Lutte contre le choléra: Des acteurs spécialisés se concentrent sur les aspects de traitement médicaux

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Les programmes de lutte contre le choléra s’inscrivent presque exclusivement dans une démarche à court terme. La réponse à l’urgence mobilise des acteurs spécialisés qui se concentrent sur les aspects de traitement médicaux, qui ne disposent ni du temps, ni des moyens nécessaires à une réponse durable. D’après le Docteur Hornella Makengo à qui nous avons posé la question de savoir ce qu’est le choléra et ses corollaires, la nécessité d’une concertation pluridisciplinaire et multisectorielle permettant de définir une stratégie d’élimination du choléra est vivement souhaitée. Le programme original mis en œuvre en République Démocratique du Congo, vise plusieurs villes déterminées comme foyers endémiques à haut risque.

Et d’ajouter : « Le cœur des activités s’axe autour de la complémentarité de l’expertise d’ingénierie hydraulique associée aux études épidémiologiques pour une réponse ciblée aux épidémies. Le développement de partenariats solides et durables ainsi que la sensibilisation des bailleurs à cette nouvelle approche assurent la mise en œuvre de ce programme.

Suite aux catastrophes naturelles, le choléra est souvent brandi comme une menace sanitaire de premier plan. Le terme suffit à dépeindre une situation de santé publique à risque, sans pour autant appréhender concrètement ni l’origine ni les modes de propagation épidémique empruntés par le choléra ».
Cette maladie se caractérise par un pouvoir de propagation élevée dans un contexte favorable à sa diffusion, large et rapide : structures de production d’eau potable et d’assainissement inexistantes ou insuffisantes concentration importante de populations peu ou pas sensibilisées aux mesures d’hygiène nécessaires pour se protéger efficacement contre la maladie, et un accès limité à des établissements de soins 

Comment lutter contre cette pandémie ?

Les moyens de lutte contre le choléra se distinguent dans leur approche temporelle. Il s’agit de distinguer deux périodes d’intervention : La période d’émergence, de flambée et de décroissance lorsque l’épidémie est en cours où le principal vecteur de contamination est humain par voie féco-orale ; la période endémique (ou inter-épidémique) ne notifiant pas de cas, ou de manière contenue et stable, où l’environnement peut jouer le rôle de réservoir.

L’émergence des épidémies faisant suite à des situations d’urgence (catastrophe naturelle, large déplacement de populations suite à des conflits) bien que non corrélées, reste un indicateur de carences dans la prise en charge.

La vulnérabilité sanitaire des populations en situation précaire est démultipliée lorsque le contexte cumule les facteurs de risque de diffusion épidémique dans les premiers moments de l’urgence. Cette vulnérabilité peut s’exprimer plusieurs mois après l’intervention de la catastrophe, lorsque le bacille est introduit.

Afin de prévenir les épidémies, les chercheurs reviennent sur les facteurs de transmission et les risques d’exposition au vibrio cholera présent dans l’environnement. Leurs études les ramènent vers les réseaux de distribution d’eau potable, qui jouent un rôle central dans la diffusion des épidémies, car l’eau contaminée constitue le premier vecteur de diffusion de la maladie. Les populations vont retourner vers des habitudes d’approvisionnement à risque si l’une des conditions suivantes n’est pas satisfaite : le réseau délivre suffisamment en volume pour la consommation des ménages ; la qualité de l’eau est contrôlée ; les points de distribution sont accessibles ; le prix de vente de l’eau est soutenable. Ces comportements à risque sont d’autant plus à craindre que les populations vivent aux abords de ressources en eau brute, comme des lacs et rivières susceptibles d’être des réservoirs environnementaux du bacille.

Solutions durables

Dans le cadre d’une approche préventive, les travaux d’infrastructure hydraulique et d’assainissement, bien que reconnus comme la seule solution durable, sont souvent décriés comme constituant des investissements extrêmement lourds. Ces travaux d’infrastructure ont été largement étudiés en termes de coût bénéfice quant à leur impact sur la santé. Il en ressort que les travaux hydrauliques d’envergure ont un impact plus large sur la diminution des maladies hydriques alors que les travaux de petites échelles se concentrant sur le traitement à domicile sont plus économiques.

Cependant, l’OMS  recommande une vaccination sélective sur les populations exposées (souvent les pêcheurs) car l’actuel vaccin est non recommandé pour des larges campagnes du fait de son délai court de protection et de ses particularités d’admission impliquant par ailleurs d’important coûts logistiques pour leur administration. Une analyse en amont permet de se détacher des mécanismes urgentistes classiques associés au choléra, et d’aller au delà des schémas habituels de lutte hors crise épidémique, en s’appuyant sur une stratégie économique mobilisant deux expertises nécessaires à l’élimination durable du choléra lorsqu’il est endémique : l’analyse épidémiologique et l’ingénierie hydraulique.

(Shamy Amisi Betty/Stagiaire)

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