L’une de deux femmes députés de l’Assemblée provinciale du Kasaï: Noëlla Sika Mboyo dit non aux coutumes avilissantes à l’égard de la femme

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La journée internationale de la femme célébrée le 08 mars de chaque année, est une occasion de faire le bilan de la situation de la femme en vue d’une possible amélioration, mais aussi elle permet à la femme de faire entendre sa voix. Sika Mboyo Noëlla, une de deux femmes députés que compte l’Assemblée provinciale du Kasaï, se servant du thème de la journée, fait un constat déplorable de la situation de la femme dans le pays en général et dans la province du Kasaï en particulier. Selon elle, la constitution du 18 février 2006, le code pénal, le code de la famille, la loi n°15/013 du 01/08/2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité et d’autres lois particulières, ont réservé une place de choix aux droits de la femme.

La consécration de ces droits étant constitutionnelle, ils devraient en principe s’imposer aux autorités à tous les niveaux, car la constitution est la loi suprême. Seulement, cette réalité juridique est demeurée en contradiction flagrante avec la réalité sociologique dominée  par les us et coutumes avilissantes, qui constituent de nombreuses barrières à l’épanouissement de la femme et la maintient sous une forme d’esclavage, ajoute-elle. Au Kasaï, la femme est considérée comme un être sans droits, inferieur, utile pour exercer des taches de second rang, comme les travaux de champs, domestiques et surtout la procréation.

Dans toutes les communautés du Kasaï, la scolarisation des jeunes filles est une perte et rentre dans le moindre souci des parents. Ces derniers préfèrent mobiliser les moyens pour faire étudier les garçons, parce que disent-ils, ceux-ci sont aptes à devenir demain des ministres, députés…ce qui accentue le taux élevé d’analphabétisme des jeunes filles. Sika Mboyo fait un constat selon lequel, dans la société Kasaienne, la femme est victime de discrimination de toutes sortes fondées sur le genre, notamment le mariage précoce, le mariage forcé, le traitement inhumain et dégradant, etc.

Profitant de l’occasion de la journée internationale de la femme et de la manifestation y relative sous le haut patronage du Gouverneur de province, Noëlla Sika Mboyo félicite l’Assemblée provinciale, qui, lors de la session passée, a voté un édit portant interdiction de toutes les coutumes avilissantes à l’égard de la femme. Un texte qu’elle croit qu’il sera mis en exécution, car c’est surtout dans la pratique que le problème se pose. Selon elle, la conséquence de cet état de choses est que malgré les slogans chantés chaque jour du matin au soir, la représentation de la femme et sa participation à la prise de décision sur la marche de la société sont toujours insignifiantes et faibles, de sorte que la parité homme –femme dont on parle à longueur des journées n’a pas de contenu réel et donc vide, pense t- elle.

Pour preuve, elle dresse un tableau très sombre de la représentativité de la femme,  dans les institutions au Kasaï. Au niveau provincial, l’Assemblée provinciale qui a en son sein 30 députés provinciaux, n’a que deux femmes. Le même constat est pire au Gouvernement provincial, où il n’y a aucune femme. Quelle injustice, s’exclame-t- elle. Cette discrimination saute tellement aux yeux que même au niveau de la Mairie, aucune femme n’est dans la sphère de décision, sur les cinq Bourgmestres et leurs adjoints, il n’y a qu’une seule femme adjointe. Il est étonnant et même malheureux de constater que les inégalités professionnelles continuent à persister à l’heure actuelle de la mondialisation et cela, avec la complicité passive de l’homme.

La femme doit redoubler d’efforts

Face à cette situation, les femmes ne doivent pas baisser la garde, car le combat pour la parité de la femme est toujours d’actualité et les inégalités professionnelles qui y persistent en constituent la preuve. Devant ce tableau tres sombre, les défis à relever sont nombreux pour atteindre la parité 50-50 à l’horizon 2030, croit la député. Pour y parvenir, elle estime que la femme du Kasaï doit redoubler d’efforts dans son combat, elle doit se battre en amont comme en aval pour occuper la place qu’elle mérite dans le concert des nations. Elle doit faire plus de sensibilisation à la base pour la priorisation de la scolarisation des filles. Dans le domaine politique, pour autant que le pouvoir s’acquière essentiellement par la voie des élections, il est important que la femme s’intéresse à la vie politique en créant ou en adhérant aux partis politiques.

Elle doit s’efforcer d’assumer le leadership dans sa société de base à travers les organisations de masse. C’est ici que Noëlla Sika Mboyo lance un appel vibrant à toutes les femmes de la province du Kasaï, de se mobiliser comme une seul femme, aux fins de s’enrôler massivement lors des opérations d’enrôlements  et de s’apprêter ainsi à gagner les échéances électorales prochaines et diriger cette province qui appartient aux hommes et femmes.

Noëlla appelle les hommes du Kasaï à la conscience, pour naturellement, ce combat pour la parité  Homme-Femme ne peut aboutir sans l’apport de l’homme à tous les efforts et les démarches entrepris par la femme. Elle a ensuite salué la détermination du président de la République pour instaurer la paix, étant donné que pendant la guerre, ce sont principalement les femmes  et les jeunes filles qui en sont plus victimes, allusions faites au phénomène Kamuina Nsapu. Au Gouverneur de province pour avoir donné aux femmes l’occasion de présenter leurs désidératas qui se résument en la valorisation de la femme du Kasaï par l’interdiction des coutumes avilissantes et la prise en compte des revendications de la femme, par sa participation à la gestion de la chose publique.

(Laurent Lukengu)

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