L’intégration de l’approche « Genre » dans l’enseignement en Rdc: Le processus est en cours et les progrès s’enregistrent

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Guillaume Korogo, chef du Bureau à la Direction de Programme scolaire et matériel didactique du ministère de l’Eps
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Le processus de l’intégration de l’approche «  genre » dans l’enseignement congolais  est en cours et les avancées s’enregistrent avec l’apport des partenaires du gouvernement, en dépit de  quelques contraintes liées  aux coutumes, à la religion. C’est ce qu’a affirmé  le chef du Bureau  à la Direction de Programme scolaire et matériel didactique du  ministère de l’Eps  au cours d’un entretien sur la problématique de l’intégration de l’approche « Genre » dans l’enseignement congolais.

Dans une analyse comparative,  Guillaume Korogo  a indiqué que  la question du genre est comparable à  l’arbre  avec ses trois parties, qui sont les racines, le tronc et le feuillage.  Il en est de même pour le genre, dont les racines représentent ces coutumes, religions autres pratiques qui assujettissent l’homme et la femme.  Le tronc désigne toutes les institutions qui entourent la société.  Il s’agit notamment des écoles, des églises, de la communauté.  Alors que le feuillage renvoie à la manifestation de la vie.

C’est donc, a dit cet expert  à la question du  genre, à travers ces institutions  que l’homme et la femme sont socialisés, où chacun apprend  les rôles que chacun et chacune doit jouer. «  La société nous a socialisés et nous avons stocké en nous  certains comportements, certaines attitudes,  certaines pratiques  qui créent une certaine discrimination  à l’égard de la fille et du garçon parfois aussi.  Et ces discriminations, il faut les combattre »,  a fait M. Guillaume Korogo, s’appuyant sur le « Programme  Homme-Femme progressons ensemble », comme cadre propice  pour combattre toutes ces pratiques, qui freinent encore l’intégration de la question du « genre » dans les communautés congolaises,  et promeut dans ce cadre,  l’intégration de l’approche « genre » dans l’enseignement  congolais. D’autant plus qu’il existe encore beaucoup de lacunes  sur les concepts genre,  sexe,  droits de la femme,… Ces concepts  ne sont pas bien  assimilés par différents acteurs.

«  A travers une enquête menée à Kinshasa et dans l’ex Bandundu,  dans le cadre de ce programme, on ciblait les parents, les enseignants et enseignantes,  les élèves, aussi les formateurs clés, qui sont  les administrateurs des territoires, de  la police, des quartiers, …et on a constaté qu’il y avait un problème sur le  genre et la scolarisation.  Les filles étaient moins scolarisées que les garçons dans certains coins.  Ce déséquilibre a pour cause notre socialisation,  assise sur les coutumes,  religions, qui sont encrées en nous»,  a déploré Guillaume Korogo.

Les conséquences de  ce déséquilibre sont visibles et remarquables dans l’éducation des filles. Parce que, dit-il, lorsqu’à un moment donné les  parents sont en difficulté, ils préfèrent envoyer les garçons à l’école au détriment de la fille en encouragent aussi le mariage précoce.

Le chef de Bureau à la Direction du Programme scolaire et matériel didactique se réjouit ici des  efforts du gouvernement et de plusieurs de ses partenaires, qui ont fait que  plusieurs filles arrivent à être scolarisées. Aussi de la présence de la  stratégie du secteur de l’éduction et de la nouvelle loi cadre, qui mettentl’accent sur la scolarisation des filles et des garçons à l’école.

L’approche « genre » est transversale

L’approche genre ne concerne pas une branche scolaire.  Elle est une matière transversale.  Et selon le chef du Bureau  à la Direction de Programme scolaire et matériel didactique, plusieurs actions  ont été  menées et continuent à être réalisées pour former et informer tout le monde, précisément les enseignants.

Pour le moment, a précisé Guillaume Korogo, il y a un module produit pour la formation des enseignants sur l’intégration de l’approche genre dans les milieux scolaires. «  Aussi, avec le Programme Homme-femme, progressons ensemble, nous avons produit des guides  de l’enseignant pour l’intégration  du genre et  des questions des violences liées sur les genres à  l’égard des filles et garçons pendant le cursus scolaire à travers les différentes branches scolaires,  et un livret pour élèves », a renchéri cet expert.

