Mars 2018: BCNUDH note la baisse de cas des violations des droits de l’homme

par -
0 224
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Dans son nouveau rapport de mars 2018, le BCNUDH a documenté 406 violations des droits de l’homme en RDC, soit une nouvelle baisse importante par rapport aux 525 violations documentées en janvier 2018. Toutefois, les chiffres du premier trimestre 2018 (1.625 violations) sont en augmentation par rapport à ceux du premier trimestre 2017 (1.435 violations). Les agents de l’Etat sont responsables de près de 70% de ces violations, tandis que plus de 30% ont été perpétrées par les groupes armés. Bien que le nombre de victimes d’exécutions extrajudiciaires par des agents de l’Etat (31 victimes) et d’exécutions sommaires par des groupes armés (53 victimes) soit en baisse, il demeure préoccupant.

Près de 75% des violations ont été commises dans les provinces affectées par le conflit (306 violations), entrainant la mort d’au moins 80 civils, dont 16 femmes. Pour le cinquième mois consécutif, les agents de l’Etat ont commis plus de violations (60%) que les groupes armés (40%) dans les zones en conflit. Les combattants Maï-Maï Mazembe sont les principaux responsables parmi les groupes armés (8%). Près de 45% de ces violations ont été documentées dans la province du Nord-Kivu (137 violations), qui reste la plus affectée, suivie du Sud-Kivu et du Kasaï (36 violations chacune). Le nombre de victimes de violences sexuelles liées au conflit (13 femmes et 19 filles), bien qu’en baisse, continue d’être aussi un sujet de préoccupation.

Dans les provinces non affectées par le conflit, 100 violations des droits de l’homme (25% du total) ont été documentées. Les agents de la Police nationale congolaise (PNC) sont responsables de la moitié de ces violations. A l’instar des mois précédents, la plupart de ces violations ont été documentées dans les seules provinces du Haut-Katanga (40%), du Kongo Central (23%) et de Kinshasa (12%).

En mars 2018, le BCNUDH a documenté 49 violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales liées à des restrictions de l’espace démocratique sur l’ensemble du territoire : une baisse importante par rapport au mois précédent (108 violations en février 2018). Loin de refléter une ouverture de l’espace démocratique, cette baisse s’explique davantage par une diminution des activités de la société civile, laquelle pourrait faire suite aux conséquences des menaces et intimidations persistantes depuis trois ans. Le nombre total de violations en lien avec les restrictions de l’espace démocratique documentées au cours des trois premiers mois de 2018 (260 violations) correspond au nombre total de violations documentées en 2015, ainsi qu’à une augmentation de 46% par rapport au premier trimestre 2017 (177 violations). Les principaux auteurs présumés de ces violations sont, ce mois-ci, les autorités politico-administratives (33%), suivies par les militaires des FARDC (31%), et ont touché principalement les provinces du Maniema (10 violations) et du Nord-Kivu (neuf violations). Les violations les plus rapportées sont les atteintes au droit à la liberté de réunion pacifique (13 violations) et à la liberté et à la sécurité de la personne (12 violations). Les membres d’organisations de la société civile (20 victimes) restent particulièrement visés.

Du 14 au 22 mars 2018, le BCNUDH a organisé une mission d’enquête dans le territoire de Djugu (Ituri), dans le contexte de violences interethniques entre les communautés Hema et Lendu. Il ressort de la mission que, depuis décembre 2017, au cours de 56 incidents survenus dans les collectivités de Bahema-Nord, Walendu Tatsi, Walendu Djatsi, Walendu Pitsi, Bahema Banyuagi, Ndo Okebo et Mambisa, au moins 263 personnes, dont au moins 91 femmes, ont été tuées, 29 autres ont été blessées, et 120 localités et villages ont été pillés et détruits. La majorité des victimes est de l’ethnie Hema. L’équipe a par ailleurs identifié cinq sites probables de fosses communes à Blukwa Centre et Maze/Waliba. Depuis le 16 décembre 2017, plusieurs localités du territoire de Djugu, province de l’Ituri, sont en proie à une escalade de violences continues entre ces deux communautés. Ces divers incidents ont conduit à des déplacements massifs de populations vers Bunia, Aru, Mahagi et en Ouganda.

(JMNK)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse