Lutte contre l’impunité des violences sexuelles en Rdc

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Lucie Kipele valide le PTA 2016 du programme « Tupinge Bakaji »

C’est hier jeudi 11 février dans la ville de Bukavu au Sud-Kivu que la ministre de la Femme, Famille et Enfant Lucie Kipele Aky Azua a procédé à la validation de ce Plan de travail annuel (PTA), exercice 2016, du « Programme conjoint de lutte contre l’impunité, d’appui aux victimes de violences basées sur le genre, et d’autonomisation des femmes à l’Est de la République démocratique du Congo », dit Programme « Tupinge Ubakaji ». C’était à l’issue de la troisième réunion du comité de pilotage dudit programme coordonné conjointement par le PNUD et le Ministère de la Femme, Famille et Enfant, visant à contribuer à réduire durablement la prévalence des violences sexuelles en Rdc.

La ministre de la Femme, Famille et Enfant, Mme Lucie Kipele Aky Azua, a procédé hier jeudi 11 février 2016, au lancement officiel du Plan de travail annuel (PTA), exercice 2016, du « Programme conjoint de lutte contre l’impunité, d’appui aux victimes de violences basées sur le genre, et d’autonomisation des femmes à l’Est de la République démocratique du Congo », dit Programme « Tupinge Ubakaji ».

La cérémonie a eu lieu à l’hôtel Panorama dans la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, à l’issue de la troisième réunion du comité de pilotage dudit programme. Laquelle a été rehaussée de la présence de l’ambassadrice du Canada, Mme Ginette Martin, des chefs d’agences du système des Nations Unies, du gouverneur du Sud-Kivu, M. Marcelin Cishambo, du commissaire spécial de la province de l’Ituri, M. Abdallah, des ministres provinciaux en charge du genre et de la justice des provinces couvertes par le programme, etc. Le ministre national de la Justice a été représenté à ces assises par Me Marie-Joël Awenze Kalume, chargé d’études en matière de corruption et impunité et droits humains, vus sous l’angle social et économique.

Dans son discours prononcé avant de valider ce PTA 2016 du programme « Tupinge Ubakaji », la ministre Lucie Kipele a indiqué que ce programme marque un nouvel élan dans la lutte contre les Violences sexuelles basées sur le genre (VSBG) « en appuyant la prévention à travers la stratégie de communication pour le changement de comportement social et l’amélioration de la qualité de la réponse donnée aux survivants et survivantes des VSBG, et en renforçant également le pouvoir économique des femmes et des hommes ».

Aussi a-t-elle invité les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de ce programme à plus d’ardeur, d’objectivité et d’humanisme, pour que le PTA 2016 puisse contribuer au changement des normes sociales…, garantir une meilleure répartition du pouvoir économique…, renforcer les capacités des acteurs agissants…, appuyer les secteurs sécuritaire et judiciaire… Elle les a également encouragés à l’assiduité et au respect du calendrier de mise en œuvre des activités « pour pouvoir atteindre les résultats escomptés ».

Maintenir l’ambition du programme « Tupinge Ubakaji »

Auparavant, la réunion du comité de pilotage du programme « Tupinge Ubakaji » a connu trois grandes parties : la première était consacrée aux différents mots de circonstance.

Le gouverneur du Sud-Kivu Marcelin Cishambo a, dans son speech, situé le contexte dans lequel le Président de la République Joseph Kabila Kabange avait résolu de mettre en place la stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre en Rdc. Ce pays étant autrefois qualifié de capitale mondiale du viol. Il s’est réjoui de la mise sur pied d’un comité sectoriel qui permet de mettre la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre au cœur de l’action gouvernementale du Sud-Kivu.