A cet effet, il estime  que la question du genre ne doit pas être théorique.  « L’approche genre veut que les enfants vivent  la situation, agissent et créent, fassent en sorte que la question du genre soit une pratique,  entre dans leur comportement »,  s’est exprimé le chef de la Direction de Programme scolaire et matériel didactique au  ministère de l’Eps.

Au niveau des écoles, toutes les activités sont bonnes à réaliser. Cependant, suggère-t-il, le plus important, c’est de savoir comment les réaliser et les réaliser de manière qu’elles ne puissent pas être discriminatoires à l’égard des filles ou des garçons.  C’était avantqu’il rappelle que plusieurs actions sont faites au niveau des productions pédagogiques, plusieurs autres au niveau de renforcement des capacités  des enseignants, plusieurs encore à l’endroit des élèves dans l’organisation des activités concrètes pour que les enfants puissent prendre en compte  cet aspect de l’équité  du genre.

L’enseignement n’est pas la magie, le changement s’obtient avec le temps

« Tout ça se fait dans quelques écoles, parce que ce sont des expériences pilotes et qui sont aussi appuyés par les partenaires du gouvernement.  C’est le cas de l’Unicef, qui appui le «  Programme Homme-Femme  progressons ensemble », de l’Union européenne. Il est exécuté que dans la ville  province de  Kinshasa et dans l’ex Bandundu. Cependant,  le ministère  de l’Eps qui est en train de s’approprier de ce programme  pilote et avec l’appui de l’Unicef,  a mis en place un programme de développement des compétences  des vies courantes et en milieux scolaires ».

Ce nouveau programme  comprend  l’éducation  sociale, l’équité du genre et les droits de l’enfant, qui prend en compte cet aspect de genre. Pour  le moment précise-t-il : « nous sommes  en train de travailler pour que cet aspect du genre soit intégré dans  le  Programme national  mais de façon transversale dans toutes les branches, et en premier lieu dans le cours de l’éducation civique et morale. Nous pouvons aussi aborder cette question du genre  dans d’autres branches comme la religion, le français. Nous apprenons aux enseignants comment intégrer cet aspect  dans les branches scolaires.L’équité du genre n’est pas l’égalité. Elle est  cette justice qui dit : A la femme ce qui est à la femme et à l’homme, ce qui est à  l’homme, au garçon ce qui est au garçon et à la fille ce qui est à la fille. Il faut faire la justice à chacune de ces catégories.  Ce qu’il mérité, c’est ce qu’il mérite ».

Enfin,  le chef de bureau à la Direction de  Programme scolaire et matériel didactique, a  avoué qu’il  n’est pas facile de changer les comportements, les pratiques  qui ont élu domicile dans l’enseignant. « Ce que l’enseignant apprend aux élèves,  lui-même doit mettre cela en pratiquedans sa vie de tous les jours…L’enseignement, l’éducation ne porte pas des fruits du jour au lendemain. Les effets positifs de l’enseignement produisent des fruits plus tard, prennent du temps,  mais sont efficaces et changent la société. Ça prend du temps, certes. D’où, il faut de la patience.  Ne nous pouvons pas croire qu’aujourd’hui, les gens vont changer leur habitude, leur comportement  comme  par un coup de baguette.  L’enseignement n’est pas la magie. Ca va prendre du temps. Beaucoup de gens opposent le concept genre au sexe  ou encore identifier le concept genre au sexe, mais  ces concept diffèrent, parce que le sexe est naturel alors que le genre est  une construction  sociale.   Au sexe tout comme au genre sont liés des rôles, par exemple une femme peut porter une grossesse, un homme ne peut pas porter la grossesse.  Une femme peut allaiter un enfant au sein alors qu’un homme ne peut pas allaiter un enfant au sein.  Le concept genre attribue des rôles, des statuts aux femmes comme  aux hommes.   Le genre est une caractéristique sociale », a conclu Guillaume Korogo.

(Yassa)

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