Dialogue politique! L’opposition prise dans son propre piège

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Le discours tenu dimanche dernier par le sphinx de Limete en face du stade des Martyrs, n’a pas surpris beaucoup d’analystes de la scène politique congolaise. Le président du comité de sages du Rassemblement n’a pas tellement évolué dans ses prises de position. Et pourtant, après les élections de 2011 et les contestations qu’elles ont provoqué, l’opposition politique, avec en tête l’UDPS d’Etienne Tshisekedi avait réclamé à cor et à cri le dialogue. Entre autres raisons avancées, la révision du fichier électoral, l’enrôlement d’environ 8 millions de jeunes majeurs et la convocation du dialogue. Par la suite, des Concertations nationales ont été convoquées et l’opposition, toujours elle, n’a pas manqué de les fustiger, disant qu’elles ne s’inscrivaient pas dans le cadre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé par tous les pays de la CIRGL, sous l’égide de l’Union africaine et de l’ONU.

Entre-temps, des résolutions ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU et qui demandaient la convocation d’un dialogue, avant la tenue des élections au pays. Et ce, pour cimenter la réconciliation et la démocratisation au pays, afin d’aboutir à l’organisation des élections libres et apaisées. C’est ici que l’UDPS commencera à faire chanter tout le monde, en multipliant les conditionnalités.

C’est dans cette dynamique qu’elle va demander la désignation d’un Facilitateur par l’ONU. Par respect de ses principes, l’ONU se référera à l’UA qui désignera par la suite l’ancien Premier ministre togolais, M. Edem Kodjo. Toujours dans le cadre des conditions, l’UDPS demandera un panel d’appui à la facilitation. C’est ce qui a été fait avec la constitution d’un Groupe d’appui à la Facilitation. Quoi de plus normal pour vider tous les arguments de l’opposition.

Par la suite, toute la classe politique du pays, entendez la Majorité présidentielle et l’Opposition politique, y compris la Société civile, s’est rendue compte de l’impossibilité d’organiser les élections dans les délais constitutionnels. Unanimement, tout le monde se mettra d’accord sur la nécessité de la tenue du dialogue. Pendant que l’ONU insistait pour un dialogue inclusif, l’UDPS voulait un dialogue ne regroupant que 40 personnes et c’est la première hypothèse de l’inclusivité qui a été prise en compte. A ceci, il faut ajouter la décrispation du climat politique, à travers la libération de certains prisonniers politiques, moyennant quelques conditions.

Entant que signataire de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, la Rd Congo à travers le Président de la République Joseph Kabila Kabange a rempli sa part du contrat. C’est ainsi qu’il a reconnu et a fait siennes les propositions de l’Opposition, notamment à travers la mise en place du Comité préparatoire représentatif. La récusation du Facilitateur, l’évocation de la résolution 2277 et la libération de prisonniers de droit commun sont perçues comme une façon pour l’UDPS de tirer les choses en longueur.

Au regard de tout ce qui précède, nombreux sont ceux-là qui pensent qu’en récusant Edem Kodjo, l’Opposition veut lui faire porter le chapeau qui n’est pas le sien, surtout lorsqu’on sait que le Facilitateur n’est qu’un arbitre. Cette situation est semblable à celle qui s’est passée lors des assises de Sun City, où Ketumile Masiré avait été récusé par une frange de la classe politique du pays, avant que la communauté internationale ne l’impose aux Congolais. Ceci pour dire qu’en dépit de l’acte posé par le Rassemblement des forces acquises au changement, Edem Kodjo risquera d’être imposé à la classe politique par la communauté internationale.

La démarche de l’opposition ne pouvait jamais être soutenue, même si elle a délégué ses émissaires au siège de l’UA à Addis-Abeba. Sinon, c’est tout le monde qui comprend qu’au lieu d’aller au dialogue, l’opposition est entrain de tirer les choses en longueur. Et pourtant, dans plusieurs de ses communiqués, l’UDPS n’a cessé de qualifier le dialogue de «  voie royale pour sortir de la crise ». Comment alors vouloir une chose et son contraire à la fois ?

En effet, le Facilitateur, dans le rôle qui est le sien, doit rapidement lancer les travaux préparatoires au dialogue, pour que les élections puissent se préparer dans un climat de paix. C’est dans ce contexte que les 5 membres permanents du Conseil de sécurité sont en tournée depuis la semaine dernière, dans le but de faire comprendre à tous la nécessité d’un dialogue, pour aider la Rd Congo à ne plus sombrer dans la violence.

JMNK

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