Marché funèbre à Kinshasa: Le cimetière de la Nécropole de la N’Sele refuse les fleurs synthétiques

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Vue partielle du cimetière de Nécropole de la N’Sele (ph/Google)
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Depuis quelque temps, les préposés au cimetière de la Nécropole entre ciel et terre réfutent les gerbes de fleurs artificielles  entourant les cérémonies d’inhumation. A la place, sont plutôt exigées les fleurs dites naturelles. Cette option impose, du fait même, une rupture avec certains usages qui ont fait leur temps dans le contexte notamment kinois, celui consistant à entourer les hommages mortuaires des gerbes de fleurs créées de main d’homme. De tous temps, ces dernières ont été de nature synthétique. D’abord importées, puis progressivement, une certaine main-d’œuvre locale s’est « spécialisée » dans le montage des gerbes de fleurs.

Des emplois vont disparaître

La démarche de la Nécropole de la N’Sele ouvre une nouvelle ère, où les fabricants à la sauvette des gerbes de fleurs pourraient disparaitre progressivement. Ceci dans la mesure où les préposés d’autres cimetières de la capitale emboîteraient le pas aux gestionnaires de la Nécropole de la N’Sele. le changement est un processus qui ne met pas tout le monde d’accord, le rejet des fleurs artificielles n’a pas fait exception à la règle. Un responsable du site su-évoqué a bien voulu exhorter en ces termes. «Au bout d’un certain nombre d’années, tout cimetière peut changer de vocation, sur décision des autorités. La terre de la commune de la N’Sele abritant ce cimetière de type moderne, est avant tout une terre cultivable. Car n’oublions pas que la commune urbano-rurale de la N’Sele figure parmi les greniers de Kinshasa. Deux raisons sont à prendre en compte, pour comprendre le rejet des gerbes de fleurs synthétiques : la préservation du sol contre des matières plastiques qui dérangent la fertilité et le repoussement des voleurs qui envahissent nuitamment le site, pour emporter des gerbes de grande valeur et les revendre », a-t-il témoigné.

Depuis quelque temps, en effet, des voix s’élèvent pour interpeller les Congolais, du sommet à la base, à valoriser ces lieux où reposent des compatriotes. Car d’un coin à l’autre à travers le pays, les cimetières reflètent un état d’abandon, pourtant ce sont par essence des lieux touristiques qui devraient faire l’objet d’attention, comme l’a indiqué un père de famille : « Le cimetière Nécropole de la N’Sele échappe aux petites bourses et passe pour un lieu réservé aux nantis. Mais que représente cet unique endroit pour un pays aux dimensions d’un continent ? », s’est-il interrogé. Le peuple congolais devrait faire preuve d’élévation, en adoptant une disposition culturelle qui lui fasse enterrer ses morts, selon des normes dignes des temps actuels. Et cela va de la mise en bière à l’enterrement proprement dit. Le cas échéant, ce serait pour l’élite et les communautés locales une envolée, loin du pied de la pyramide humaine où elles se localisent bon gré malgré. Car dans le concert des nations, les communautés locales considèrent les cimetières comme véritablement un patrimoine touristique qu’il importe de valoriser. Dans des provinces, les élites politiques autochtones ont l’avantage d’organiser la bonne gestion et la modernisation des cimetières, autant qu’elles sont appelées à   consacrer pensée et énergie à la régénération de leurs entités respectives. « Et c’est facile de comprendre les raisons qui empêchent même des notabilités ressortissantes de ces  recoins de la République de jouir de l’honneur posthume de reposer pour l’éternité, dans leur terre natale », a déploré un observateur.

(Payne)

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