Lutte contre le terrorisme, Burkina-Faso : Les Américains renforcent les capacités de l’armée

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Le Département d’Etat Américain a organisé un AF Media Hub, mieux un point de presse téléphonique le 13 février 2019 avec M. Andrew Young, ambassadeur américain au Burkina Faso, et le major général de l’armée de l’air américaine Mark Hicks, commandant du Spécial Operations Command Africa. Il était question de discuter avec les journalistes sur les efforts multiformes des Etats-Unis pour renforcer les efforts sécuritaires, diplomatiques et de développement au Burkina Faso, y compris le programme Flintlock, dont le but est de soutenir les capacités et la collaboration des forces de sécurité transsahariennes dans leurs efforts visant à protéger les populations civiles.
Dans ses propos luminaires, M. Andrew Young, ambassadeur américain au Burkina Faso a précisé le contexte de ce point de presse. « Nous allons traiter de la nature complexe de la sécurité. Il s’agit donc de réunir de nombreux partenaires de la société pour couvrir les besoins sécuritaires de la région. Il sera aussi question de souligner l’engagement à long terme des Etats-Unis d’Amérique pour soutenir leur engagement à long terme. Nous sommes ici pour soutenir les dirigeants Burkinabés dans leurs efforts. Nous souhaitons réunir les différents partenaires qui recevront la formation », explique-t-il.
Allant dans le même sens que l’ambassadeur, le major général de l’armée de l’air américaine Mark Hicks, qui est en même temps commandant des opérations spéciales en Afrique, a indiqué que cet exercice s’inscrit dans la continuité des actions des Etats-Unis d’Amérique et des partenaires européens et africains. Cet exercice sera accueilli au Burkina-Faso avec un poste en Mauritanie. Le personnel du quartier général se déploie déjà, dit-il, avant d’ajouter que le cadre de formation et les matériels de base permettront à tous les participants d’augmenter leurs capacités. Il y aura une formation pour rehausser les capacités opérationnelles.
A l’en croire, la plupart recevront une formation comme unité tactique. « Nous ciblons l’intégration du Sahel. Concernant le quartier général conjoint, nous ciblons les différentes populations environnantes. Nous allons nous concentrer sur le contrôle des unités tactiques et nous aurons des activités sur le terrain. Il s’agit d’une activité de formation qui date d’une dizaine d’année sous les auspices occidentaux. Nous développons cette activité en Afrique, pour permettre aux Africains de bénéficier de notre expérience.
Après ces propos, plusieurs questions ont été posées par les journalistes aux deux personnalités américaines. La presse a voulu savoir ce qui est mis en place pour lutter contre l’idéologie fondamentaliste des terroristes. A cette question, l’ambassadeur estime que cet élément est plus important que la lutte armée. On met en place une approche gouvernementale, pour comprendre les problèmes sous-jacents et nous souhaitons que les partenaires contribuent, surtout au Burkina-Faso.
Et nous souhaitons aider le Burkina à traiter des questions sous-jacentes : avoir des outils, apporter l’éducation sur tout ce qui est scientifique, les ressources logistiques, augmenter l’accès à l’éducation, la composante développement économique, toutes les questions sociales, la modernisation, l’innovation. Ce sont toutes les composantes qui constituent notre apport. Pour le général, les relations militaires sont un élément fondamental, nous apportons la sécurité. Nous ne sommes pas là pour faire de campagnes militaires.
Un échange franc
A la question de savoir si ce sont les succès récoltés au Mali qui ont poussé les rebelles vers le Burkina-Faso,  l’ambassadeur est clair : « de notre point de vue, la sécurité a progressé au Burkina-Faso. Nous souhaitons que le travail soit effectué de façon appropriée, en tenant compte des critères démocratiques. Nous tenons aussi compte des données environnementales, du contexte Burkinabès et nous tenons à ce que nos partenaires y participent. Notre engagement à long terme est guidé par le fait les Etats-Unis sont partenaires au Burkina à long terme. Il y a un programme qui réunit les forces armées Usa et burkinabés, pour renforcer les capacités de la garde nationale. Il s’agit de répondre aux problématiques soulevées ».
Et le major général de l’armée de l’air américaine Mark Hicks d’ajouter que l’année dernière, nous n’avions pas de station au Burkina. Nous avons examiné avec recul les capacités de partenaires qui peuvent répondre à leurs besoins sécuritaires, surtout la façon de trouver la racine du problème qui impacte sur la sécurité. Il y a G5 Sahel qui doit augmenter sa capacité. Dans un autre chapitre, il pense qu’avec le rééquilibrage des priorités, nous examinons toutes nos actions à travers le continent. Au minima, nous allons nous concentrer sur les conseils au haut niveau, pour être efficaces sur terrain, par rapport à il y a deux ans. Nous maintenons une approche à long terme durable, concernant l’Afrique.
Au sujet de l’argent mobilisé pour le G5 Sahel, l’ambassadeur soutient qu’ils sont très heureux de soutenir le Burkina-Faso. Sahel est une institution créée par la région, pour la région. Sur ce montant, il y a une partie qui est allée au Burkina pour lutter contre le terrorisme, en faveur des bataillons logistiques de lutte contre le terrorisme. Les équipements sont déjà là. Concernant le Mali, nous avons beaucoup de travail de formation. Le Burkina a contribué au renforcement de la sécurité dans la région, martèle-t-il.
Toutes les allégations d’abus des droits de l’homme sont prises au sérieux et les partenaires agissent plus vite. Il y a plusieurs situations qui n’ont pas été signalées. Je crois qu’il est important de placer ces allégations dans le contexte. Au Burkina, il y a eu des allégations d’abus. Le respect des droits sont les aspects importants de notre collaboration et les actions concrètes seront prises, le cas échéant. « Nous prenons toutes ces allégations au sérieux dans le cadre de nos formations. Nous enseignons toujours la règle de droit. Nous enjoignons tous les partenaires à se conduire selon les règles du droit international », pense le major.
Quid de l’Ambassadeur Andrew Young et J. Marcus Hicks
Andrew Young est un membre de carrière du service des affaires étrangères des Etats-Unis. Le 28 septembre 2016, le Sénat l’a confirmé en tant qu’ambassadeur des États-Unis au Burkina Faso. Avant sa nomination, M. Young était chef de mission adjoint à l’ambassade des États-Unis à Bamako, au Mali, où l’équipe inter-agence de cette mission diplomatique s’est attaquée à un large éventail de problèmes, dont la sécurisation d’un accord de paix de 2015, la lutte contre de nombreuses attaques terroristes et la lutte efficace contre l’épidémie d’Ebola.
Le général de division J. Marcus Hicks est le chef du Commandement des opérations spéciales Afrique, basé à Kelley Barracks à Stuttgart, en Allemagne. À ce titre, le maj-général Hicks est responsable de l’ensemble des activités des opérations spéciales menées dans toute l’Afrique. Avant cette affectation, le général de division Hicks était chef d’Etat-major du quartier général du commandement américain des opérations spéciales à la base aérienne MacDill, en Floride.
JMNK

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