Pour sa part, le directeur pays du PNUD en Rdc, Mme Priya Gajraj, a rassuré que depuis son lancement jusqu’à ce jour (trois ans), le programme « Tupinge Ubakaji » a permis que déjà 594 cas de victimes de violences sexuelles et basées sur le genre soient déférés en justice, dont 242 ont abouti à une décision judiciaire. Egalement, cinq stratégies provinciales et une stratégie nationale de changement de comportement ont été élaborées ; 3.048 survivants de violences sexuelles et basées sur le genre ont été pris en charge sur le plan médical et psychosocial ; et 1004 personnes dont 702 victimes de violences sexuelles et basées sur le genre ont bénéficié du paquet de réinsertion socioéconomique…

« Nous devons ensemble maintenir l’ambition de ce programme conjoint qui est de s’attaquer aux causes profondes de la forte prévalence de violences sexuelles et basées sur le genre », tel a été le message-clé lancé hier par Mme Priya Gajraj. Et, elle a dévoilé les innovations majeures qui sont prévues cette année à travers la mise en place d’un dispositif dénommé « One stop center » dans les provinces du Nord et Sud-Kivu en phase pilote. « Le programme « Tupinge Ubakaji » se distingue par son approche holistique dans ses interventions, mais également par l’implication très active du gouvernement à travers ses Ministères nationaux, provinciaux et ses services techniques », a spécifié le directeur pays du PNUD en Rdc.

L’ambassadrice du Canada en Rdc, Mme Ginette Martin, a quant à elle, rappelé que c’est depuis 2006 que le Canada soutient les efforts du gouvernement congolais visant à prévenir et à lutter contre les violences sexuelles basées sur le genre dont sont victimes les femmes et les enfants. Elle a, à cet effet, spécifié quelques cas des programmes stratégiques soutenus par le Canada en Rdc. « L’année 2016 constitue donc une période décisive pour le programme « Tupinge Ubakaji » car elle se situe à mi-chemin entre les premières années de la mise en place des activités et celles menant vers sa fin, prévue en 2018 », a-t-elle déclaré.

La deuxième partie de cette réunion du comité de pilotage du programme « Tupinge Ubakaji » était la présentation par le coordonnateur du programme, M. Abdoulay Balde, des résultats du programme en 2015 ainsi que du Plan de travail annuel 2016. Ces deux présentations se sont soldées par un échange.

Quid du PTA 2016 du programme « Tupinge Ubakaji »

Le budget annuel programmé de ce PTA est évalué à 4.117.062,73 dollars américains et couvre la période allant de janvier à décembre 2016. Ce PTA s’articule autour de cinq objectifs visant la réduction durable de la prévalence des violences sexuelles en RD Congo. C’est notamment : l’impunité et l’accès à la justice ; la communication pour le changement de comportement ; la prise en charge médicale et psychosociale ; la réinsertion et l’autonomisation ; et enfin, les capacités de coordination.

Ses principaux résultats attendus en 2016 sont entre autres : que 3.500 victimes de VSBG aient accès à une prise en charge médicale et psychosociale de qualité ; que 2.055 cas de VSBG bénéficient d’un accompagnement juridique et judiciaire ; que 1581 victimes de VSBG et vulnérables membres de la communauté aient accès aux kits de réinsertion et 500 victimes mineures soient à nouveau scolarisées ; et qu’un document de stratégie nationale de communication pour le changement de comportement soit validé et mis en œuvre.

Une idée du programme « Tupinge Ubakaji »

Ce programme du Gouvernement de la République est placé sous tutelle du Ministère de la Femme, Famille et Enfant, assisté par le Ministère de la Justice, avec la participation des Ministères de la Santé publique, des Affaires sociales, de l’Intérieur. Il bénéficie d’un financement du Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECD) du Canada – actuellement dénommé Ministère des Affaires Mondiales du Canada – pour une durée de 5 ans (2013-2018).

Il est coordonné conjointement par le PNUD et le Ministère de la Femme, Famille et Enfant, et mis en œuvre par l’UNESCO, le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme (BCNUDH), les divisions provinciales et ministères provinciaux sectoriels, les Ong internationales et nationales, les universités…

L’objectif de ce programme est de contribuer à la prévention et à la réduction des violences sexuelles et liées au genre ainsi qu’à l’amélioration de la prise en charge holistique des victimes et survivants, y compris la rééducation des auteurs de violences sexuelles. Le Nord et le Sud-Kivu, l’Ituri, le Kwilu et Kinshasa, sont donc les provinces ciblées par ce programme « Tupinge Ubakaji », financé à hauteur de 18 millions de dollars canadiens.

(Lepetit Baende depuis Bukavu)

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