Lors de sa conférence de presse: Edem Kodjo précise « Sans l’Udps, pas de dialogue »

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A en croire le togolais Edem Kodjo par rapport à la position prise par le parti d’Etienne Tshisekedi de pouvoir trainer le pied, le facilitateur précise qu’il n’y aura jamais un dialogue unilatéral, et s’il n’y a pas dialogue, c’est à la classe politique qu’il faut s’en prendre et non au facilitateur qu’il est. Cependant, il constate les atermoiements et les hésitations au sein de l’Udps car, c’est ne pas un long fleuve tranquille de négociation avec l’Udps. Il invite tout le monde à être patient et à ne pas perdre les nerfs et comprendre la logique qui est derrière l’Udps. Ci-dessous, le jeu de questions-réponses avec la presse tant locale qu’internationale :

Sonya Rolley de la RFI : En 5 mois selon les Nations Unies, on a atteint presque le même niveau de violation des droits de l’homme que l’année dernière et surtout sur les acteurs politiques, et Moïse Katumbi est inculpé, candidat à la présidentielle ; Martin Fayulu et d’autres candidats à la présidentielle déclarés il y a une semaine ; Roger Matala ou les abolitionnistes de la Lucha notamment condamnés en prison. Comment obtenir le dialogue dans ces conditions et vous venez de dire que vous faites les démarches à l’opposition. Quelles sont les demandes que vous faites à la Présidence et auprès du Gouvernement notamment pour lever tous ces problèmes de restriction de l’espace politique et pour lever le doute le fait que le Président Kabila veut se maintenir au pouvoir ; puis la demande de l’opposition pour participer au dialogue ?

Edem Kodjo : C’est une excellente question et je dois dire que le dialogue a besoin de l’environnement favorable, d’un environnement où sont bannis tout ce que vous appelez violations des droits de l’homme. Et vous me demandez si j’ai énuméré des cas ? Nous ne pouvons que déplorer ces cas et vous assurer que ce qui est de notre pouvoir nous le faisons. Et me demander si je fais des demandes également vis-à-vis du gouvernement et du Président de la République en particulier ? Oui ! J’en fait. J’insiste sur la question de l’environnement politique et aussi sur des gestes qui pourraient être faits pour qu’il y ait une meilleure détente. C’est tout à fait normal ! Je le fait !

Mais, est-ce que je vais venir ici fanfaronner devant vous ? Je ne le ferai pas. Je sais seulement que si les choses vont aller dans la bonne direction, il faut sans doute que chacun y mette de la bonne volonté. C’est tout !

Journal l’Observateur : devant la  difficulté à laquelle vous vous trouvez, est-ce qu’il vous ait arrivé dans la tête l’idée de rendre le tablier ?

Edem Kodjo : Pourquoi pas ! Ç’a arrive à tout le monde le moment de découragement. Mais vous savez que je suis têtu et j’aime l’Afrique fort bien et accroché à mes basques. Il faut être coriace aussi à me contraindre de démissionner facilement. Pour l’heure, je n’y pense pas mais, si ça devrait arriver je le déplorerais. Pour l’heure, moi, je suis déterminé à faire ce que je peux pour le dialogue poigne.

Rachel Kistita (Numérica TV) : Et si cette liste de l’Udps ne venait pas, alors vous tiendrez ce dialogue sans l’opposition, et dans ce cas à quoi bon ce dialogue ?  

Edem Kodjo : Non ! Je ne tiendrais jamais de dialogue sans l’opposition. Ça c’est clair. Je l’ai dit déjà la dernière fois, et je le redis ici devant vous, pour moi, je ne faciliterais pas de dialogue unilatéral parce que c’est ne plus le dialogue en bon français. En bon français pour dialoguer il faut être deux. Je ne faciliterais pas de dialogue qui n’est pas un dialogue. Mais, le fait que la liste ne vient pas n’est pas une raison suffisante pour rester en ne rien faire. Je me dis que le groupe de travail qui a été lancé, vous savez comment est composée la société civile ici chez vous ? Mais c’est la même chose chez moi, la même chose un peu partout en Afrique.

Dans la société civile, il y a des gens qui sont plus ou moins pour le pouvoir ; et il y a de gens qui sont plus ou moins pour l’opposition. Je les connais tous ceux qui sont sur la liste de la société civile et je leur demande de travailler comme si c’était l’image de la classe politique de l’opposition et de sensibilité présidentielle du fait que j’aurais de points de vue exprimés et des travaux qui seront conduits en attendant peut-être l’inspiration du saint esprit, une fois de plus nous sommes à la période de la pentecôte une fois de plus. On n’évoque abondamment le saint esprit, en attendant le saint esprit pour que finalement qu’il  y ait dialogue. Et s’il n’y a pas dialogue, c’est ne pas à un facilitateur qu’il faut venir attaquer. Le facilitateur ne peut jamais aller remplacer la classe politique. On peut récriminer contre le facilitateur ; dire que telle tête ne nous plait pas et dire ceci dire cela, mais c’est ne pas lui qui est responsable de quoi que ce soit. 24/24 je suis disposé à travailler, c’est ne pas au facilitateur qu’il  faut s’en prendre. C’est la classe politique qui ne bouge pas.

Erick Iziami (Antenne A) : Entre temps, M. le facilitateur vous avez entre autre rencontrez M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, et vous avez dit l’avoir vu  dans un voyage un peu incognito et vous avez parlez seul à seul. Je veux comprendre en terme de sincérité voulez-vous vraiment le voir à ce dialogue ou ça traine puisque vous le traiter avec un profond respect ?

