Lutte contre la tuberculose résistante grandissante

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Accélération de la mise en œuvre du laboratoire de culture à Mbuji-Mayi

« Puisqu’ici à Mbuji-Mayi, nous aurons un laboratoire de culture de la tuberculose, nous souhaitons qu’il ait un niveau de biosécurité très élevé qui permette qu’on protège le personnel, l’environnement et le produit sur lequel nous travaillons. Voilà pourquoi nous avons certaines exigences techniques liées à un laboratoire de biosécurité, de niveau 2 ». Ces propos sont ceux de Dr Michel Kaswa Kayomo, chef de division technique du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), tenus mercredi 17 février 2016 à Mbuji-Mayi. C’était à l’issue d’une mission conjointe avec une délégation de Caritas Congo Asbl.

Il a enrichi et validé les aménagements techniques préparés par les experts de Caritas Congo Asbl et de la Coordination provinciale de lutte contre la lèpre et la tuberculose (CPLT) du Kasaï Oriental Sud (KOR) au profit de son laboratoire provincial de référence. Ladite mission s’inscrit dans le cadre du programme de lutte contre la tuberculose, financé par le Fonds mondial, et dont Caritas Congo est récipiendaire principal, aux côtés du Ministère de la Santé.

Faire face à l’inquiétant taux de prévalence de la tuberculose à Mbuji-Mayi

En fait, à la demande du PNLT, un laboratoire provincial de référence (KORS) a été construit sur financement du Fonds mondial et est aujourd’hui opérationnel. Doté d’un appareil Gene-Expert et d’autres équipements classiques, il permet une détection rapide des cas de tuberculose par la biologie moléculaire.

Cette demande est aujourd’hui plus que justifiée par les résultats préliminaires de la toute première enquête nationale de prévalence de la résistance aux antituberculeux, organisée depuis juillet 2015 par la Rdc. Elle vient de démontrer que « Mbuji-Mayi est le site en Rdc qui a le plus de cas de la tuberculose résistante chez les nouveaux malades, avec une prévalence d’environ 15%, et les anciens malades, soit un taux de 37%. C’est trois fois plus que la moyenne nationale pour le taux de prévalence de la résistance chez les anciens malades ; et cinq fois plus pour les malades n’ayant jamais pris des antituberculeux. Cela veut dire qu’au niveau de Mbuji-Mayi, nous devons prendre des dispositions pour orienter la lutte dans le sens de pouvoir faire une riposte à la tuberculose résistante qui est grandissante dans cette contrée», a déploré le chef de division technique/recherche opérationnelle/LNRM (Laboratoire national de référence de mycobactérie) du PNLT.

Ce qui conforte le PNLT et son partenaire Caritas Congo d’élever le niveau technique du laboratoire provincial de référence de Mbuji-Mayi, dont les modifications techniques ont été validées par la mission conjointe Caritas Congo-PNLT.

« Le travail qui avait été fait est déjà un pas en avant. Maintenant, nous sommes dans la phase de finalisation. Pour finaliser, nous capitalisons le bénéfice risque et niveau de sécurité. (…) Tout ce que nous apportons comme éléments techniques, c’est pour que ce laboratoire ait un rendement optimal. Le reste des aménagements à réaliser devrait permettre que le flux d’air circulant dans ce laboratoire et l’organisation du travail procurent une sécurité au personnel qui y travaille et à la population environnante », a souligné Dr Michel Kaswa.

Voilà pourquoi, le PNLT et la Caritas Congo Asbl, en collaboration avec la CPLT KORS, accélèrent la mise en œuvre du laboratoire de culture, outil accompagnant la lutte contre la tuberculose résistante grandissante à Mbuji-Mayi. L’objectif est de pouvoir stopper cette chaîne de transmission au niveau de la population. « Au nom de la division provinciale de la santé (DPS), il est important que tous les partenaires qui veulent lutter efficacement contre la tuberculose, se mettent ensemble avec le Programme (PNLT), le Ministère de la Santé, la DPS, pour coordonner leurs activités dans un seul objectif : contrôler la tuberculose, non pas seulement sensible, mais maintenant aussi la tuberculose résistante », a martelé Dr Kaswa.

Appui financier du Fonds Mondial via Caritas Congo Asbl

Pour le financement, le coordonnateur national du Service de promotion de la santé (SPS) de Caritas Congo Asbl a indiqué que sa structure a le rôle principal de faire le plaidoyer auprès du bailleur des fonds pour que les malades soient traités selon les normes internationales. « Caritas Congo Asbl va faire un effort, en fonction des fonds mis à sa disposition, de négocier fortement avec le Fonds Mondial, en collaboration avec le PLNT, pour essayer d’arracher ce financement nécessaire pour l’élévation du niveau technique et de sécurité de ce laboratoire. Il est question que les populations soient dans de bonnes conditions et que les soins soient de qualité », a relevé Dr Jean Munongo.

En fait, ce dernier a souligné que Caritas Congo Asbl est liée par une Convention-cadre avec le Ministère de la Santé. Ainsi, tous ses appuis et interventions s’alignent à la politique nationale en matière de la santé.

Des outils-diagnostic novateurs

Hormis le laboratoire de culture que «nous construisons avec le soutien de la Caritas Congo et un financement du Fonds Mondial, le Gouvernement et d’autres partenaires ont mis en place des outils de diagnostic novateurs, tels que le Gene-Expert. C’est un outil de la biologie moléculaire qui permet d’obtenir un diagnostic de la tuberculose en deux heures», a ajouté Dr Michel Kaswa. Selon lui, un diagnostic rapide permet la mise en traitement rapide. Ce faisant, l’on interrompt la chaîne de transmission de la tuberculose.

Ce diagnostic s’imbrique avec un travail de fourmi qu’abattent les relais communautaires. Ces derniers sensibilisent les malades pour qu’ils approchent les centres de santé le plus proche. « Laboratoire de culture, outils diagnostic novateurs et activités de routine du Programme (supervision, formation, suivi des activités), sont autant de moyens de la lutte contre la tuberculose. A cela s’ajoutent les pavillons où des malades tuberculeux multi-résistants peuvent être hospitalisés dans des conditions optimales de sécurité », a relevé l’Expert du PNLT, faisant notamment allusion au pavillon des malades tuberculeux multi-résistants dont la construction en phase d’achèvement au sein de l’Hôpital général de référence de la Muya à Mbuji-Mayi.

(Lepetit Baende)

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