Nuisance sonore à Bandalungwa: Le gouvernement Kimbuta sur le banc des accusés

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Une vue de la commune de Bandal/Ph. Google
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«Nous avons parlé des cas des tapages nocturnes et diurnes. Nous nous sommes mis d’accord pour aboutir à un atterrissage en douceur », avait expliqué André Kimbuta Yango, gouverneur de la ville-province de Kinshasa en 2014, à l’issue de la réunion de tous les espoirs qu’il venait d’avoir avec les pasteurs et chefs d’églises de la capitale. Plus de deux ans après, www.groupelavenir.org  vous propose un petit bilan informel de cette décision, en prenant pour cible la commune de Bandalungwa, l’une des municipalités concernées par les bruits.

La commune de Bandalungwa, affectueusement appelée « Bandal » par les Kinois est située au centre de la capitale et partage ses frontières avec plusieurs autres communes de Kinshasa. Elle jouit d’un emplacement spécial qui lui permet d’être le second carrefour après la Place Victoire. A n’importe quelle heure, il est possible d’avoir le transport de Victoire et de Bandal. Voilà qui permet à ces deux places fortes d’être au centre de l’ambiance et drainer beaucoup de monde autour d’un verre de bière. Oui, on boit beaucoup à Bandal, au risque que certains touristes se demandent même si la bière y est offerte gratuitement.

De Bandal Tshibangu à Bandal Kimbondo en passant par Bandal Bisengo, les bistrots ne sont pas à chercher. Il y en a  autant  sur chaque avenue et ruelle. Chaque terrasse est munie de baffles qui produisent des décibels aussi élevés que possibles. Aux bistrots, ajoutons les églises dites de réveil dont l’implantation ne répond plus aux normes dictées par la loi. Elles sont partout, même aux cotés de cliniques et dispensaires. Si le bruit des églises peut être situé dans le temps (généralement vers le soir), les terrasses arrosent leur musique à longueur de journées et sans se soucier ni des voisins ou des malades, ni même de la loi. Dans leur esprit, seule la recherche effrénée de la clientèle compte. Ainsi, tous les moyens sont bons pour attirer la clientèle. De la musique et encore de la musique sur des très gros baffles dirigés vers l’extérieur. Bandal c’est Paris et il faut le prouver à tout le monde.

Quid de l’intervention de l’autorité  communale

Tout autour de la maison communale de Bandalungwa existent des bistrots et églises qui ne s’embarrassent nullement de produire du bruit le jour et la nuit. Déjà dans la cour communale, entre vendredi soir et dimanche, les expositions de dépouilles mortelles produisent un tel vacarme qu’il est impossible de bien se parler à quelques mètres.

Lorsqu’on rend au bureau du bourgmestre pour évoquer cette question, on est vite renvoyé au service de l’environnement qui se perd dans des explications infinies. Le responsable évoque l’absence des moyens et une litanie d’autres difficultés du genre trafic d’influence de certains tenants de bistrots. Les mesures sont là, mais personne n’a le courage de les appliquer. Et on a tout compris.

Comme les bistrots et églises n’ont jamais été touchés en produisant du bruit même en étant voisins directs  des écoles ( cas de la maternelle Elite)  ou des hôpitaux ( cas de l’hôpital de l’Anr sur Kimbondo), les autres secteurs sont entrés dans la danse : les cabines publiques de vente de crédit et des téléphones, les pharmacies, les magasins, boutiques ouvrent leurs portes avec de la musique et la maintienne jusque tard ( à Bandal, les Kinois boivent jusqu’à 4 heures du matin). Dans ce contexte, aucune intervention de la commune ni de la police en dépit de toutes les menaces brandies il y a bientôt trois ans par le gouverneur Kimbuta et le commandant de la police-ville de Kinshasa, le Général Kanyama n’est enregistrée. Le jour où il y a un match qui se joue localement ou ailleurs mais retransmis à Bandal, la situation devient intenable. De longues files de fanatiques crient à tue-tête et tournent dans les quartiers jusque tard la nuit au grand dam des hypertendus et travailleurs en quête du repos.

Conséquences du bruit sur la santé

Selon les spécialistes, le bruit provoque en effet une gêne et un stress qui perturbent l’organisme humain ou animal. Chez l’homme, cela peut entraîner des problèmes d’irritabilité, d’insomnie et de dépression. De leur côté, les animaux ont tendance à fuir, quand ils le peuvent, les zones trop bruyantes.

Les espèces qui utilisent les sons pour se repérer, se déplacer et communiquer, telles les cétacés ou les chiroptères, sont particulièrement vulnérables à ce type de pollution. La pollution sonore est aujourd’hui un problème de santé publique dans les villes. Stress, fatigue, irritabilité, état dépressif : les nuisances sonores sont responsables de nombreux troubles. Quand le niveau sonore est trop élevé, le bruit peut provoquer des dommages physiologiques avec une perte temporaire, voire permanente, de l’audition.

Disons aussi que les nuisances sonores peuvent affecter la santé et la qualité de vie, avec des conséquences physiques et/ou psychologiques pour les hommes et les femmes qui les subissent, et affecter également la biodiversité. Le bruit a des effets nocifs sur la santé humaine : stress, troubles du sommeil, effets sur le système cardio-vasculaire, immunitaire et endocrinien, conséquences sur la santé mentale… Selon certaines études, la prise de médicaments contre l’hypertension est 5,6 fois plus fréquente chez les hommes de 40 à 69 ans dont le domicile est survolé par des avions. La prise d’anxiolytiques et d’antidépresseurs est multipliée par 10 chez les femmes de 40 à 69 ans habitant dans un endroit très bruyant. Pour les femmes de 15 à 39 ans dont le domicile est survolé par des avions, la fréquence d’une hospitalisation est 5 fois plus importante que la normale.

La puissance des émissions sonores se mesure en dB (décibel). Le seuil de douleur est compris entre 110 et 130 dB : il correspond au bruit d’une discothèque ou d’un avion au décollage.

Quels niveaux sonores correspondent au seuil de risque ?

Dans la vie quotidienne, plusieurs nuisances sonores exprimées en dB correspondent respectivement aux seuils de risques et de danger : Seuil de risques : 80 dB. Equivaut au bruit d’une rue à fort trafic ; Seuil de danger : 90 dB. Tondeuse à gazon, aboiement.

Au-delà de ces seuils (100 dB) : bruit d’un klaxon, d’un marteau piqueur à deux mètres, ou d’une chaîne hi-fi. Voilà pourquoi un adage camerounais dit : « le bruit fait moins de bien et le bien fait moins de bruit ».

(Simon Kabamba)

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