisif dans ses deux morceaux phares  « On est fatigué » (2007) et « Bo Tia Nase » (2016), l’ancien du collectif Keep Quiet veut accentuer la promotion, pour cette année nouvelle, de son opus « Good feeling » et veut se lancer dans la production des jeunes talents à travers son « MD Music ». Il se livre dans cet entretien accordé à eventsrdc.com.

Depuis le début de votre carrière solo jusqu’à ce jour, vous manifestez un esprit revendicatif. À quoi est dû cela ?

Au faite, c’est juste une impression que les gens se font de moi. Certains même me classent dans la catégorie: artiste engagé. Pourtant, je l’ai toujours dit que je me considère juste comme un artiste tout court, qui chante toutes les choses qui le touche, partant de l’amour, la haine, la joie, la mélancolie et bien sur des temps à autres la politique.

Vous serez étonnés de savoir que dans mon répertoire déjà rendu publique qui compte plus d’une cinquantaine de morceau dont 2 seulement parle politique: On est fatigué 2007 et Bo Tia Na se 2016! Ce qui s’explique tout simplement par le fait que dans ces deux titres, je parle des choses qui touchent des millions de congolais, et je décris ce qu’ils vivent au quotidien. Pour mieux faire passer mon message, je le place sur des rythme très festifs, pour pouvoir rendre cela attractif, on danse dessus d’abord parce que on kiffe l’ambiance et le feeling. Ensuite, quand nous faisons attention au texte, on kiffe encore plus parce que tout le monde se trouve quelque part. Ce qui explique le succès de ces morceaux et cette attribution d’artiste engagé ou revendicateur ! Pourtant moi même je ne me considère pas vraiment ainsi.

Dans « On est fatigué » et « Bo tia na se », vous interpellez les politiciens de tous les bords. Êtes-vous sûr qu’ils entendent vos messages ?

Oui. Je sais qu’ils m’écoutent. Car, je discute avec certains d’entre d’eux. Les uns me félicitent et les autres trouvent que je les taquine un peu trop voir même certains pensent que je suis un anti-système! Une fois dans une station service à Kinshasa,  j’ai croisé un Monsieur qui faisait aussi le plein de sa voiture, il m’a reconnu et m’a dit salut Marshall, j’ai écouté ta dernière chanson, si j’étais le président je t’aurai fait coffrer ! J’ai sourit et lui ai répondu malheureusement pour vous, vous ne l’êtes pas. On a rigolé et il s’est en allé donc. Loin de là, je ne suis pas un anti système ! Je suis juste un échantillon de cette population dont ils ont la charge de gouverner. Ils doivent juste me considérer comme un thermomètre du peuple.

Avez-vous déjà été approché ou interpellé par eux ?

Comme je l’ai dit tout haut, il arrive qu’on se croise avec certains. On discute entre citoyen et c’est tout ! En tout cas pour l’instant !

Selon vous, pourquoi la RDC n’arrive toujours pas à se développer malgré ses multiples dialogues ?

Je pense qu’il faut que nos hommes politiques arrêtent d’abord de mettre leurs intérêts personnels au premier plan (course au pouvoir, recherche des postes …) et mettre sur la table des ces différents dialogues, les  dossiers qui concernent le peuple et son bien être. Ça sera déjà un bon départ.

Avec un taux de chômage estimé à plus de 80%, les jeunes rd-congolais font objet de plusieurs manipulations de la part des politiciens et de certains acteurs de la société civile. Qu’est-ce vous leur dites ?

C’est violent. Mais, c’est difficile de demander à quelqu’un qui n’a rien mangé depuis des jours de refuser les beignets qui sortent de la poche d’un féticheur. C’est triste mais c’est la réalité. Voilà pourquoi il  faut une grande prise de conscience au niveau de la jeunesse congolaise! Vous comprenez pourquoi mes titres engagés comme « On est fatigué » et « Bo tia na se » sont toujours en format grand public et populaire pour toucher plus de monde possible car je le fait dans le format des musiques que ces jeunes écoutent et dansent.

Comment se présente votre calendrier pour cette année 2017 ?

Avec mon équipe, nous continuons la promo de l’album GOOD FEELING. Au cours de cette même année, je serai peut-être beaucoup plus dans mon costume d’entrepreneur. Car, je compte développer officiellement mon label MD Music et sa branche de distribution sur laquelle, je bosse en ce moment en sourdine.

(OM)

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