Edem Kodjo : Je le traite avec un profond respect parce que c’est mon ainé d’abord, puis je suis africain toujours. C’est quelqu’un dont la longue lutte à travers l’histoire de votre pays est quelque chose qui a pu impressionner  certains qui étaient plus jeunes que lui. N’est-ce pas on lui doit donc ce respect ? Mais, je constate qu’il y a des atermoiements et des hésitations. Personne ne peut me faire croire le contraire, parce que c’est ne pas un long fleuve tranquille de négociation avec l’Udps. C’est ne pas un long fleuve tranquille ! Ça va, ça vient. Il faut être totalement patient et ne pas du tout perdre ses nerfs et essayer de comprendre la logique qui est derrière. Donc, je ne peux pas juger Tshisekedi en disant qu’il n’est pas de bonne foi. Je constate seulement que ça traine trop et il faut faire un effort de dire ça suffit comme ça ! Ça traine trop. Les gens qui sont ici vont être furieux. Je veux faire un truc ici quelque temps après.

Jeanric Umande (RTG@) :Est-ce que vous avez l’impression comme vous l’avez dit que l’Udps prend le dialogue en otage ? Comment vous avez procédé pour désigner les délégués de la société civile ?

Edem Kodjo : C’est une question intéressante, je commence par la dernière pour aboutir à la première. La dernière ce que, j’ai consulté les bases de la société civile (les religieux catholiques, protestants ; les autres religions, les organisations des Droits de l’homme) qui sont venues me voir parce que dans la multitude de contacts que j’ai établis depuis que je suis ici, il y a beaucoup de gens de la société civile qui sont parmi ceux qui  demandent des audiences et ils les obtiennent. On discute et nous disent ce qu’ils sont, ce qu’ils font et ce qu’ils voudraient voir le pays faire. Donc, c’est une base qui est très saine. J’aurai voulu avoir la même possibilité qu’avec les partis politiques et si j’aurais la possibilité de désigner, ils seraient assis autour de cette table en train de discuter. Ils ont de bases, ils ne sont pas ex nihilo. Les femmes sont venues me voir en association des femmes du Congo où j’ai repéré certaines femmes qui sont des leaders qui ont parlé et quand il s’est agi de composer la liste, on s’est référé à cette réunion que nous avons eu au siège de l’Union Africaine et qui n’ont pas été toutes veines  qui m’ont permis de connaitre d’avantage la société civile. J’ai fait une attention à quelque chose de très important qu’il soit équilibré. J’ai oui dire que tous sont des opposants, ou vous avez dit que la société civile tout ça, c’est les kabilistes. Non ! J’ai quelque chose à laquelle  j’ai particulièrement veillé, très équilibré.

La première question, j’ai dit que l’on donne l’impression de prendre le pays en otage, je maintiens cette phrase et je ne souhaite pas que ça puisse continuer.

Djino Rehema (Radio Top Congo FM) : Vous avez dit tout à l’heure de la liste de la société civile, est-ce qu’il y a des représentants de l’Eglise Catholique ?

Edem Kodjo : il y a un représentant de l’église catholique, il y a de gens qui sont sur la liste de l’église catholique qu’on retrouve dans les associations des femmes, des droits de l’homme. Il faut bien mijoter tout ça !

Stany Bugira de RTVS1 : M. le facilitateur après votre annoncé à la presse, il s’est passé beaucoup de choses, notamment l’Arrêt de la Cour et la marche de l’opposition pour ce 26 mai courant. Est-ce ce climat favorise le dialogue en RDC ? Qu’est-ce que vous reprocherez à la classe politique toute tendance confondue ? Est-ce que vous pouvez dire que vous avez le pouvoir de maitriser la situation en RDC ?

Edem Kodjo : Comment pourrais-je avoir cette prétention de cet immense pays où il y a des zones entières, où il y a des problèmes? Tout le matin lorsqu’on ouvre la radio on entend du côté de Beni, il y a ceci, il y a cela. Comment, moi, je peux dire que je maitrise la situation ? Vous avez posé des questions intéressantes. Vous avez posé la question relative à la décision de la Cour Constitutionnelle. Je pense que ce qui a été obtenu par cette décision de la Cour constitutionnelle qui est une décision de caractère juridictionnel, on aurait pu peut-être tenter, je pensais que c’était l’une des solutions auxquelles aurait aboutit de manière consensuelle si le dialogué avait pris. Vous comprenez bien ce que je dis ? C’est quelque chose qu’on aurait pu obtenir de manière consensuelle, c’est l’une parmi plusieurs qu’on aurait pu l’obtenir de manière consensuelle si le dialogue avait pris. Là, j’ai finis par comprendre le fait qu’il n’y ait du tout pas de dialogue, ça favorise un certain nombre de choses que vous ne souhaitez pas, que je ne souhaite pas. S’il y avait un dialogue et qu’on avait tous parlé à la maison du peuple par exemple, au lieu de ne rien dire, on est en train de discuter, il y a des gens qui sont membres du dialogue. Il y a de choses qui ne se passeraient pas comme aujourd’hui ! Il y a certaines décisions qui auraient pu être reportées.

Vous me dites qu’est-ce que je pense de la classe politique ? Je vous dis que chacun doit apprendre à mettre un peu d’eau dans son vin. Si on n’apprend pas à mettre d’eau dans son vin et qu’on continue à être rigide, raide sur une position, nous allons aller à de situations non souhaitables. J’ai parlé français et vous avez compris à demi-mot ce que j’ai voulu dire. ( à suivre)

(Pius Romain Rolland)

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