Marie-Josée Yakembe : « Les veuves vivent difficilement … l’Etat doit leur venir en aide »

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« Femme et veuvage ». Tel est le thème choisi cette semaine dans le cadre de notre édition hebdomadaire « L’Avenir-Femme ». Ainsi, Maman Marie-José Yakembe Nzewe, veuve de feu le douanier Léopold Lega (ex agent de l’OFIDA aujourd’hui DGDA), et mère de quatre enfants, a accepté volontiers de nous accorder une interview au cours de laquelle elle a exprimé la situation difficile des femmes veuves dans le contexte de la Rd Congo. Aussi a-t-elle insisté pour que les autorités gouvernementales apportent de l’aide de l’Etat congolais aux veuves, en vue de leur autonomisation. Ci-dessous, l’essentiel de l’entretien. 

L’Avenir : comment voyez-vous la situation des veuves en Rdc ?

Perdre un mari, c’est une situation très difficile pour une femme. Surtout si le mari n’a pas laissé de  fortune à sa famille. Alors, la veuve qui reste avec les enfants a un coup dur pour continuer à vivre. Sans argent, la vie de la veuve est intenable. Elle est livrée à la souffrance, condamnée à faire face à la misère. Elle n’a pas d’autre choix que de supporter sa calamité, sinon, c’est la catastrophe. Mon cas par exemple, mon défunt mari ne m’a rien laissé comme fortune. J’ai du endurer pour continuer à élever nos enfants. Avec mon petit commerce, la vente des beignets, je parviens très difficilement à soutenir les études, les soins de santé, et surtout le quotidien des enfants. Les femmes qui ont perdu des maris et qui sont restées avec les enfants, doivent vraiment se prendre en charge. Elles doivent donc se jeter dans la débrouillardise ou dans le petit commerce. Et surtout, qu’elles ne se fassent plus des soucis. Qu’elles ne se tracassent pas du tout. Qu’elles ne se laissent pas emporter par les souvenirs du passé et des nostalgies de leur vie conjugale, avec des remords, et même des angoisses. La seule solution, c’est de trouver des moyens de survie avec la débrouillardise. La conjoncture du pays est très difficile à tenir. Surtout que les autorités du pays ne s’occupent même pas des veuves. La souffrance est tellement manifeste que l’Etat devrait venir en aide aux veuves.

Après la mort de votre mari (paix à son âme), quels rapports entre vous et votre belle famille ?

A la mort de mon époux, ma belle famille ne s’est même pas occupée de moi ni des enfants. Les frères et sœurs, cousins et cousines de mon regretté mari m’ont carrément abandonnée à mon triste sort. Heureusement pour moi que mes frères et sœurs étaient là pour venir à mon secours. Sinon, la situation de ma famille allait être encore plus pire. D’ailleurs, cette belle-famille m’avait arraché tous les biens au lendemain de la disparition de mon mari. Chaque fois, elle menaçait de me faire déguerpir de la parcelle de mon mari, jusqu’à ce qu’elle l’a revendue. N’eût-été l’intervention de mes frères et sœurs, ma belle-famille n’aurait pas rétrocédé la part des enfants et je n’aurais pas bénéficié de peu d’argent pour acquérir cette portion de parcelle où je vis aujourd’hui avec ma progéniture enfants.

Avez-vous l’idée d’une structure qui peut vous aider, vous, les veuves ?

Depuis que je suis veuve, je ne connais aucune structure qui soutient les femmes de ce  statut, ici dans la capitale. Des Ongs ou des services étatiques, moins encore les organismes nationaux ou internationaux. Je ne suis informée d’aucune organisation qui vienne en aide aux veuves. Cependant, il m’arrive de poser la question aux veuves que je côtoie, elles promettent quelquefois de venir me chercher. Mais hélas ! Personne jusque là n’est venue me chercher pour me présenter à une quelconque structure soutenant les veuves. Donc, je ne connais aucune organisation.

Qu’est-ce que l’Etat congolais peut faire pour les femmes veuves ?

Je demande à l’Etat congolais de nous accompagner et de nous soutenir financièrement, nous les femmes veuves. Notamment, en s’investissant pour notre autonomisation socioéconomique. Qu’il y ait des structures de l’Etat spécialement d’encadrement de nous les femmes veuves. Nous avons déjà vieilli. Nous ne sommes plus fortes pour dépenser chaque jour beaucoup d’énergies dans la débrouillardise. C’est difficile parfois de se lever tôt pour se coucher tard parce qu’on doit aller vendre, marcher toute la journée pour chercher de quoi faire manger les enfants. Que l’Etat nous aide. Qu’il rende donc disponibles, en faveur de nous femmes veuves, des fonds nécessaires pour notre prise en charge sociale et notre autonomisation économique. Ce, en vue de renforcer nos capacités d’autofinancement en tant que femmes veuves. Ce serait faire œuvre utile de la part de nos gouvernants. Puisque, cela nous permettrait de prendre en charge les orphelins que nous ont laissés nos défunts maris.

(Propos recueillis par Lepetit Baende )

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