Libertés publiques pendant la période électorale

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Les cinq recommandations de Human Rights Watch

  1. Kenneth Roth, Directeur exécutif de Human Right Watch a animé hier une conférence-débat au siège de OSISA, dans la commune de la Gombe et dans laquelle il a expliqué l’objectif de sa présence en République démocratique du Congo. Il s’est retrouvé en Rdc, parce que son Ong estime qu’il s’agit d’un moment crucial dans la transition du pays vers davantage de démocratie et de respect pour les droits humains. Bien qu’il ait pu observer certains progrès en ce qui concerne la lutte contre l’impunité et l’amélioration de la sécurité dans l’Est de la Rd Congo, HRW se dit profondément préoccupé par le climat de répression à l’approche des élections.

Bien avant, M. Kenneth Roth a indiqué qu’au cours de la semaine dernière, il s’est rendu dans l’Est de la Rd Congo et il a tenu  d’autres réunions à Kinshasa. Il dit avoir rencontré des défenseurs congolais des droits humains, dont le courage l’inspire, ainsi que des victimes de violations des droits humains et des membres de leurs familles, des dirigeants de partis politiques, des membres de la communauté diplomatique, le chef de la Monusco et des représentants du gouvernement. Il dit avoir eu une discussion franche et productive avec le président Joseph Kabila Kabange.

Dans son discours, il a dit que le peuple congolais a subi de graves violations des droits humains durant de longues années de conflit et les décennies de dictature. Des mesures, reconnaît-il, ont été prises pour mettre fin au conflit et renforcer le respect des droits humains. « A cet égard, nous applaudissons les efforts du Gouvernement congolais, de ses institutions ainsi que de sa société civile active et courageuse. Mais davantage doit être fait », souligne-t-il, avant d’ajouter qu’il est venu en Rd Congo pour parler directement avec des représentants du Gouvernement de ses inquiétudes quant aux graves violations des droits humains persistantes et à leur impact sur le peuple congolais.

Les cinq préoccupations

Lors de ses contacts avec les autorités, M. Kenneth Roth dit avoir insisté sur les cinq préoccupations majeures.  Premièrement, HRW est profondément troublé par les nombreuses atteintes à la liberté d’expression et de réunion au cours des derniers mois. Lors de ses rencontres, il a appelé les autorités congolaises à libérer les prisonniers détenus en raison de leurs opinions politiques ou de leur participation à des activités pacifiques. Il s’agit des jeunes activistes Fred Bauma et Yves Makwambala ; le défenseur des droits humains Christopher Ngoyi ; et des leaders de partis politiques Jean-Claude Muyambo, Ernest Kyaviro, Cyrille Dowe, Jean-Bertrand Ewanga et Vano Kiboko. « Libérer ces personnes est nécessaire si le Gouvernement souhaite démontrer son sérieux quant à la tenue d’élections crédibles et à son respect des droits humains », dit-il.

Deuxièmement, il a exhorté les autorités congolaises à exhumer les corps enterrés dans une fosse commune à Maluku, près de Kinshasa. Ceci, parce que de nombreux Congolais ainsi que d’autres personnes ont exprimé leurs inquiétudes que des personnes tuées pourraient se trouver parmi les corps qui y sont inhumés. « Hier, j’ai rencontré plusieurs membres de familles qui ont déposé une plainte conjointe auprès du procureur général de la République, demandant que justice soit rendue et qu’une enquête crédible soit menée sur la fosse commune », dit-il, tout en avouant que ces personnes lui ont expliqué que leurs proches avaient été abattus ou victimes de disparition forcée au cours des manifestations de janvier à Kinshasa, ou durant la campagne policière brutale connue sous le nom d’opération Likofi.

Troisièmement, HRW demeure préoccupé par le manque de progrès concernant la traduction en justice des individus responsables de graves violations des droits humains durant l’opération Likofi. Quatrièmement, en ce qui concerne l’Est du pays, des progrès notables ont été réalisés pour traduire en justice les individus responsables de crimes internationaux graves. Enfin, il a relevé les cas de deux hommes suspectés de crimes graves, recherchés par la justice mais qui sont toujours en liberté. Il s’agit de Sylvestre Madacumura et Ntabo Ntaberi Sheka. Pour lui, le fait que le Gouvernement congolais ne les ait toujours pas arrêtés, plusieurs années après l’émission des deux mandats, a permis aux troupes commandées par ces deux hommes de continuer à perpétuer des violations terribles contre les civils. « J’ai donc appelé le Gouvernement congolais ainsi que la MONUSCO à agir de toute urgence pour arrêter ces deux hommes. Cela enverrait le message selon lequel un mandat d’arrêt n’est pas simplement un bout de papier qui ramasse la poussière. C’est plutôt un appel à agir pour mettre fin aux violations des droits humains et réclamer justice pour les victimes », affirme-t-il. Disons que cette conférence s’est terminée par un jeu de questions-réponses.

(Jean-Marie Nkambua)

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