Lutte contre les narcotrafiquants

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Kinshasa : le Parquet général saisit  139 pointes d’ivoires  à Barumbu

Le Parquet général de Kinshasa/Gombe a saisi hier mercredi 22 juillet 2015, au numéro 1 de l’avenue Kabambare, dans la commune de Barumbu, 54 pointes d’ivoires pesant au total 139 kgs. Ce, avec le concours du Directeur général Déo Rugwiza Magera de la Direction générale des douanes et accises (DGDA). Alors que l’enquête se poursuit pour démanteler le réseau, les services renseignent que le narcotrafiquant, sujet guinéen incriminé dans cette affaire, est en cavale.

Le mois de juillet 2015 n’aura pas été du tout repos pour le Directeur général Déo Rugwiza Magera. Dès retour de Bukavu, Province du Sud-Kivu où il venait d’inaugurer le siège provincial de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), dans cette partie de la République, le patron de la douane congolaise était hier dans la commune de Barumbu, à Kinshasa. C’était en compagnie des agents du Parquet général de la Gombe, dotés d’un mandat de perquisition. Objectif, accéder à la parcelle sise 1, avenue Kabambare, dans la commune de Barumbu où, sur base d’informations sûres, étaient dissimulées plusieurs pointes d’ivoires.

Le Guinéen en cavale

Selon les informations recueillis, le narcotrafiquant, un sujet guinéen, jouissant de plusieurs autres identités et nationalités douteuses, serait présentement en cavale mais toujours aux trousses de la justice congolaise. D’aucuns pensent que des Congolais sont de mèches avec ce narcotrafiquant. Mais il revient à la justice de remonter la filière et démanteler tout ce réseau maffieux.

Parler des espèces protégées renvoie tout dernièrement, en mars 2015, aux 30 éléphants abattus par des braconniers en à peine deux semaines, dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). C’était plus exactement  près de la frontière sud-soudanaise.

Parmi les principaux suspects du massacre figure un groupe de braconniers soudanais, avait alors expliqué Jean-Marc Froment, directeur chargé de la Conservation d’African Parks, une ONG qui cogère le Parc de la Garamba avec l’Institut congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

Cette annonce avait lieu alors que s’ouvrait une conférence internationale à Kasane, au Botswana, pour tenter de sauver l’éléphant d’Afrique, dont l’existence est menacée à court terme par l’explosion du braconnage, alimenté par la demande d’ivoire en Asie et au Moyen-Orient, et la destruction de son habitat.

Pourquoi la DGDA

Au regard des missions lui assignées, la Direction générale des douanes et accises,  un service public doté de l’autonomie administrative et financière, créé et organisé par le Décret n°09/43 du 03 décembre 2009 du Premier Ministre. Elle assure l’administration douanière de la République Démocratique du Congo et a pour mission la perception des droits, taxes et autres redevances à caractère douanier et fiscal ; la protection de l’espace économique national, en particulier par l’application des normes aux frontières ; l’application des législations connexes aux frontières, concernant la protection de l’environnement conformément aux conventions internationales ; la mise en œuvre des mesures de protection de la chaîne logistique internationale ; la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière  organisée ; la lutte contre le blanchiment d’argent  et la lutte contre la contrefaçon et autres atteintes aux droits de la propriété industrielle, intellectuelle et artistique.

Cependant, elle veille pareillement à la protection de la société par la lutte contre le trafic illicite des marchandises dangereuses, des déchets toxiques et des produits qui appauvrissent la couche d’Ozone. C’est à ce titre que DGDA lutte contre la fraude et les narcotrafiquants. Elle s’emploie pour le cas d’espèce dans la traque des braconniers en vue de protéger les espèces rares. C’est ainsi qu’elle collabore avec le Parquet pour ce faire.

Exportation frauduleuse

Des dénonciations du commerce illicite et de l’exportation frauduleuse des animaux protégés de la RDC sont souvent sur la table de l’Organe de gestion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvage menacées d’extinction (CITES-RDC).

Le commerce illicite et l’exportation frauduleuse vers l’étranger, des animaux totalement protégés en RDC se font souvent avec la complicité de certains agents de services opérant aux postes frontaliers. En tout la DGDA vient de prouver qu’elle n’est pas à salir. Plusieurs animaux totalement protégés en RDC, et les ivoires, quittent frauduleusement le pays à partir de certains postes frontaliers sans visa de cette unique institution du pays habilitée à délivrer  des documents. Ce  trafic  illicite est souvent observé dans les provinces de l’Est du pays,  le Kongo central, l’ancienne   Equateur, et l’ancien Bandundu.

Ces espèces et ivoires sont exportés sans autorisation et sans inquiétude vers les pays de l’Asie du Sud, passant par les pays de l’Afrique de Ouest dont le Ghana et le Nigeria.

C’est pour cette raison que l’Organe de gestion CITES/RDC n’a cessé d’interpeller le procureur général de la République, la Direction générale de Migration (DGM), l’Interpol et les différents services de l’Etat opérant aux frontières du pays pour doubler la vigilance afin de mettre un terme à la sortie frauduleuse des ivoires et des animaux totalement protégés en RDC.

La DGDA vient de prouver à suffisance que les mesures efficaces sont prises de son côté pour traduire devant la justice tout faussaire. Braconnage et  commercialisation de ces espèces sont sévèrement sanctionnés par la loi. Toute infraction à la loi ainsi qu’à ses mesures d’application  est passible d’une peine de servitude pénale d’un an a 10 ans et d’une forte  amande.

Les animaux totalement protéges en RDC sont entre autres  l’éléphant de forêt, le Pangolin géant, le Lycaon, Orytérope , le Lion, le Grand Koudou,  l’Okapi, le Chimpanzé, l’Antilope, le Crocodile du Nil, le Chat doré, le Léopard, le Guépard, le Bonobo, le Paon congolais, le Singe bleu, le Zèbre, la Girafe, le Gorille de montagne, l’ Hippopotame, l’ Antilope noire,…

Convention CITES

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, connu par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre Etats. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent. La nécessité d’une convention de ce genre peut paraître évidente au vu des informations largement diffusées de nos jours sur le risque d’extinction de nombreuses espèces emblématiques telles que le tigre et les éléphants.

Cependant, dans les années 1960, à l’époque où l’idée de la CITES commençait à germer, le débat international sur la réglementation du commerce des espèces sauvages en vue de les conserver ne faisait que commencer. Avec le recul, la nécessité de la CITES s’impose. On estime que le commerce international des espèces sauvages représente des milliards de dollars par an et qu’il porte sur des centaines de millions de spécimens de plantes et d’animaux.

Le texte de la Convention a finalement été adopté tors d’une réunion de représentants de 80 pays tenue a Washington, Etats Unis d’Amérique, le 3 mars 1973; le 1er juillet 1975, la Convention entrait en vigueur. L’original de la Convention a été déposé auprès du gouvernement dépositaire en anglais, chinois, espagnol, français et russe, chaque version faisant également fol. Les Etats qui acceptent d’être lies par la Convention (qui « rejoignent » la CITES) sont appelés « Parties ». La CITES est contraignante autrement dit, les Parties sont tenues de l’appliquer. Cependant, elle ne tient pas lieu de loi nationale; c’est plutôt un cadre que chaque Partie doit respecter, et pour cela, adopter une législation garantissant le respect de la Convention au niveau national. Depuis des années, la CITES est au nombre des accords sur la conservation qui ont le plus large composition; elle compte actuellement 179 Parties.

(Emmanuel Badibanga)

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